Wiamc, Mmalei minorum , tom. II
8Î JACQUES PANTALÊON
de France de prêter à raulorilè èpiscopale le secours de son bras triomphanl pour l'exéculion des mandemcnls aposlo* liques. Louis IX, aprës avoir laissé toules ces quesllons religieuses se dëbaltre dans leur sphère propre et se résoudre en dernier ressort à la cour de Rome, se contenla d*en appliquer la solution dans le domaine des faits temporels. Il exécuta donc la commission du SonverainPooiife; et de pins il renvoya de lui-môme au Saint-Siège le jugement des livres qui enlretenaienl la fermentation des esprils : l'Évangile étemel et le$ Périls des derniers temps ^.
L'Evangile éternel commentait les propositions suivantes : Vers Tan 1200 l'Esprit de vie abandonna les deux Teslamenls; l'Evangile éternel devait se révéler à son tour. Comme TAncicn Testament avait cessé, il fallait que le Nouveau eut un terme; à l'Évangile du Christ devait succéder la loi du Saint-Esprit. Le premier Évangile perdait sa force vers 1250. A partir de cette époque, les hommes arrivaient à la perfection en pratiquant la doctrine de Joachim, supérieure à celle du Christ, comme celle ci était supérieure à celle du vieux Testament. L'auteur de ce livre n'était pas Joacliim, abbé de Fleure, en Calabre, comme plusieurs l'ont prétendu, mais trèsvraisemblablement le zélateur franciscain Gérard. Sans doute les opinions du fondateur des moines de la congrégation de Fleure frisaient le faux mysticisme ; il partageait l'histoire de la Révélation en trois âges : celui du Père ou l'Ancien Testament; celui du Fils ou le Nçuveau Testament; et celui du Saint-Esprit, dans lequel le feu de l'amour divin, la claire vî* sion des vérités éternelles et une sorte de monachisme contemplatif constitueraient sur la terre un éiat de gloire anticipé. On comprend que ces idées pouvaient être mal interprétées; il était facile d'en abuser ; c'est ce que firent les Fratricelles et d'autres sectaires qui, comme eux, par des austérités exagérées, jouaient un rôle saint en apparence ou cachaient sous des formes pieuses des opinions schismatiqucs ou hérétiques.