‹ Histoire du Pape Urbaith IV et de son temps, 1185-1264Chapitre 13 sur 42 · Etcmplo, verbis clerum corrcxit, ov«»que · texte numérisé non relu

Etcmplo, verbis clerum corrcxit, ov«»que

TridiU muhipticat quioque lalcola sibi.

Etomravil enim pradicic débita mulia

Ecclesic, quibus b«c plorima damna lulii.

Conira roagoatcs patrie solilos pcr abusos»

Carperc proveotos cccleMque booa,

Rcstiiit, fcclesia leiras et castra potcoter,

Ejiis défendit Tirga polente maoïi.

TiEODoaid» Yaixicoloris, in vUà Vrhani iK, ap. Papir. Uasson.

9. D. AuGiMTiN Calnct, Htstoire eeeléêioêlique et eitiU de la Lorraine^ ft. II.

7i JACQUES PANTALËON

Jacques Panlaléon se mêler de nouyeaa aux évënemenls de son siècle, est une des époques les plus laborieuses et les plus agitées de toute Thistoire de rÉglise. Alexandre lY, harcelé et persécuté par les princes, subissait, de leur part, des violences sans cesse renouvelées. En Sicile, la domination de Mainfroi ou Manfrcd avait complètement annulé Taulorité du pape et personne ne s'inquiétait plus de ses ordres, ni de ses excommunications. Il en était de même en Italie, dont toutes les villes, sans excepter Rome, virent éclater Tardenle lutte dcsGueircs et des Gibelins. L'Allemagne élait aussi tombée dans les plus affreux désordres: ni Guillaume de Hollande, ni Richard de Cornouaillos, ni Alphonse de Castille, ne parvenaient à occuper le trône qu'ils se disputaient avec acharnement. Dans ces difflcuUueuses conjonctures, Alexandre IVéprouvait le besoin de s'attacher un homme d'une éminenle vertu et d'une haute capacité, un homme préparé de longue main à la conduite des grandes affaires, à la discussion des intérêts publics, enfin un homme célèbre, en qui la réputation acquise protégeât le commandement et secondât les actes. Le Souverain Pontife crut avoir rencontré tous ces titres dans Jacques Pantaléon, évéque de Verdun. Il l'appela près de lui, le dispensa de la résidence épiscopa le, et l'emmena dans toutes les pérégrinations de sa vie errante",

. Jacques Pantaléon obéit avec celte simplicité des grandes âmes qui, sans brigue, sans ambition, s'en vont indifféremment oii Dieu le veut, tantôt dans la solitude et l'oubli du cloître, tantôt dans le tumulte et l'éclat du monde. Il emporta toutefois avec lui un cher souvenir de son troupeau bien-aimé. Au milieu des sollicitudes de sa nouvelle position, il sentit, plus d'une fois, son cœur palpiter de tendresse pour son

I. Aleiandre IV coonaissant la capacilé cl l'eipérieoco de Jacquet de Troyes, lui manda eipreaséineol de se rendre à Home pour l'aider dans les affairos de TËglise. L'é^èque y étant arrivé. Alciandrc l'engagea à se dërocllre de son ëvécbé.

Do» Cai^mst, Histoire fcclésiasiique et civile de la Lorraine, tome II, • p. l«.

épouse mystique. Il rayait recommandée spécialement aux membres du chapitre; et, comme pour laisser à ses vénérés coopérateurs un gage sensible et perpétuel de son affectueuse confiance, il leur donna le sixième des dîmes du village de Courcelles, au diocèse de Troyes, à condition qu'il serait chanté annuellement pour lui une messe votive de Spiritn Sancto pendant sa vie, et une messe de requiem après sa mort. La charte htine qui renferme la teneur de cette fondation pieuse porte un sceau à relligie de Jacques Pantaléon : celui-ci, revêtu de ses habits pontificaux, est assis sur une chaire ou fauteuil; on li( autour de Tempreinle la devise : S. Jacobi Deigfaliâvirdunensis episcopi La date est du mois de juillet 125o.

