CHAPITRE LXVII
mier greffier, quinze cents au second. Peu d'officiers qui versent leur sang dans les batailles sont aussi bien récompensés. On espérait par là faire rentrer les autres membres du parlement dans leur devoir; et, tandis qu'on prodiguait les pensions à la grand' chambre, on offrait le remboursement de leurs charges à treize conseillers exilés; mais on manquait d'argent; et la guerre funeste dans laquelle on était engagé appauvrissait et dépeuplait le royaume. On changeait de ministre des finances de six mois en six mois : c'était montrer la maladie de l'état que d'appeler toujours de nouveaux médecins. Il fallut enfin négocier avec ceux de la grand'chambre, des enquêtes et des requêtes, qui avaient donné leur démission : on les leur rendit, ils reprirent leurs fonctions; mais ils demeurèrent très aigris. (29 auguste 1757.)
On rendit aussi au parlement de Rennes trois conseillers qu'on avait mis en prison; et le parlement de Rennes ne fut que plus irrité.
Dès que le parlement parut tranquille, l'archevêque Reaumont ne le fut pas; il renouvela toutes les querelles qui semblaient assoupies; refus de sacremens, interdictions de religieuses. Le roi ayant écrit précédemment au pape Renoît XIY pour le prier de lui donner les moyens d'apaiser les troubles, moyens très difficiles à trouver, Reaumont avait écrit de son côté pour aigrir le
4o6 HISTOIRE DU PARLEMENT DE PARIS.
pape. Il déplut également au roi et au pontife de Rome. Louis XV, accoutumé à l'exiler *, l'envoya en Périgord. C'est ainsi que se termina l'année 17^7.