iO
d abiindonner la terre aux deux époux. Le dauphin, 61s de Jean, en availusé ainsi. Ces princes, pour tout dire , avaient agi en Normandie comme dans un royaume à part , ne relevant que d eux seuls. Charles, duc deBerry, allait donc être tout dans notre province , et le roi son frère n y allait plus être rien. « De mon consentement (disait LouisXI), je n'eusse jamais baillé tel partage à mon frère ; mais , puisque, d'eux mesmes , les Normands font ceste nouvelleté , en suis content * » ; c'était beaucoup dire. ^deL^aîsxr^ Charlcs, quoi qu'il en soit, après avoir fait homsefaitsacrerdac, magc au roi SOU frère pour le duché de Normandie,
et reçoit , dans
Notre-Dame s'cu alla aussitôt à Roucu sc faire reconnaître et sa-
ranneaoTdacai. ^^^^ ^uc. Sou inauguration eut lieu le dix décembre
10 décembre 1^65. On u'avait oublié aucune des cérémonies pra-
tiquées naguère au sacre des anciens souverains de la province ; là, donc, paraissaient les antiques insignes de nos ducs, l'épée tenue par le comte de Tancarville , connétable hérédital de Normandie ; l'étendard , que portait le comte de Harcourt , maréchal hérédital; enfin , et surtout , l'anneau ducale que l'évêque de Lisieux , Thomas Bazin , passa au doigt du prince , le fiançant , le mariant, pour ainsi dire , avec la Normandie , qui n'allait plus relever que de lui *•
' Mémoires de Comines, liv. 1®', chap. 13.
* Le Cérémonial françois, par Théodore Godcfroy, tom. I, pag. 602. — Surtout les Registres du chapitre métropolitain de Rouen, 10 décembre l'i65.
DE LE€fiIQUI£R. 2âl
Dorant ces fêtes, Louis XI ne s'oubliant pas, gagnait tout-à-fait le duc de Bretagne , que venait de s'aliéner son frère. Il traitait avec ce duc , puis , montant à cheval , s'en allait par le pays , soumettant , l'une après l'autre , les villes de Normandie mal séparées encore d'avec le royaume de France , et qu'il y eut promptement réunies. Rien ne tenait devant lui; et on le vit bientôt reconnu dans Rouen même , cette capitale du duché , par ou avait commencé la révolte. Charles, inquiet, éperdu, invoquait les traités. Mais de quoi servaient ses réclamations et ses doléances! Louis XI lui objectait le vœu des peuples ; ce vœu qui naguère avait donné la Normandie à son frère, la lui ôtait aujourd'hui; force était bien d'obéir. Pouvait-il, d'ailleurs, lui, roi de France, abandonner cette province sans compromettre l'indépendance de sa couronne? Vinrent, en l&GS , les États de Tours, solennelle rencontre où l'on parla haut contre la disjonction de la Normandie d'avec le reste du royaume ; où l'avisé monarque sut si bien se faire dire , sous couleur de remontrances , ce qui flattait ses secrets et plus ardents désirs. « Pour nulle rien sous le ciel (avaient dit ces États), pour faveur ne affection fraternelle ^ ne obligation de pro^ messe y ne opportunité de donation et provision , ne pour menace de guerre , ne regard à nul temporel danger, le roy ne doit acquiescer en la
L'anneau ducal
de Normandie ,
passé naguère
au doigt de
Charles, frère dç
Louis XI , est,
par l'ordre de ce
monarque,
rompu à
l'audience de
l'Echiquier.