Après son élévaiion au Souverain Ponlifical, Jacques Pantaléon conserva toujours des sentiments de leridressc et de considération pour TÉglisc de Verdun. Par une bulle du 20 janvier 1261, il accorda des indulgences d'un an et de quarante jours à tous les fidèles qui visiteraient la cathédrale les jours de l'Assomption et de la Nativité de la sainte Vierge, ou pendant rOctave de ces deux fêtes. Par une autre bulle du 20 janvier 1262, il exempta les serviteurs et les ministres de celle Église de la juridiction, soit ecclésiastique, soit séculière; il déclara qu'ils étaient soumis immédiatement à celle du chapitre. De plus, il envoya un bref à l'abbé de Saint- Paul de Verdun pour réformer certains abus qui engendraient des troubles au sein du clergé : les prêtres qui avaient obtenu des mandats apostoliques pour les premiers canonicals vacants se présentaient quelquefois plusieurs pour obtenir une seule prébende. Alors, les exécuteurs de ces mandats excommuniaient ou mettaient en interdit les membres du chapitre, en masse ou individuellement, en sorte que ceux-ci n'osaient célébrer, et souvent il en résultait la cessation de l'office divm'.

La lutte vigoureuse qu'Alexandre IV, secondé par Jacques Pantaléon, soutint contre le bâtard des Hohen^^laufen, Hanfred, prince de Tarenie, qui s'était illégalement emparé de la Si-

I. Doai Calnbt^ HisMre eccléiiasl. et civile de la Larraine^ loco cilaio.

cile, se prolongea à travers loul son pontiDcat. Comme Frédéric II, son père, le prince dcTarente tenait des hommes do Midi par l'éducation intellectuelle et des hommes du Nord pa'r la naturephysique.Haisil n'avait ni le prestige impérial, ni l'âge, ni la renommée de Frédéric, puisqu'il était bâtard, adolescent et presqu'ignoré. Les Vicaires du Christ, au contraire, épuisés dans leur longue guerre avec l'Empire, s'étaient retrempés dans les amertumes do Texil et les angoisses de la persécution ; Us avaient reconquis leur ascendant populaire et se montraient alors, non plus comme un pouvoir usé que les raclions ne supportaient qu'avec lassitude^ mais comme une force rajeunie et brillante d'avenir.

Alexandre. IV se présenta comme pacificateur de rilalic. Les Sarrasins de Luccra, forteresse de la Capitanatc, saccageaient toutes les églises et s'y livraient aux profanations les plus abominables; le pape insistait principalement sur leur expulsion. Manfred voulait rester bailli du'royaumede Naples au nom du jeune Conradin, dernier rejeton légitime de la famille des Hohenstaufen. Pendant que des messagers couraient du pape au prince, et de Naples à la terre d'Olranle, le bâtard impérial poursuivait son œuvre avec rarlifice d'un intriguant et Tacharnemenl d'un usurpateur. Une armée pontificale marcha contre lui; elle était commandée par le cardinal Octaviano qui se réunit au margrave Berthold de Hohembourg et s'empara de Foggia. Mais une maladie contagieuse, qui avait pénétré dans la ville, décima les troupes du pape et les auxiliaires de Berthold. Dans celte extrémité, le cardinal, qui d'ailleurs souhaitait ardemment la paix, conclut un traité avec Manfred, 1255. Alexandre IV ne put ratifier cette convention par laquelle le prince de Tarente et Conradin devaient recevoir de TEglise l'investiture de la Sicile, à l'exception de la Terre de Labour, parce que, dans l'inlervalle, les négociations commencées avec la cour d'Angleterre en vue d'offrir cette couronne à Edmond, fils puiné du monarque anglais, étaient parvenues a leur maturité.

