‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 50 sur 217 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

présidens de Bordeaux et quatre conseillers, deux conseillers du grand conseil, et un président de Bretagne, pour juger avec le parlement de Paris le reste des accusés, auxquels on n'avait pas encore fait le procès. Nouvel exemple bien frappant de la variété des usages et des formes ^

Cependant on poursuivit lentement le procès contre le connétable ; il fallait trois défauts de comparaître pour qu'on jugeât, comme on disait alors, en profit de défaut; mais toutes ces poursuites cessèrent quand le roi fut vaincu et pris à Pavie par l'armée, dans laquelle un des chefs était ce même Charles de Bourbon. Il fallut, au lieu de lui faire son procès, lui restituer par le traité de Madrid toutes ses terres , tous ses biens , meubles et immeubles , dans l'espace de six semaines , lui laisser le droit d'exercer ses prétentions sur la souveraineté de la Provence , et promettre de ne faire aucune poursuite contre ses amis et ses serviteurs. Le roi signa ce traité.

Il crut , quand il revint en France , que la politique ne lui permettait pas de tenir la parole à ses vainqueurs ; et , après la mort du connétable , tué en prenant Rome, François P^ le condamna

ï Consultez les collections de Pierre Dupui , garde de la Bibliothèque du roi , tome 11 , et voyez sur tous les articles précédens le Recueil des édits et ordonnances , le président de Thou, le comte de Boulainvilliers , et tous les historiens.

dans la grand'chambre du parlement, assisté de quelques pairs. ( i6 juillet iS^y) Le chancelier Duprat prononça l'arrêt qui a damnait et abolis- « sait sa mémoire et renommée à perpétuité, » et qui confisquait tous ses biens, meubles et immeubles.

Pour ses biens, on en rendit une partie à sa maison, et pour sa renommée, elle a toujours été celle d'un héros qui eut le malheur de se trop venger d'une injustice qu'on lui avait faite.

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