CHAPITRE Lvr. 3i
clans le parlement : Nous ne savons ce que nousfesons : mais les princes, les généraux, les chefs de parti, les ministres, ne le savaient pas davantage.
Ce n'était pas seulement une guerre i^ivile , c'étaient cent petites guerres civiles qui changeaient chaque jour d'objet et d'intérêt à la cour, dans Paris, dans les provinces, partout où l'incendie était allumé. Les princes, les chefs, les ministres, les femmes, tous fesaient des traités et les rompaient. Le jeune roi erra en fugitif au milieu de son royaume. Le prince de Condé, qui avait été le soutien de la France, en devint le fléau; et Turenne, après avoir trahi la cour, en fut le libérateur.
Enfin la cause du roi prévalut; (21 octobre 1652) la reine-mère ramena son fils victorieux à Paris. Ce même peuple , qui avait accablé d'outrages la famille royale, signala son inconstance ordinaire en tournant ses emportemens contre le parlement. On chantait au Louvre, au Palais- Royal, au Luxembourg, dans la cour du Palais, dans les places, dans les églises, cette chanson si long-temps fameuse, quoique très mauvaise :
Messieurs de la noire cour, Rendez grâces à ia guerre; Vous commandiez à la terre, Vous dansiez au Luxembourg; ^ Petites gens de chicane, Canue
3l6 HISTOIRE DU PARLEMENT DE PARIS.
Tombera sur vous;
Et l'on verra madame Anne
Vous faire rouer de coups.
Cette chanson ridicule montre l'esprit du temps auquel les phis grandes affaires avaient été traitées au cabaret et en vaudevilles.
Le roi ramena le cardinal Mazarin , tout fut tranquille dans Paris, et les séditieux furent punis.