‹ Histoire du Pape Urbaith IV et de son temps, 1185-1264Chapitre 10 sur 42 · RAtan, Histoire de$ Hckemlaufen^ tooM · texte numérisé non relu

RAtan, Histoire de$ Hckemlaufen^ tooM

c et doyens, à toas les nobles hommes, comtes, barons, • châtelains, podestats, enfin à tons les clercs et sëcaliers ^ < tant de l'Allemagne que des Deux-Siciles. Grâce à la miséc ricorde divine, la tempête menaçante s*est dissipée en saluc taire rosée. Il est écrasé celui qui frappait TÉglise du marc teau de la persécution. » Mais rien n'était fait, si Conrad , second fils de Frédéric II, héritait du sceptre impérial. Aussi, pour dessécher jusque dans ses dernières branches l'arbre de la dynastie sonabe, fallait- il en foudroyer le tronc. On prêcha aussitôt une croisade contre Conrad, que le petit fils de Barberousse, par une violation du droit de primogénilure, avait nommé roi des Romains, qualité qui constituait la succession à l'empire électif, mais non l'hérédité aux biens patrimoniaux de la maison des Hohenstaufen. Innocent IV y attacha les mêmes privilèges et les mêmes indulgences qu'à la croisade d'Asie contre les infidèles. En outre, au nom de la liberté ecclésiastique menacée par Conrad, cet autre Archélaûs, fils d'un nouvel Hérode, le pape le déclara déchu de la couronne royale, incapable de parvenir à l'empire, privé même du duché de Souabe, son patrimoine, et suspect d'avoir hérité du génie perfide et malfaisant de ses ancêtres,.

Jacques Pantaléon servit encore de principal instrument à l'indignation du Souverain Pontife. Il fut envoyé en Allemagne pour porter la cognée jusqu'aux dernières racines de l'arbre généalogique des Hohenstaufen, pour lancer les foudres de Rome sur l'infâme maison de Souabe, pour détruire à jamais cette race de vipères. Il notifia aux grands officiers de l'Empire que l'Église ne souffrirait pas que Conrad devint roi de Germanie ; il ajouta qu'elle était résolue à exclure la dynastie Souabe du rang des familles couronnées et à venger les fautes des pères sur les enfants. Il leur remit des lettres 'pontificales ainsi qu'à Guillaume, comte de Hollande, qu'il exhorta fortement à soutenir avec vigueur ses prétentions au trône impérial. Dans ces négociations épineuses, Jacques Pantaléon

i. Amalis eccUtia$êici,%nttMêOùOhtco^AfniLBO^ t. XIII, mo. 1)51.

montra beaucoup de génie diplomatique. Aussi, le pape Innocent IV, satisfait d'avoir eu la main si heureuse, le nomma, l'an 1252, au siège ëpiscopal de Verdun, devenu vacant par la mort de Jean d'Aix^

P(Ml bac LeoJii fuit archidiacooas, iodé Pr^dictos Papi poDlificavii eum.

Primèqut yirdoDuai se digoum prcsule laolo Sfosil, quatiier bic viieril, acla probaDt.

TuoMRicui Vallioqloms, loeo cUaîo.

Jicqnes Panlaléon, éTêqoe de Verdun, accompagne Innocent lY dans ton retour triomphal à Rome. — Sa nouvelle miMion en Allemagne. ~ Il eit fait prisonnier. — Fin de sa captivité par suite de la mort d'innocent IV. ~ 11 fient prendre possession de son évécbé de Verdun. — Il gou? eme son diocèse avec sagesse et fermeté. — Le pape Alexandre IV se rattache personnellement en qualité de conseiller intime. — Querelle des Ordres mendiants. — Jacques Panuléon est élu patriarche de Jérusalem.

Ftorenlino , où Frédéric II venait de rendre le dernier soupir, elSainl-Just, où résidait loujoars Innocenl IV, fixaient alors tous les regards Tandis que le manoir apulien restait plongé dans les ténèbres et dans le deuil, des fêtes triomphales réveillaient les échos de Tantique abbaye de Lyon. Cette ville, où le pape avait trouvé si longtemps une solitude, devint un moment la capitale du monde catholique. Les princes, les grands, les chefs d'ordres y accoururent dès qu'ils curent appris le prochain départ d'Innocent IV pour Tltalie. A leur tète parut, amené du fond de l'Allemagne par le légat Jacques Pantaléon, le jeune et brillant Guillaume de Hollande, désigné, comme naguère Othon de Brunswick et le landgrave de Thuringe, par le surnom de Roi des Prêtres. Il se prosterna aux pieds du Souverain Pontife pour lui tenir l'étrier, lorsque du monastère de Saint-Just il se rendit à cheval dans une vaste place, au bord du Rhône , où le pape et l'empereur prirent leur repas en public, aux acclamations de la foule que l'enceinte de Lyon ne pouvait plus contenir.

Après s'être séparé de Guillaume de Hollande, qui repartit pour TAIIemagne, Innocent IV quitta Lyon dès le printemps de l'année 1251. Dans son voyage, il garda près de lui son chapelain Jacques Pantaléon qui, depuis son retour, suivait la cour pontificale, non-seulement comme secrétaire, mais encore comme conseiller intime. De magnifiques ovations, d'unanimes applaudissements accompagnèrent parlout le saint Père. Da fond des villes, des bourgs, des moindres villages de la

Champagne, de la Bourgogne, de la Provence, on accourait pour recevoir sa bénëdiclion. Lorsqu'il eut mis le pied sur la cime des Alpes, Tenthousiasme monta à son comble. Les prêtres, les religieux, les simples fidèles marchaient à sa rencontre en chantant des hymnes. Gènes, presque tout entière, alla au-devant du vénérable triomphateur, son concitoyen. Les palmes qui croissent dans ces montagnes s'offraient comme d'elles-mêmes aux mains de la population émue. Les principaux d'entre les nobles génois se relayaient pour tenir au-dessus de sa tête un dais couvert de soie. A Milan, les gentilshommes le portèrent sur leurs épaules dans un baldaquin en drap tissé d*or et d'argent. Les autres villes guelfes, Brescia, Hantoue, Ferrare, Bologne, lui formèrent des gardes d'honneur qui équivalaient presqu'à des armées*.

Innocent IV flxa provisoirement sa résidence à Pérouse ; il ne voulait pas se mettre à la merci du patricien Brancaleone d*Andalo*, libre penseur, fortement suspect d'hérésie, l'un des chefs du parti gibelin que la commune de Rome venait de nommer sénateur. Il finit, à la sollicitation instante des Romains, par revenir dans la ville éternelle, où il fut reçu, en 12S3, avec les cris de joie ordinaires d'un peuple mobile dans ses haines comme dans son amotfr.

Quoique demandée à grands cris, la présence du pape ne fut pas longtemps respectée. Brancaleone d'Andalo, s'adressant au peuple, lui dit qu'il était malséant de persécuter un père ; il se gardait bien de dire un souverain. Tout porte à croire que le sénateur suscitait en secret les diflicultés qu'il avait l'air de surmonter en public. Au milieu de ces tribula* tions qui le forcèrent de se retirer à Agnani, Innocent IV apprit la ruine de son parti en Allemagne. Guillaume de Hollande ne pouvait plus se soutenir contre Conrad qui avait repris pariout l'avantage. Le pape tenta de nouveaux efforts pour lui rendre la considération et l'autorité. Ce fut Jacques Pantaléon, évéque de Verdun, qu'il dépula, en 1252, vers les

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