CHAPITRE XL
« tait ceux qu'on appelait ariens , Théodoric ferait (c mourir ceux qui se nommaient seuls catholiques. « Cette déclaration arrêta l'empereur, et il n'y eut « alors de persécution ni dans l'Orient ni dans « l'Occident. »
Un si grand exemple rapporté par un homme tel que de Thou, l'image frappante d'un pape allant lui-même de Rome à Constantinople parler en faveur des hérétiques, firent une si puissante impression sur les esprits, que l'édit de Nantes passa tout d'une voix, et fut ensuite enregistré dans tous les parlemens du royaume*.
Henri IV donnait en même temps la paix à la religion et à l'état. Il fesait alors le traité de Vervins avec le roi d'Espagne. Ce fut le premier traité qui fut avantageux à la France. La paix de Cateau - Carnbrésis , sous Henri H, lui avait coûté beaucoup de villes. Celles que firent François I^^ et ses prédécesseurs furent ruineuses. Henri IV se
* L'édit de Nantes a^ait les mêmes inconvénleiis que les édits de pacification du cliancelier de L'Hospital, Ce n'était pas une loi de tolérance destinée à maintenir to:iis les membres de l'état dans le droit de professer librement la croyance et le culte qu'ils ont adoptés, droit donné par la nature, droit auquel jamais un homme n'a pu renoncer sans être fou, et dont par conséquent aucune loi positive ne peut légitimement priver un seul citoyen , fût-elle portée du consentement mianime de tous les autres; l'édit de Nantes n'était qu'un traité de paix entre les sectateurs des deux religions , et par conséquent il ne pouvait subsister qu'aussi long-temps que les forces des deux partis se contre-balanceraient.
fit rendre tout ce que Philippe II avait usurpé dans Iqs temps malheureux de la Ligue; il fit la paix en victorieux; la fierté de Philippe II fut abaissée; il souffrit qu'au congrès de Yervins ses ambassadeurs cédassent en tout la préséance aux ambassadeurs de France , en couvrant son humiliation du vain prétexte que ses plénipotentiaires n'étaient que ceux de l'archiduc Ernest , gouverneur des Pays - Bas , et non pas ceux du roi d'Espagne.
Ce même monarque qui du temps de la Ligue disait : « Ma ville de Paris, ma ville de Reims, ma « ville de Lyon , » et qui n'appelait Henri lY que \q prince de Béarn, fut forcé de recevoir la loi de celui qu'il avait méprisé, et qu'il respectait dans son cœur, s'il connaissait la gloire.
Henri IV vint jurer cette paix sur les Evangiles dans l'église cathédrale de Paris. Cette cérémonie se fit avec autant de magnificence que Henri mettait de simplicité dans sa vie privée. (4 et 21 juin iSgB) Les ambassadeurs d'Espagne étaient accompagnés de quatre cents gentilshommes. Le roi, achevai, à la tête de tous les princes, des ducs et pairs et des grands officiers, suivi de six cents gentilshommes des plus distingués du royaume , signa le traité et prononça le serment, ayant le légat du pape à sa droite , et les ambassadeurs d'Espagne à sa gauche.