‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 197 sur 217 · CHAPITRE LXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVI

voulut point la recevoir; il demanda préalablement à voir les articles sur lesquels ces représentations porteraient; on les lui envoya : le roi répondit qu'ayant examiné les objets de ces remontrances il ne voulait point les entendre.

(5 mai) Les chambres s'assemblent aussitôt; elles déclarent qu'elles cessent toute espèce de service, excepté celui de maintenir la tranquillité publique contre les entreprises du clergé. Le roi leur ordonne, par des lettres de jussion, de reprendre leurs fonctions ordinaires, de rendre la justice à ses sujets, et de ne se plus mêler d'affaires qui ne les regardent pas. Le parlement répond au roi qu'il ne peut obtempérer. Ce mot obtempérer fit à la cour un singulier effet. Toutes les femmes demandaient ce que ce mot voulait dire, et , quand elles surent qu'il signifiait ohèir, elles firent plus de bruit que les ministres et que les commis des ministres.

(6 mai) Le roi assemble un grand conseil. On expédie des lettres de cachet pour tous les membres du parlement, excepté ceux de la grand'chambre. Les mousquetaires du roi courent dans toute la ville pendant la nuit du 8 au 9 mai, et font partir tous les présidens et les conseillers des requêtes et des enquêtes pour les lieux de leur exil. On envoie avec une escorte l'abbé Chauvelin au Mont -Saint -Michel, et ensuite à la citadelle

de Caen; le président Frémont du Mazi, petitfils d'un fameux partisan, au château de Ham en Picardie; le président Moreau de Nassigni % aux îles de Sainte-Marguerite ; et Bèze de Lys, à Pierre- Encise.

(lo mai) Les conseillers de la grand'chambre s'asseiïiblèrent. Ils étaient exceptés du châtiment général, parce que plusieurs ayant des pensions de la cour, et leur âge devant les rendre plus flexibles, on avait espéré qu'ils seraient plus obéissans; mais, quand ils furent assemblés, ils furent saisis du même esprit que les enquêtes : ils dirent qu'ils voulaient subir le même exil que leurs confrères; et, dans cette séance même, ils décrétèrent quelques curés de prise de corps. Le roi envoya la grand'chambre à Pontoise, comme le duc d'Orléans régent l'y avait déjà reléguée. Quand elle fut à Pontoise, elle ne s'occupa que des affaires du schisme. Aucune cause particulière ne se présenta.

(i8 septembre) Cependant il fallait pourvoir à faire rendre la justice aux citoyens. On créa une chambre composée de six conseillers d'état et de

* * L'édition de Kehl, et toutes celles qui ont paru depuis i8i4 , portent Bésigni, au lieu de Nassigni; mais, corrigeant Voltaire par Voltaire, d'après sa lettre du 17 septembre ly^^Q au comte de La Touraille, je nie suis en môme temps convaincu que Pierre-Jacques Moreau de Nassigni , président de la première des requêtes , ne devait pas être confondu avec Adrien-Jules Gautier de Bésigki, président de la deuxième. (Clog.)

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