G AVANT-PROPOS
à Tautre. Presque toute origine est obscure , presque toutes les lois se contredisent de siècle en siècle. La science de l'histoire n'est que celle de l'inconstançej ettout ce c^ue nous savons bien certainement, c'est que tout est incertain.
Il y a bien peu de lois chez les peuples de l'Europe, soit civiles, soit religieuses, qui aient subsisté telles qu'elles étaient dans le commencement. Qu'on fouille les archives des premiers siècles, et qu'on voie si l'on y trouvera des évêques souverains, disant la messe au bruit des tambours, des moines princes, des cardinaux égaux aux rois, et supérieurs aux princes.
« Principibus prœstant , et legibiis eequiparantur. »
Il fallut toujours rendre la justice; point de société sans tribunal : mais qu'étaient ces tribunaux? et comment jugeaient-ils? Y avait-il une seule juridiction , une seule formalité qui ressemblât aux nôtres ?
Quand la Gaule eut été subjuguée par César, elle fut soumise aux lois, romaines. Le gouvernement municipal, qui est le meilleur parce qu'il est le plus naturel, fut conservé dans toutes les villes : elles avaient leur sénat, que nous appelons conseil de ville ^ leurs domaines, leurs milices. Le con-