( 9 nov. 1469. )
séparacîon de la duché de Normandie ne en son transport en main d'homme vivant que la sienne * . » La Guyenne^ donc, fut offerte à Charles, et ce prince s'estima fort heureux encore de l'obtenir en échange d'un duché qui , aussi bien déjà , n'était plus en son pouvoir. De cette Normandie où, un instant , il s'était cru maître , de toutes ces pompes qui l'avaient enivré , il ne lui restait plus maintenant que l'anneau ducal « dont il avoit espousé la duchié de Normendîe » ; encore lui fallut-il le rendre, ainsi que tout le reste, au roi son frère, qui l'avait voulu ravoir. Superstitieux comme il l'était, Louis XI avait bien pu attacher à cet anneau, solennellement béni dans Notre-Dame de Rouen , par un évêque, des idées qui l'inquiétaient, et dont il ne crut pouvoir se délivrer qu'en faisant anéantir ce fatal anneau. Mais il y voulut des cérémonies ; et il fallait que le divorce, comme le maiîage, fut une solennité. A peine redevenu maître de la Normandie, Louis XI avait donné au comte de Saint-Pol , connétable de France , le gouvernement de cette province récemment recouvrée. L'anneau ducal fut remis au comte, comme il s'en allait à Rouen se faire recevoir en son gouvernement. C'était en novembre 1469, et l'Echiquier du roi tenait, alors, ses assises. Le 9 novembre , dans la
' Chronique de Georges Chastcllain.
grande salle du château, une solennelle assemblée était réunie dans l'attente d'une communication du roi de France et du gouverneur. Outre tous les maîtres de l'Echiquier, outre les nobles, les gens d'église, les officiers que l'on y voyait d'ordinaire, s'y étaient rendus , ce jour là , « plusieurs nobles et bourgeois , les conseillers de ville de Rouen , des gens d'église, tant du collège Nostre-Dame de Rouen que d'ailleurs , et plusieurs autres notables personnes pour ce espéciallement mandées et assemblées. » A la tète de l'Echiquier , sur un siège très élevé, était assis l'archevêque de Narbonne, Antoine du Bec-Grespin , des barons de Mauny , abbé de Jumiéges, nommé par Louis XI pour présider ses Echiquiers; près de lui et au même niveau, on remarquait un siège vide, « de la mesme qualité et haulteur. » Survint bientôt « haut et puissant seigneur monseigneur Loys de Luxembourg , comte de Saint-Pol, connestable de France, lieutenant et gouverneur général , pour le roy, au pays etduchié de Normendie. » Par son ordre, et après qu'il se fut assis auprès de l'archevêque-président, fut lue, au milieu du plus profond silence, une lettre close adressée par Louis XI au connétable. • Très chier et très amé frère et cousin (lui écrivait .le monarque) nostre très chier et très amé frère le duc de Guienne nous a, présentement, envoie l'anel dont on disoit qu'il avoit
Le comte
de Saint-Pol ,
connétable de
France, ▼ient
à l'Echiquier
faire briser cet
anneaa en sa
présence.
Lettre
de Louis XI an
snjet de cet
annean.
espousé ia duchié de Normendie ; et afin que les habitans du dît pais en soient advertiz, et congnoissent de plus en plus que nostre dît frère a renoncîé à la dîcte duchîé , nous^ voulons et vous mandons que en TEschiquier qui se tient , de présent, en nostre ville de Rouen, vous monstréz et faictes rompre publiquement le dict aneP. » Le connétable, alors, prit la parole, le silence conti- Disconrs uuaut toujours. 11 remontra « la grant et persé-
da connétable. , i«i • i • «
vérant amour et diiection que le roy avoit à ses subgietz du pais de Normendie ;. comme il vouloit et désiroit justice leur estre faîcte et administrée, repparacion, par effect , estre faîcte des maulx, torts et excèz à eulx advenus; à quoy, par aucun temps, et durant les divisions passées, n'avoit pu estre bonnement pourvu , selon ce qu'il désiroit. Qu'aussi le pais et duchié de Normendie, qui, par aucun peu de temps , avoit esté estrangié et esloingné de la main du roy , avoit esté par luy recouvert , remis et réuni à la couronne. Que , pareillement , le roy avoit réduit et rappelle avec hiy et en son obéissance monseigneur le duc de Guyenne son frère, tellement qu'il s'estoit du tout déporté du droict qu'il prétendoit avoir au duchié de Normendie, et délibéré vivre et demourer à jamais en l'obéissance et vraye et perdurable amour et
» LcUrc (le Louis XI, dalée (rAmboisc , 1 novembre 1469. - Rfg. Echiq. , 9 noTembre 1469.
