CHAPITRE LXIX
demandèrent pardon d'avoir accepté , et signèrent non; tous furent exilés.
La justice fut encore administrée par les conseillers d'état et les maîtres des requêtes, comme elle l'avait été en 17 53; mais ce ne fut que par provision. On tira bientôt de ce chaos un arrangement utile.
D'abord le roi se rendit aux vœux des peuples qui se plaignaient depuis des siècles de deux griefs, dont l'un était ruineux , l'autre honteux et dispendieux à la fois. ^
Le premier était le ressort trop étendu du parlement de Paris, qui obligeait les citoyens de venir de cent cinquante lieues se consumer devant lui en frais qui souvent excédaient le capital. Le second était la vénalité des charges de judicature, vénalité qui avait introduit la forte taxation des épices.
(Le 28 février 1771 ) Pour réformer ces deux abus, six parlemens nouveaux furent institués sous le titre de Conseils supérieurs, avec injonction de rendre gratis la justice. Ces conseils furent établis dans Arras, Blois, Châlons, Clermont, Lyon, Poitiers. On y en ajouta d'autres depuis pour remplacer quelques parlemens supprimés dans les provinces.
Il fallait surtout former un nouveau parlement à Paris, lequel serait payé par le roi, sans acheter
HIST, DU PARLEM. ay
4l8 HISTOIRE DU PARLEMENT DE PARIS.
ses places, et sans rien exiger des plaideurs. Cet établissement fut fait le i3 avril K L'opprobre de la vénalité, dont François F^ et le cbancelier Duprat avaient malheureusement souillé la France, fut lavé par Louis XV et par les soins du chancelier de Maupeou, second du nom. On finit par la réforme de tous les parlemens , et on espéra , mais en vain , de voir réformer la jurisprudence.
La mort de Louis XV en 1 774 ayant donné lieu à une nouvelle administration, Louis XVI, son successeur, rétablit son parlement avec des modifications nécessaires : elles honorèrent le roi qui les ordonna, le ministère qui les rédigea, le parlement qui s'y conforma; et la France vit l'aurore d'un règne sage et heureux ^.
» * Ce nouveau parlement , dont Voltaire augurait beaucoup trop bien, reçut le nom de parlement Maupeou, magistrature imprudente et servile, que l'affaire du conseiller Goëzmann, contre Beaumarchais, acheva de couvrir de ridicule et de mépris. (Clog.)
>* Voltaire, en ajoutant ce dernier alinéa, quand il revit son ouvrage, peu de temps avant sa mort, était loin de prévoir le sort de Louis XVI. (Clog.)
FIN DE l'histoire DU PAKLEMEWT.