‹ Histoire du Pape Urbaith IV et de son temps, 1185-1264Chapitre 38 sur 42 · D. Martsnb , idem, yg · texte numérisé non relu

D. Martsnb , idem, yg

< généreux projet : il a déchaîné les Sarrasins de Lucera con-

• tre les villes et les campagnes dont il ne pouvait soustraire c les habitants au joug si léger et si suave de l'Eglise, ni à

< force de sollicitations, ni par ses procédés vexatoires, ni

< même à prix d'argent. Pour flatter les passions de ces bordes c brutales, et en faire les fidèles exécuteurs de ses desseins

< sacrilèges, il a donné libre carrière à leurs instincts cupides, c et sanguinaires. Ils ont parcouru la Sicile, non pas en ennec mis réguliers, mais en barbaresques débarqués sur la plage, c promenant partout la ruine et la mort^... »

Ensuite Urbain IV retrace les déplorables suites de rjiorrible tyrannie de Hanfred. c La rage de ce prince, dit-il, plus furi- « bonde que celle de toutes les bélcs féroces, va toujours croisc sant; elle aspire à répandre le sang chrétien et menace d'une c ruine prochaine la religion en Italie, si le clergé et les fidèles

< du monde catholique ne s'unissent et ne viennent réprimer « la témérité présomptueuse et l'ambition forcenée de ce suc perbe. Il s'est mis en possession de plusieurs Eglises catbéc drales et de plusieurs monastères, où il protège des intrus.

• Il en donne d'autres en commende, comme il lui plaît, tourc nant les revenus à son usage personnel. Il a maltraité le* f corps de TEglise avec une si grande impiété, qu'il l'a réduit € presqu'à rien; car, il l'a déchiré en lambeaux par ses mor- •< sures furieuses; il en a dévoré enfin toute la chair; il en a c même rongé les os; bien plus, il en a sucé entièrement la c moelle. Qu'ajoutera Is-je ? Les hérésies pullulent presque par

< toute l'Italie; la foi catholique est déprimée; le service di- « vin diminué; les droits et les libertés ecclèsiasiiques foulés « aux pieds. Les prélats et les clercs sont envoyés en exil, jec lés dans des prisons, mutilés ou mis à mort. Les lieux con-

]• ... Liquet oamque omoibus qualiicr à dicbus quond^m Fredcrici olim Roiuauorum imperaioris, Sicili» rfgouni rtm paliiur, et vipcrea f jus geoeralio prœdalione illud diripil violcnlA, quoniam idem Fredcricus rjusque nali cl posleri aliorum lyraoQoruiu tyraonidemexcedraloâ, gravioribus illud alTccprunl iojuriis. Epislola Vrbani IV ad archiepiscopos, abbales, priores Franciue, etc. D. Martènk, T'e^auriM novu$ anecdalorum^ Com. Il, pag. bf .

• sacrés à Dieu sont dépouillés de leurs biens et convertis à « des usages profanes. On force quelques prêtres à célébrer les

< adorables mystères dans des lieux interdits et à administrer

< les sacrements à des excommuniés. L'autorité apostolique et

< la puissance ponliflcale sont vilipendées; les censures cano- « niques sont méprisées; les âmes périssent; les corps sont

< massacrés; les villes livrées aux flammes; les châteaux déc truits de fond en comble; la sécurité des asiles de la paix c s*est évanouie ; les voyageurs et les pèlerins sont dévalisés

• sur les roules. On préfère les Sarrasins et les schismaliques « aux chrétiens fidèles ; les hérétiques sont tellement soutenus € qu'en certaines localités nous n'osons pas procéder contre

< eux*. •

Urbain IV après avoir cherché consciencieusement les moyens de délivrer l'Eglise romaine de tant de calamités, annonce, dans la même bulle du mois de mai 126^, qu'il a tourné ses regards pleins d'espérance veis Charles d'Anjou, issu de cette race royale d'où l'Eglise a toujours tiré ses flis de bénédiction et de joie. « Ce prince courageux, habile, fidèle, ajoute-t-il, est

< un de ces flIs puissants en œuvres et en renommée, fils en c qui l'Eglise goûte la suave douceur d'un respect filial et f res^piro le parfum d'une dévotion native. Hais il ne pourc rait effectuer la délivrance du royaume de Sicile, entreprise c aussi ardue que périlleuse, sans des secours prompts et eflic caccs. Nous nous adressons donc à vous en toute confiance,