DE L EGHIQUIKK. 2:>5
union du roy. En démonstrance de ce (continua le connétable) , en signe aussi qu'il est très content du duchié de Guienne que le roy , à sa très instante prière , lui a baillié pour partage, le duc , sans ennortement (suggestion) quelconque de la part du roy, a envoyé au dit roy nostre seigneur l'anel qui lui avoit esté baillié à Rouen j en prenant posses^ sion du duchié de Narmendie comme son espouse^ et à quoy il a renoncié , le quel anel le roy m'a envoie, et mandé et escript que, en ce présent Eschiquier, icelui anel soit publiquement cassé et rompu , comme il est apparu par les lettres d'icelui seigneur que venez d'entendre. » Restait à obéir: en entrant dans la grande salle , maîtres , barons , prélats avaient remarqué avec étonnement une enclume et des marteaux ; maintenant ils en devinaient l'usage. L'anneau ducal , livré aux sei^ents des huis, par le président de l'Echiquier, fut, à l'instant, par eux , voyant tous, « cassé et rompu en deux pièces j qui furent rendues à monseigneur le connestable \ » A cette fois, était consommé le divorce, aussi solennellement qu'avait naguère été contracté le mariage; le charme était rompu, et Louis XI , maintenant , pouvait régner en paix sur sa province de Normandie , recouvrée , paisible et
• Hfig. Echéq., du jeudi 9 novembre 1469.
25G HCSÏOIRE
Par les ordres soumîse*. De rcchef aussi il pouvait s occuper de
de Louis XI, ,,t^ i • • ^ ^ ni
lecomtedeStPoi Sa cour d hchiquicr , et concerter avec elle les connétable, et ^j^jy^ns dc rétablir Tordre en Normandie. Une
rEchiqnier J
prennent, de gj grande crisc avait été fatale à ce pays; et com-
conccrt , les '^ ^ ^ .
mesures propres mcut notrc proviuce aurait-cllc pu être impuné-
ik rétablir la
tranquillité dans ment Tcnjcu d'uuc dispute à main armée entre un
la province. • • . ■ • v • /
roi puissant et un pnnce assez bien appuyé , nous l'avons vu, au commencement delà querelle; son territoire impunément traversé en sens divers par des armées mal disciplinées et pillardes? Comment aussi, parmi lout ce cliquetis d'armes, ce fracas d'armées diverses se heurtant les unes contre les autres, les lois auraient-elles pu être écoutées et les magistrats reconnus ! Mais la guerre étant finie maintenant, restait à guérir les maux qu'elle avait faits. Le connétable de Saint-Pol n'était pas venu seulement en Normandie pour voir briser solennellement un anneau en deux morceaux. Plaintes desÉtats Aux États de Normaudic, qui furent tenus cette
de Normandie. , . , / • i •. • i» i a i at
année, et ou présidait aussi I archevêque de Nai^ bonne, ce descendant des Mauny, des barons du Bec-Crespin, « de grans complaintes et doléances avoient esté faictes tant en général que en particulier par les déléguez des trois estatz du dîct pays. »
* fJne ancienne gravure représente cette cérémonie. Devant l*Ecliiquier en séance , deux hommes , le marteau levé , se disposent à briser un anneau placé sur une enclume. Portefeuilles du dépôt des manuscrits de la Bibliothèque royale.
