AVANT-PROP08. U
reproche de regretter la question , sous Louis XVI,
comme naguère, sous Louis XIY, il avait, à regret,
cessé de brûler les sorciers. Ces magistrats, en un mot , sont devenus impopulaires. D'immenses largesses dans un grand hiver, ne leur ont pu regagner les cœnrs. Le peuple ingrat insulte ces sénateurs qui Font défendu si long-temps , et qui le nourrissaient tout à l'heure. Des placards incendiaires demandent les têtes des Belbeuf et des Pontcarré. L'assemblée nationale , souveraine en France , condamne d'abord à l'inaction les Parlements, qu'elle anéantira tout à l'heure. Celui de Rouen, pour avoir fait mine de résister, mandé à la barre de la nation, désavoué par le roi qu'il a voulu servir, défendu par un de ses présidents en pleurs, subit un humiliant pardon, se rétracte, et ne survit guère.
Telles furent, en somme, les destinées du Parlement dont nous allons publier l'histoire. Pour cet ouvrage de bonne foi, nous sollicitons, nous espérons de nos compatriotes, la sympathie dont nous ont rendu digne nos persévérants efforts, et l'indulgence dont a besoin notre faiblesse ; sans
XII AVANT-PKOPOS.
doute, nous ne serons point trompés dans cette attente. « Pour ce que riens ne peut estre' trouvé parfaict en ce que homme faict par estude , vous tous qui regarderez ceste œuvre j amendez ce que verrez à amender, mectez y ce qu'il y fauldra, ostez en ce qui lieu n'y tiendra , et m'aidez en aulcune chose*. » Cette prière qu'un Normand des anciens temps adressait à ses contemporains , nous osons y et avec plus de besoin , l'adresser aux nôtres.
' Premier Prologue du Grand Coustumier du pays et duchié de Normendie.