< frères vénérables et fils bien-aimés, à vous bases immobiles

< sur lesquelles s'élèx e et s'affermit l'admirable structure de

< l'édifice de l'Eglise. Nous vous enjoignons de la manière la

• plus pressante, nous vous conjurons par l'effusion du sang de « Jésus-Christ, par tant de gémissements plaintifs qui montent c du fond de la terre, par tant de larmes amères qui coulent

< des yeux de victimes innocentes, nous vous conjurons d'à-

1. ... Qaid plura? tanlâ iinpietate corpas ibidem obirccuvil Ecdesiae, quod ferè ad nihilum jlun redcgil. Nàm illud rabiosis dcmembraos mor^ibtts, lotam dfmàm caroem voravil, ipsius corrosit cliam os»a, et iosupcr medallas ex- «oiil... Epislola UrbanilV, lococilato.

c voir compassion de vos semblables et de venir en aide par

< des subsides au noble comlc, intrépide champion du calho- « licisme et futur libérateur de tant de malheureui. Du sucf ces de sa conquête, dépend, non-seulement le salut du c royaume de Sicile, mais encore l'exaltilion de la foi ortho-

< doxe, l'amélioration du sort des fldëles et l'agrandissement

< du culte divine >

Dans ces extrémités, Urbain iV prêcha le Verbe de la Croix contre l'implacable fils de Frédéric ; il assimila cette expédition à la croisade contre les infidèles; il dispensa les nouveaux croisés du voyage de Jérusalem, pourvu qu'ils fissent celui des Deux-Siciles ; il leur promit une indulgence pléniëre et le pardon de leurs fautes, c Que les fidèles, écrivait le pape au c cardinal-légat, prennent la croix et volent au secours de c TEglise opprimée; qu'ils châtient l'insolence de l'infâme « Manfred et la brulalité des Sarrasins de Lucera. Tous ceux c qui le feront en personne et à leurs dépens auront la pleine c rémission de tous les péchés qu*ils auront confessés avec une c vraie contrition. Ceux qui entretiendront à leurs frais des « gens de service, ou qui serviront eux-mêmes pour le compte

• d'autrui, gagneront la même indulgence; ceux qui contri-

< hueront de leurs deniers la gagneront à proportion du sec cours qu'ils procureront à la guerre sacrée. Les personnes c et les biens des croisés demeureront sous la protection de f l'Eglise, jusqu'à ce qu*on soit assuré de leur retour ou de c leur mort. Tous les prélats et les ecclésiastiques, les princes € et les seigneurs, les habitants dos villes et des campagnes « seront exhortés à fournir un nombre compétent de gens c d'armes, entretenus pour trois ans selon leurs facultés. Les c barons et les chevaliers qui nuiront pas en personne à la

• croisade, feront la même prestation; les cités maritimes

< fourniront île:; vais<;enux. Ce que nous exigeons des autres, c nous l'accomplirons nous-mêmes. •

I. ... PullubotCerè ubiqae prr luliam hasrescs, ciillus divious niiooilur, fides raiholira imiuitor, immè depremilur, et oppriinilur sUla» fidelmn, aoril-

46^ URRAIN IV

De nouvelles et plus pressantes instances furent faites à Louis IX par le cardinal de Sainte-Cécile au nom d*Urbain IV; le légat exposa la série des crimes imputés à Manfred ; il montra rhérésie partout en honneur ; la religion mise en péril ; les prêtres torturés, attachés au gibet; le Souverain Ponlife aux abois. Ce lamentable tableau impressionna vivement le pi^ux monarque. Urbain IV écrivit en môme temps à la reine de France pouramener entre elle et Charles d'Anjou un accommodément. Ln cause de leur mésintelligence est demeurée assez obscure ; il paraît qu'il était question de droits sur la Provence. Marguerite prétendait en jouir comme aînée do la femme du comte d'Anjou; celui ci était bien éloigné de les lui reconnaî ire. Malgré les vœux de saint Louis, qui souhaitait fort l'apaisement de celte querelle, on y avait échoué jusqu'alors. Le cardinal-légat parvint, sinon à rapprocher les esprits, du moins à suspendre les démêlés par une espèce de trêve.