DE L ECHIQUIER. rSl
Us s'étaient plaints vivement « des grandz excedz , pilleriez , et maléfices commis et perpétrez par les gens de guerre, francs archiers et autres. » Us s'étaient plaiQts aussi « du désordre qui estoittant es officiers de la justice ordinaire, des Eaux-et-Forestz, des Aides et Tailles, à lagrant charge et oppression du peuple du pais de Normendie » ; ils avaient demandé, à grands cris, « (pi'on fist punicion des délinquants , tellement que justice peust estre acomplie , le peuple soulagé et vivre en paix et tranquillité. »
Le connétable , envoyé surtout à Rouen pour y En pleine
\ 1 •. ] 'Ê * ^ audience de
porter remède , avait eu, sur cela, en conseil j c est- PEchiqmer, on à-dire secrètement, de longues et graves confé- fi»»^ «>»n««re au
^ ^ peuple oe qui a
rences avec la cour d'Echiquier. Là, avaient été été imaginé pour
, • 1» / 1 • lui* procurer du
concertées, entre ces magistrats et 1 envoyé du roi, soulagement, bien des mesures propres à rétablir l'ordre en Nor- ^ ônV »^^ mandie , et à soulager un pays dont la détresse était si * ■* plaindre.
' . ^ ^ * •' NoTembreI469.
grande. Mais quel autre moyen plus efficace aurait-on pu trouver que celui convenu entre le connétable et l'Echiquier, (pi'un appel solennel et public fait, en plein Echiquier, l'audience séante, à tous habitants ayant , par le passé , éprouvé dommage en leurs personnes et en leurs biens ; une sommation, pour ainsi dire, à tous les hommes grevés, de se venir, sans délai, plaindre au connétable et aux magistrats , des torts qu'ils avaient soufferts ! A TEchiquier donc , dans une autre et non moins solen-
nelle audience, où, encore une fois, auprès de ] 'archevêque-président 9 siégeait le connétable, « en jugement, icelle court séant», on dit, à haute voix, au peuple accouru là en foule, tout ce qui a été tenté , tout ce qui a été imaginé pour guérir ses maux et soulager ses souflrances«.
« On fait savoir notoirement ( dit Tarchevêque de Narbonne en finissant) , que s^l y a aucuns qui veuillent faire plainte ou doléance, d'aucune maiefaçon ou exaction , decoustumes mal usées et non tolérables , ou autrement , qu'ils le remonstrent de^ vers mooseigneurleconnestableet devers la court, pour leur estre pourveu par justice, ainsi qu'il appartiendra par raison» )» Le pays , présent là en la personne de tous ceux qu'il avait députés aux États, exprima aussitôt 'sa gratitude de ce qu'on fai^ sait pour lut « Par ta bouche de maistre Jehan du Mesnii, vicaire et officiai de Rouen, fartant au nom àe% genz des trois Estats du dit pais de Nor^ mendie, le roy , monseigneur le connestable, et la Court, furent regraeiéz et merciéz de leur bon et grant vouloir qu'ils avc»ent d'acomplir justice ; ilz furent 6uppjlié;E qu'il leur pjeust la dicte ei^posUJon mectre à exécution, au bien de la justi<[;e, deU chose publique , du païs et de^ hommes et aubgetg: du roy nostre seigneur \ #
* Keg, Echiq., 7 novembre 1469,
Iâ9
la province.
