‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 165 sur 217 · CHAPITRE LVII. 3l · texte numérisé non relu

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tête à prix, et qui avaient vendu ses meubles à l'encan pour payer les assassins , vinrent le complimenter les uns après les autres, et furent d'autant plus humiliés, qu'il les reçut avec affabilité.

Le grand Condé, plus fier, et animé par la vengeance, ne voulut point plier devant un étranger qui lui avait ravi sa liberté; il aima mieux continuer la guerre civile que le parlement de Paris avait commencée, et que le parlement de Bordeaux soutenait alors. On vit ce prince à la tête des troupes espagnoles qu'il avait autrefois battues; et enfin le parlement de Paris, à peine sorti de la faction, condamna ce même prince de Condé par contumace, comme il avait condamné Mazarin , et confisqua tous ses biens en France. Cette compagnie était une arme qui avait blessé son maître, et dont le roi se servait ensuite pour frapper ses ennemis.

Louis XIV ne gouvernait pas encore, et on doutait même qu'il put jamais tenir lui-même les rênes de l'état; mais il fit sentir dès l'an i655 la hauteur de son caractère. Le parlement arrêta de faire des remontrances sur ^n édit concernant les monnaies, et le ministre prétendait qu'une cour des monnaies étant établie, ce n'était pas au parlement à se mêler de cet objet. Le roi partit de Yincennes à cheval, vint en bottes au parlement, le fouet à la main. Il adressa la parole au premier

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président, et lui dit: « On sait les malheurs qu'ont a produits vos assemblées; j'ordonne qu'on cesse a celles qui sont commencées sur mes édits. Monte sieur le premier président, je vous défends de « les souffrir: et vous (en se tournant vers les « conseillers des enquêtes), je vous défends de les a demander.» On se tut, on obéit : et depuis ce moment l'autorité souveraine ne fut plus combattue sous ce règne.

Quand le cardinal eut conclu la paix des Pyrénées, et marié Louis XIV, le parlement vint haranguer ce ministre par députés, ce qu'il n'avait jamais fait ni pour le cardinal de Richelieu, ni pour aucun prince. La harangue était remplie de louanges qui parurent trop fortes même aux courtisans; elle devint l'objet de leurs railleries. Ménage adressa au cardinal, qui n'était pas sans lettres et sans goût, une pièce de vers latins alors très fameuse; il y parlait comme toute la cour, et il disait dans cet ouvrage :

Et, puto , tant 'viles despicis ipse togas.

* Tu méprises sans doute ces robes si viles. »

On en fit des plaintes dans ia grand'chambre; mais ce n'était plus le temps où cette compagnie pouvait venger ses injures particulières. La couiapplaudissait à cette humiliation. Ménage s'excusa; il prétendit qu'il n'avait point voulu dési-

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gner la compagnie par le mot de robes , quoique ce mot ne pût en effet désigner qu'elle; et le parlement crut qu'il n'était pas de sa dignité de relever cette injure.

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