CHAPITRE XVII. 8(J
commissaires, Jean de Selve, premier président du parlement de Paris; Jean Solat, maître des requêtes; François de Loyne, président aux enquêtes; Jean Papillon, conseiller.
(lo septembre, i5 et 20 octobre iS^si) Le roi ordonna, par des lettres réitérées, de faire le procès au connétable absent, et à ses complices emprisonnés.
Les quatre commissaires conseillèrent au roi de renvoyer l'affaire au parlement de Paris; et le roi, par une lettre du i^^ novembre, leur témoigna qu'il désapprouvait beaucoup ce conseil.
Ces commissaires instruisirent donc le procès des prisonniers à Loches. Mais enfin le roi , incertain de la manière dont il fallait juger deux évéques, et craignant de se commettre avec Rome, renvoya l'affaire au parlement de Paris. Il ne fut plus question des deux évéques , on n'en parla plus; les laïques seuls furent condamnés : ils furent jugés au mois de janvier, les uns à mort, les autres à d'autres peines (iS^S). Le seigneur de Saint- Yallier, entre autres, fut condamné à perdre la tête ( 16 janvier). C'est lui dont on prétend que les cheveux blanchirent en peu d'heures, après la lecture de son arrêt. I^a tradition ajoute que François V^ ne lui sauva la vie que pour jouir de Diane de Poitiers, sa fille. Cette tradition serait bien plus vraisemblable que l'autre, si Diane n'avait pas été
alors un enfant de quatorze ans ^ , qui n'avait pas encore paru à la cour.
(8 mars iS^S) Quant au connétable de Bourbon, le roi vint le juger lui-même au parlement, accompagné seulement de deux nouveaux pairs , un duc d'Alençon et un duc de Bourbon-Vendôme; les évéques de Langres et de Noyon furent les seuls pairs ecclésiastiques qui s'y trouvèrent : ils se retirèrent, ainsi que tous les conseillers-clercs, quand on alla aux opinions. Il fut seulement ordonné qu'on ajournerait le connétable à son de trompe.
Cette vaine cérémonie se fît à Lyon , parce que cette ville passait pour être la dernière da royaume du côté de l'Italie; le Dauphiné, qui appartenait au dauphin, n'étant pas regardé comme province du royaume.
Pendant qu'on fesait ces procédures, le connétable commandait déjà l'armée ennemie; il entrait en Provence pour répondre à son ajournement, et comparaissait en assiégeant Marseille. Le roi, irrité que le parlement de Paris n'eût pas jugé à mort tous les complices de ce prince, nomma un président de Toulouse avec cinq conseillers, deux
• * Diane de Poitiers, née le 3 septembre i499> avait alors plus de vingt-trois ans, et était même mariée depuis dix ans; mais il paraît qu'elle ne donna prise sur sa conduite qu'après la mort de son mari, Louis de Brezé, qu'elle perdit en i53i. (Clog.)