‹ Histoire du Pape Urbaith IV et de son temps, 1185-1264Chapitre 2 sur 42 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

soit seulement pour ses mauvais souvenirs, et non pour ses traditions de gloire et de vertu .

D'ailleurs, les villes de province n'ont pas assez de fierté. Elles oublient trop souvent de faire revivre et d'exposer en plein soleil leurs plus illustres portraits de famille, ceux qui représentent ces âmes infatigablement dévouées à la lutte contre le mal, laborieusement initiées aux triomphes de la force morale , héroïquement confiantes en la justice de Dieu.

Il est bon, il est utile que les générations qui se succèdent dans la contrée, puissent contempler, de distance en distance, sous les contours harmonieux d'un bloc de granit, des personnages modèles, ressuscites par le marbre, la pierre ou le bronze, et éternisés, pour ainsi dire, sur les places publiques. La mémoire dos grands caractères, des solides institutions, des robustes croyances de nos aïeux ne saurait être stérile; elle fructiiie jusque dans la mort. De l'histoire de ces âmes d'élite qui ont été les héros de nos annales, les témoins de la vérité, les martyrs du devoir, jaillissent des sources de vie, où l'âme sceptique et blasée retrouve, mieux que nulle part ailleurs, la saveur des choses éternelles avec le goût du beau, du vrai et du bien.

Les trophées, les statues, les colonnes triomphales, tous les monuments qui rappellent des existences pleines de mérites et consumées pour la gloire de Dieu, pour le bonheur des hommes, sont comme les fantômes de la renommée, les revenants de la vertu, qui reparaissent pour instruire les vivants.

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