C'était bien aussi le dessein du roi de ne s'en justice est Ciite point tenir à des discours. Dans une lettre qu'il ^™î^!hûent adressa, plus tard, aux maîtres de l'Echiquier , on le voit se féliciter de ce que justice a été foite de gens qui troublaient la province. « Vous avez assez sçeu ( leur écrivait-il ) , ia bonne justice qui , puis peu de temps , a esté faicte en aostre pays et duchié de Normendie , par jrfusieurs de nos officiers au dit pais, et autres nos commissaires, que, pour ce, y avons envoyés , de pluMeurs gens de guerre et autres qui vivoient sur nostre peuple du dit pais, et qui leur faisoient de grans maulx, oppressions et dom-mages; dont, et de. la diligence qui y fut faicte par nos dits officiers , nous leur savons très bon gré et les eh mercions. Et, pour ce que l'une des choses de ce inonde que plus désirons est de faire vivre nostre peuple en bonne ordre, police et justice, et les préserver d'exactions et molestations , vous mandons que de tous les malfaicteurs que vous saurez estre en nostre pais de Normendie, vous faictes bonne diligence de les ap{»*éhender et de faire leur procès , et en £aîctes faire telle et si grie^e pugnt^ cion que tous les autres y prennent exemple. » Le monarque enjoignait à ses baillis , vicomtes , procureurs, avocats, d'en fdre diligence , chacun d'eux dans son district « Et leur signifiez ( écrivait-il à l'Echiquier ) , que s'il y a aucuns d'eux qui soient remis (paresseux) ou négligents d'ainsy le
La connaissance da crime de lèse-
faire, et qui ne face vivre et tenir nostre dit peuple en paix , en manière qu'il ne nous en vienne aucune plaincte , nostre entention n'est pas de les entretenir en leurs offices , ains les feray grîefirement pugnir*. »
Mais l'Echiquier n'aurait pu connaître du crime majesté était de lèse*-majesté , non plus que de certains autres
réservée an > , , . ,
connéuibie. « cas rcscrvez et retenuz a la personne du roy » ; le connétable de Saint-Pol l'avait bien su dire à cette cour , lorsque , s'y venant faire reconnaître gouverneur de Normandie, et parlant « du grant povoir et commission » que le roi lui avait donné à lui seul , il y comprit expressément « le povoir de congnoistre de ces cas de crime de lèze-majesté et autres réservez » , dont le souverain , dans sa haute confiance, lui avait délégué la connaissance-, formel- Trahison dn lement interdite à l'Echiquier. On voit quel grand
connétable de • *. i /. i ■ .1
saint-Poi,etson personnage jouait, alors, ce connétable, et de »app »ce. quelle immense autorité son roi l'avait revêtu. Mais , institué, ainsi, juge du crime de lèse-majesté, il alla tomber lui-même dans ce crime qu il avait reçu mission dé punir, et s'y engagea si avant, que rien ne le put soustraire à la fureur de Louis XI, justement irrité. Machinateur infatigable de brigues, de complots, de. négociations artificieuses avec tous les isouverains de son femps , qu'il trom-
* Reg. Echiq., 5 uovembre 1474.
DE l'É€UIQTJI£R. 261
tencs.
pait saccessîvement , et parfois au même instant,
à ]a fin il se trouva pris lui-même au milieu de
tous ces pièges qu'il avait dressés. Beau-frère du
roi , connétable de France , l'un des hommes , enfin ,
les plus notables du royaume 9 il lui fallut aller aux
halles de Paris, présenter sa tête au bourreau.
Ainsi périt honteusement cet homme que notre
Echiquier avait vu assis au-dessus de ^es tnaitres,
de ses (tarons, de ses prélats, et aussi haut, enfin , •
que l'archevêque de Narbonne, son jM'ésident
L'Echiquier, ainsi récusé par le roi dans certains L'Echiquier lait.