É¥ÈQUE. 77

Emporté par l'indignation el (a rengeance, le Sis nainrel de Frédéric II jeta le masque et se montra ce qa*il était, au fond du cœur, un ennemi acharné de la papauié. Les Sarrasins, bronches eiécuteurs de ses représailles, s'élancèrent avec nn redoablemenl de fureur dans les villes, dans les boorgades, promenèrent le massacre et la ruine sur tonte cette plage napolitaine où la riante nature a répandu à profusion ses richesses et ses enchantements. Malgré la terreur qi piraient ces barbares, les populations accueillaient on triomphe le Père commun des fldèles qui fuyait de ville en ville devant riienrenx Manfrcd. Ce vainqueur, poussé par la fortune, proGta du faux bruit de la mort de Conradin pour se faire couronner roi des Deox-Siciles, à Palerme, 1258. La magnificence impériale reparut alors avec une séduction nouvelle dans son palais. Elcctrisé par la victoire et par l'espérance, il en avait adopté Pembléme, à moins que les habits verts dont il éiait toujours revêtu ne fussent destinés à réjouir les hordes musulmanes par la vue des couleurs sacrées de leur prophète. Il y eut tous les jours, toutes les nuits, des chasses bruyantes et des danses joyeuses. Ce n'était pas comme son illustre père, un vieux César irrité par la défaite et par l'orgueil blessé, cherchant dans l'orgie un remède violent au désordre de ses pensées et l'oubli de ses malheurs. C'était un prince chevaleresque qui s'adonnait à toute la fougue de l'imagination et des sens.

Le luxe et les fêles ne suflisaient pas pour satisfaire la passion de ce brillant et voluptueux héritier des Hohenstaufen qui se sentait appelé à de hautes destinées. Il se mit à la léle des Gibelins qui s'étaient insurgés sous la conduite de deux chefs redoutables : Eccelino dans l'Italie septentrionale, Brancaleone dans l'Italie centrale. Eccelino V de Romano aspirait secrètement à se rendre indépendant du diadème et de la tiare; il voulait fonder une dynastie princière. Sa valeur était éclatante, sa finesse extrême el sa férocité plus grande encoie. Il appartenait à la secte des Pauliciens, sorte de franc-maçonnerie qui avait survécu au désastre des Albigeois, et

78 JACQUES PANTALËON

qui semble avoir réoni, dans une confraternité mystérieuse, les libres penseurs d'une époque où rincrédulilé n'avait pas moins d'énergie que la foi. Excommunié par trois pontifes* il résista longtemps, parvint même à gagner à sa cause son frère Albérigo. Mais toutes les villes lombardes, irritées par les excès de pe petit Attila , finirent par se souterer contre lui; par des représailles qui font horreur, elles exterminèrent cette race entière de tyrans >.

L'artiflcieux Manfred, qui redoutait leur puissance croissante en Lombardie, avait contribué certainement à leur ruine; mais il prétait un appui sincère à Brancaleone d'Andalo, parce qu'il trouvait dans ce sénateur un docile instrument de sa politique. Il aspirait à gouverner l'Italie, non pas en tyran local, en despote (ributaire, mais en roi, en chef national en rival des papes qui seuls pouvaient représenler dans la Péninsule les intéréls purement italiens. Il appliqua toutes les ressources de son intelligence à la réalisation de ce dessein. Déjà il avait signé des traités avec les cités de Florence, de Sienne, de Venise, de Géncs, républiques rivales qui l'avaient choisi pour arbitre. Il tenait Pltalie dans sa main sans crainte de l'Allemagne, grâce à l'enfance de Conradin et à l'élection illusoire de deux étrangers au tréne impérial. Il n'avait plus même rien a redouter de la cour de Rome; elle avait échoué dans ses efforts pour lui opposer un compétiteur*.

Dans celte situation lamentable, une sorte de désespoir s'empara des liabitants de rilalie. Les hommes pressés de remords, accablés de misère, cherchaient à expier leurs crimes ; et, dans cet ardent désir de pénitence, ils formèrent à Pérouse la première congrégation de ces fanatiques qui, sous le nom de Plagellans, allaient processionnellemenl de ville en ville, d'ordinaire le haut du corps nu, souvent la tête voilée pour n'être pas reconnus. Ils portaient, à la ceinture ou à la main, un

f . MuRATORi, Seriploret rerum italicarum , (oni. Tiff.

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