Le pape s'adressa encore au comte Alphonse de Poitiers qui se disposait à partir pour les plaines de l'Idumée; il le supplia d'appliquer à la guerre de Sicile le serment qu'il avait fait de se rendre dans la Terre Sainte. Quelques membres du haut baronage et du haut clergé voyaient avec un mécontentemenl secret le Saint-Siège attacher plus d'importance aux affaires de l'Italie qu'à la grande croisade de rOrienl. Cette préférence était pourtant indiquée, imposée même par l'état de l'Europe. C'est à Naples, en effet, que le Saint-Siège était menacé, nonseulement dans sa dignité, dans son pouvoir, mais dans son existence. Aussi, avec une hauteur de vue et un sens politique qui n'èlonncnt pas dans Urbain IV, ce pape lui-même proclamait solennellement que, parmi les préoccupations si tristes cl si graves qui assiégeaient sa pensée, qui torturaient son esprit, qui pénétraient son âme de la plus amère douleur, l'affaire de Sicile était incomparablement la plus urgente.

Sur ces entrefaites, des agents secrets de Manfred avaient

lantur ecdesi» lit)ertflte8, et jara ecclesiaslica coDculcaotur... Epistola Urhani /r, tocoeiUilo.

franchi les Alpes pour venir ôler la ¥ie à Charles d'Anjou par le poison. En Lombardie, en Toscane, jusque dans le patrimoine de sainl Pierre, le comte d'Anjou s'appuyait sur une force qui lui 6tait propre. Il était maître de places importantes en Piémont, telles qu*Alba,Mondovi, Coni, Chierasque, Savillan, qui s'étaient donnécsà lui par des traités en lui abandon nant la souveraineté, mais en stipulant avec soin le maintien de leurs libertés communales. Allié, en outre, au marquis de Monlferral, si puissant dans Tltalie septentrionale, il tenait la clef des Alpes. A Rome il exerçait déjà un grand ascendant. On pouvait le considérer comme le chef réel des Guelfes de la Péninsule. Aussi Manfred cherchait-il à le faire assassiner ou empoisonner. Le pape s*empressa d'en informer le comte d'Anjou.

c Nous avons appris, par la révélation de quelques uns des c familiers les plus intimes de Manfred, que cet ancien prince t de Tarenie a envoyé en France, sous la conduite du duc de c Bourgogne, un nommé Cavalcanti, apostat de TOrdre de la c milice de Saint-Jacques, accompagné de deux assassins et porc teur de cinquante sortes de poisons. Nous avons cru devoir c vous prévenir, sans délai, de cette odieuse tentative, afin que c vous redoubliez de vigilance, et que vous preniez toutes les c précautions nécessaires pour vous soustraire à la perpétrac tion de ce noir forfait. Nous ne pouvons pas vous dissimuler < que ce même Manfred profite du peu de dislance des lieux c entre lui et nous, pour essayer à chaque instant, de nous faire c périr par de semblables moyens de destruction. Hais le Dieu t tout-puissant, qui tient en sa main la vie et la mort« nous a c préservé, jusqu'à présent, de toutes ses perQdes machina- « tiens. Ne souffrez pas que ce prince, avide de s'emparer des € terres de l'Église, poursuive aujourd'hui son projet sacric lége. Vous auriez alors mille fois plus de peine à l'expulser « qu'à conquérir le royaume de Naples.

c Nous faisons, quant à nous, tous nos efforts pour conserc ver le patrimoine de saint Pierre; et, grâce à Dieu, nous

c n*cn avons rien perd a encore. Les troupes y sont entretec nues à nos frais ainsi qu'en Toscane, dans le duché de Spo- « lëte et dans la Marche d'Ancône. Nous sommes en étal de c continuer ces sacrifices jusqu'à la prochaine fêle de saint I Michel; nous espérons qu'à cette époque vous viendrez i c notre secours avec une formidable armée. Ne tardez point c nous vous en prions, nous vous en conjurons; que nous ne « soyons pas trompé dans nos espérances ; et, si, ce qu'à Dieu • ne plaise, vous n'arrivez pas au temps marqué, nous ne < pourrions suffire à tant de dépenses; nous serions forcé c d'abandonner le pays et de prendre d'autres mesures, afin c de pourvoir à notre sûreté i. •