9 n» -.1 • 1 respecter sa
cnmes , s enorçait du moins de conserver sa sou- compét« veraineté si solennellement proclamée par Louisle-Hutin, si hautement reconnue par le roi régnant. Des plaideurs O0ment bien encore tenter de soustraire leurs causes à sa connaissance , et de les faire évoquer ailleurs. Mais l'Echiquier tenait toujours bon et l'emportait la plupart du temps. Ainsi , dans un procès plaidé à Rouen en iii69, au sujet de la chapelle de Saint-Jean-de- Fontenay , comme une des parties « vouloit tirer la cause hor$ de Normendie » , l'autre , au contraire , demandant que défense fut faite à son adversaire € de ne le traicter hors du 'pays , contre la Coustume et Chartre aux Normandz » , un sergent de l'Echiquier alla publiquement « faire deffense de par le roy et la court, sur grosses peines, à Reffou et autres , que , touchant la dicte matière , ilz ne
262 UIStOIRK
traictâssent ou fissent tmicter Hondehare et autres ailleurs que en Normandie ^ et que, contre la Goiistume et Charte aux Normands Hz ne ac^ temptâssent ' . »
ae chA^rnn. "^^ occupé , au reste , qu'eut d'abord été Louis XI
Demandw qn» de SOU Echiquicr de Normandie , il avait fini par
hiiadrcnent, ^^^ mouis cxact i en termcr les assises, et a en-
•oxttoud*^ y^yçj,^ chaque année i à. Rouen, des comn^ssaîres
ment à kor pour Ics tenir. A la vérité , les courses des BotiT'-
Echiquier. *
1483. guignons, qui vinrent ravager la Normandie et assiéger Rouen , avaient bien pu Ten empêcher. Charles YIII , à peine monté sur le trône , aux États de Tours , qui suivirent de si. près son avènement, on entendit les députés de la Normandie demander avec instance ■ que l'Eschiquier de Normandie iiist tenu , chacun an , comme il avoii esté ancienmemeni, du temps dtl roy Charles VII , ainsi qu'il avoît pieu au dict seigneur l'accorder , en faisant la rédoctiÔD de Rouen; et que, pour le dict Eschiquier tenir, feûssent commis présidents et conseillers cognpiêdMok» vin sants les caustumes et usages du pays*. Ceci se pasrsait à Tours, en janvier 1&83; le roi, aussitôt, avait terme un Echiquier pour la Saint-Michel de l^tte année même. Au temps dit, l'on vit, en effet, ar-
<lel4ai«o4,aT«c In
'*'*■*"' ^ river à Rouen les mifitres nommés pour tenir le
* — *-^ ai^fMil *
«tes Hoimindi , . __ . —
iK9lr«its des co«iwM« de lu • il^r* Mckif., « aoTMbrc f4iO.
provînee. » ^^^i, ^ i^mv*, |iavkr t4t3i Cèlkciiom dÊ$ mmeimmft Lm
/Wtfifwiffif.
DE L iCHIQUlER^
premier Echiqucr du règoe. Ils étaieat en plu3 grand nomlure que de coutume; et aux commissaires, jHris dans le Pariement de Paris , on en avdt , contre l'ordinaire, adjoint quelques-uns nés en Normandie, et versés dans la connaissance des lois du pays; maître Jeban Masselm , officiai de Rouen ^ entre autres , qui rerenoât des Étaits de Tours ofr il avait joué un grand rôle , et dont , en ce moment même, il écrivait llibtœre; Jean LendEant, autre cbanmne de Rouen; plusieurs membres de divers chapitres épiscopaux de Nœrmandte , et des lûques tels que Roger Gouël , Pierre du Yivier , par le» mains desquels passaient , depuis long-tem^, toutes les grandes affaires de la proraice. On eouMnençaît à sentir le besoin de jugés normands , pour appli-^^ quer le droit normand. Parmi les autres, appartenant presque tous au Parlement de Paris , étail le conseiller Claude Chauvreux,. qui, douze mis après, convaincu, à Paris, en ideîn Parlement, de
... . ' . 1 ^® Paria, qui
prévarications sans nombre, fut ignominieusemexi^ aiait, piusieun dégradé, dépooSlé de sa robe écarlate, fit amende honorable, à genoux, nu-pieds, nu-tète> en pleine audience , la torche à la main , puis livré aussitôt au bourreau, jeté siu^ une charrette , conduit par les rues, tourné trois tours au pilori ^ marqué d'une fleur de lis au front , conduit , enfin , jusqu a la porte . Saint-Honoré, comme baimi du royaume*.
Snpplice-
igncupinicox
de Claude
Chanvrctu. ,
conseiller
wa Parlement
à1*Echiqiii«r.
' Estienne Pasquier, Recherches de la France, Ht. xix , lettre I