‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 121 sur 217 · CHAPITRE XL. 0.1C · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL. 0.1C

a obéir. Je dirais : Messieurs les juges , il faut ce vérifier l'édit , ou je vous ferai mourir; mais a alors je ferais le tyran. Je n'ai point conquis ce « royaume par tyrannie, je l'ai par nature et par « mon travail.

« J'aime mon parlement de Paris par dessus tous « les autres; il faut que je reconnaisse la vérité, « que c'est le seul lieu où la justice se rend aucc jourd'hui dans mon royaume ; il n'est point « corrompu par argent. En la plupart des autres « la justice s'y vend, et qui donne deux mille écus « l'emporte sur celui qui donne moins; je le sais, « parce que j'ai aidé autrefois à boursiller; mais « cela me servait à des desseins particuliers.

« Vos longueurs et vos difficultés donnent sujet a de remuemens étranges dans les villes. L'on a « fait des processions contre l'édit, même à Tours, «où elles se devaient moins faire qu'en tout autre « lieu , d'autant que j'ai fait celui qui en est archece véque. L'on en fait aussi au Mans pour inspirer « aux juges à rejeter l'édit; cela ne s'est fait que « par mauvaise inspiration. Empêchez que de « telles choses n'arrivent plus. Je vous prie que je « n'aie plus à parler de cette affaire , et que ce soit « pour la dernière fois : faites-le, je vous le com- « mande et vous en prie. »

Malgré ce discours du roi , les préjugés étaient encore si forts , qu'il y eut de grands débats dans

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le parlement pour la vérification. La compagnie était partagée entre ceux qui, ayant été longtemps du parti de la Ligue , conservaient encore leurs anciens sentimens sur ce qui concernait les affaires de la religion, et ceux qui, ayant été auprès du roi à Tours et à Châlons, connaissaient mieux sa personne et les besoins de l'état. L'éloquence et la sagesse de deux magistrats ramenèrent tous les esprits. Un conseiller nommé Coquelejr, autrefois ligueur violent, et depuis détrompé, fit un tableau si touchant des malheurs où la guerre civile avait réduit la France, et du bonheur attaché à l'esprit de tolérance, que tous les cœurs en furent émus. Mais il y avait dans le parlement des hommes très savans dans les lois, qui, trop frappés des anciennes lois sévères des deux Théodoses contre les hérétiques, pensaient que la France devait se conduire par les institutions de ces empereurs.

Le président Auguste de Thou, encore plus savant qu'eux, les battit par leurs propres armes. « L'empereur Justin, leur dit-il, voulut extirper (f l'arianisme dans l'Orient ; il crut y parvenir en « dépouillant les ariens de leurs églises. Que fit t( alors le grand Théodoric, maître de Rome et (c d'Italie? Il envoya l'évéque de Rome Jean I^^ avec « un consul et deux patrices en ambassade à Con- « stantinople, déclarer à Justin que, s'il persécu-

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