Manfred avait compris que Charles de France était son ennemi le plus redoutable; il se prépara à le combattre, résolu d'appeler indifféremment à sa défense l'or et le fer, la ruse et la force. Il ordonna à Thibaldi Annibaldi, jeune romain qui s'était attaché à lui avec passion, de s'emparer du port d'Ostie, à l'embouchure du Tibre, pour fermer la mer Tyrrhénienne aux Guelfes. Dans l'intérieur, le génois Parcivallod'O. ria, qui commandait une troupe de Sarrasins, opéra sa jonction avec Pierre de Yico qui se trouvait à Cervetri, en Toscane, à la tête d'une nombreuse cavalerie allemande, pour marcher ensemble sur Rome, et de là sur Orvielo, surprendre Urbain IV avec tout le Sacré-Collège elles amener captifs dans le royaume de Naples. Là, Manfred garderait comme Otage le pape vivant et prisonnier, ou, en cas do mort, il lui donnerait un successeur de son choix. Des intelligcuces secrètes, tant dans la campagne romaine qne dans la ville même, rendaient probable le succès de ce complot, qui fut néanmoins déjoué.

4. Fili per qu<Mdain de mijoribos tunîtiaribas Manfredi quoadàm priocipis Tarentini uobis innotuit , quèd idem Manfredas qncmdam aposiatam ordinis iiiilitÛB sancli Jacobi oooiine Cav.ilcanlum cum diiobiis asisinis et quinqua* ginta geof ribus veaenonini aeu loiicorura iosidiaturuni vil» tus sub spc , «c Gonductu nobîlis docis Bargniidi» in Franciam jim iraosmisit ; propter quod digoam fore providimus reddere super hoc aciem lu» circuropcciiooiâ attrotam... Epislola Urbani IV ad Carolum Andegavia et Provinciœ comitem, D. UABTèNi , Tketaurus novuê anecdotorum, tom. II, pag. 86.

Dès que celte conjuration fut connue de Ganlelin, lieutenant de Charles d'Anjou, il ralliasonpetitnombre d'hommes d'armes français et provençaux aux milices romaines et marcha contre Sutri que le traître Pierre de Yico avait pris par escalade. Le peuple était, au fond du cœur, partisan du Souverain Pontife ; aussi se tourna-t-il aussitôt contre les soldats de Hanfred, qui se dispersèrent épouvantés. Pierre se réfugia dans sa forteresse de Yico. Gantelin, brave guerrier, secondé par Giovanni Savelli, l'un des chefs du palriciat romain, tenta inutilement d'assiéger le capitaine gibelin. Les pluies torrentielles qui rendaient les alentours impraticables, le temps des moissons qui approchait, le besoin de recruter des auxiliaires, le forcèrent à lever le siège. D'ailleurs, le vicaire royal apprit que 1^ retraite allait lui être coupée par deux corps de troupes siciliennes; et, voyant la plupart de ses soldats l'abandonner, il retourna précipitamment à Rome.

Hanfred, frémissant de rage, se disposaità reprendre l'offensive, si l'occasion s'offrait à lui, ou au moins à empêcher ses ennemis de se fortifier dans l'Italie centrale. Dans un parlement convoqué à Naples, il obtint de ses barons les secours dont il avait besoin pour une invasion dans les terres de l'Eglise. Un corps d'armée fut concentré dans la marche d'Ancône. Le comte Pcrcivallo d'Oria fut envoyé dans le duché de Spolèteavec un grand nombre d'hommes d'armes et d'archers sarrasins. Hanfred s'avança lui-même jusqu'à la frontière du territoire pontifical. Leur inlenlion était toujours de tenter un coup de main sur Orvielo où résidait alors Urbain IV,

Mais le pape, de son côté, avait fait publier, à trois reprises différentes, la croisade dans la Péninsule. Les Français venus avec l'intrépide Ganlelin et beaucoup d'Italiens prirent la croix. L'évéque élu de Vérone, qui commandait dans la Marche d'Ancône, tomba au pouvoir de Pandolphe; Simon, cardinal-prêtre du titre de Saint-Martin, le remplaça, on lui envoya cinq cents lances payées par la chambre apostolique, avec un pareil nombre d'hommes des communes. Mathieu, cardinal-diacre du titre de Sainte- Harie-au-Portique, s'opposa aux incursions désastreuses

de Pierre de Yico sur les terres de l'Eglise. Ottobon, cardinaldiacre du tilre de ^aint-Âdrien, prêcha, de concert avec d'an' très membres éminents du clergé d'Italie, la croisade contre Manfred dans les villes de Nardi, Todi, Assise, Përouse, Spoletto. Le maréchal Boniface de Canossa conduisit contre le farouche Percivallo d'Oria huit cents chevaliers et deux cents balistaires tout nouvellement soldés ^

