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CHAPITRE LXVIII

De l'abolissement des jésuites.

On sait tout ce qu'on reprochait depuis longtemps aux jésuites : ils étaient regardés en général comme fort habiles, fort riches, heureux dans leurs entreprises, et ennemis de la nation : ils n'étaient rien de tout cela; mais ils avaient violemment abusé de leur crédit quand ils en avaient eu. D'autres ordres étaient beaucoup plus opulens, mais ils n'avaient pas été intrigans et persécuteurs comme les jésuites , et n'étaient pas détestés comme eux.

On a prétendu que leur général avait eu l'imprudence de rendre de mauvais offices dans Rome à un ambassadeur de France % l'un de ceux qui ont le mieux servi l'état, et dont le génie supérieur devait être plutôt ménagé qu'offensé. La conduite

* La première édition porte : Qui ne savait qu'exiler.

* * Le duc de Choiseul, d'abord comte de Stainville, nommé à l'ambassade de Rome, en 1753. (CivOG.)

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