Percivallo d'Oria, démoralisé par son insuccès contre les troupes pontificales, était venu asseoir son camp sur les confins du royaume de Naples, près de Tivoli, devant le château de Cella, dans l'espoir de relever sa faction à Rome, de ren. verser du Capitole le vicaire royal de Charles d'Anjou et de s'emparer de ia dignité sénatoriale. Ses guerriers, revêtus de leur brillante armure, se tenaient aux aguets; les casques des nombreuses sentinelles placées sur les rivages de la mer reflétaient les feux élincelants du soleil; les trompettes étaien^ prêtes à sonner l'heure du combat. Les Allemands, les Sarrasins, les Italiens pouvaient à peine maîtriser leur ardeur martiale; et leurs bannières fastueusement arborées flottaient au soufile d'une victoire présumée. Mais Gantelin,^ qui Urbain IV avait envoyé deux cents hommes d'armes, paralysa les efforts du lieutenant de Manfred.

Percivallo d'Oria s'aperçut bientôt qu'il avait perdu un temps précieux devant Cella; il prit la route de Rieti, en traversa le territoire sans y causer aucun dommage, et arriva devant la citadelle d'Arron, dans le diocèse de Spolète. Il trouva la Néra considérablement grossie par les pluies; il voulut cependant en essayer le passage. Ses cavaliers, montés sur des chevaux richement caparaçonnés, ne purent franchir la rivière à cause de la rapidité des eaux. Emporté par l'indignation, Percivallo dX)ria proféra d'horribles, blasphèmes et s'élança à travers le

4. Ad repriroeodos iotereè BliDfredi conaïus poDtifei, dùm eiteroa opperibalur aaiilia , très legatos euro amplis&imA polestate creavit , Simonein nîmirùm tituU sancli Martini presbytcrum in Piccuo... Mathsom sancls Mari» io Porlicu diacoaum io TasciA... Atque oUobonum saocti Adriaoi diioo- Dumi PerusiDO comitata... Annal. eecUs., Raînald., (om. XIV, ano. 1MI.

torreoi de la Néra. Son destrier s'abattit dans les flots et se noya; leseignenr PandolpheéUitdëjà panrena sur l'antre rive avec son escadron, lorsque Perdvallo s'enfonça comme le plomb et disparut sous l'onde. Jean deMareira, qui pritle commandement à sa place, eut bientôt à repousser les attaques des croisés pontificaux. Il ne put lutter contre des forces supérieur res, et le coup de main contre Orviëto échoua^.

Le comte d'Anguillara crut l'instant favorable de prendre l'offensive contre Hanfred ; mais, dès le premier choc, les Lombards tournèrent le dos, les Romains tombèrent sous les coups redoublés des Allemands, ou moururent suffoqués par l'excessive chaleur; le courageux d'Anguillara, après des prodiges de valeur, fut lui-même fait prisonnier. Urbain lY n'en ressentit pas moins une grande joie de la mort de d'Oria. il en rendit i Dieu de solennelles actions de grâce. Des hymnes de triomphe retentirent sous les voûtes des églises d'Orvieto. On y compara Percivallo au superbe Pharaon et la Néra i la mer Rouge. Les contemporains crurent k un miracle, comme on peut s'en convaincre par le récit de Thierry, poète de Yaucouleursa.

Les choses étaient en cet état, lorsque Manfred, k son grand étonnement, vit arriver près de lui un cardinal, de l'Ordre des frères Mineurs, chargé de lui réclamer la liberté de l'évéque de Vérone. Ce cardinal était porteur d'une lettre remplie de reproches sur le passé, mais qui admettait pourtant la possibilité de quelque indulgence pour l'avenir. Urbain lY accusait Manfred d'avoir blasphémé le saint nom de Dieu et persécuté l'Eglise romaine. Il lui rappelait ses offenses envers Innocent lY et Alexandre lY , son peu de soin de sa réputation en ce monde et de son salut dans l'autre; mais il laissait entendre que le prince de Tarente, si coupable qu'il fût, pourrait encore acquérir des droits i la bienveillance du Saint-Siège, en relâ-

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