‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 64 sur 217 · CHAPITRE XXI. I l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. I l

Le conseiller du Bourg s'expliqua avec encore plus de force; il montra combien il était affreux de voir régner à la cour la débauche, l'adultère, la concussion, l'homicide, tandis qu'on livrait aux tourmens et à la mort des citoyens qui servaient le roi selon les lois du royaume, et Dieu selon leur conscience.

Du Bourg, neveu du chancelier de ce nom, était diacre; sa cléricature l'avait engagé à étudier plus qu'un autre cette funeste théologie qui est, depuis tant de siècles, un amas d'opinions contraires. La science l'avait fait tomber dans l'opinion de ces réformateurs; d'ailleurs juge intègre, homme d'une vie irréprochable, et citoyen zélé.

Le roi ordonna au connétable de faire arrêter sur-le-champ du Bourg, du Faur, de Foix, Fumée, La Porte : les autres eurent le temps de se sauver. Il y avait dans le parlement beaucoup plus de magistrats attachés à la maison de Guise qu'aux sciences.

Saint-André et Minard, présidens aux enquêtes, poursuivirent la mort d'Anne du Bourg. Comme il était dans le sacerdoce, il fut d'abord jugé par l'évêque de Paris, du Bellai, assisté de l'inquisiteur Mouchi : il appela comme d'abus de la sentence de l'évêque, il réclama son droit d'être jugé par ses pairs , c'est-à-dire par les chambres du parlement assemblées; mais l'esprit de parti et l'asser-

Ïl4 HISTOIRE DU PARLEMEIVT DE PARIS.

vissement aux Guises l'ayant emporté au parlement sur une de ses plus grandes prérogatives, du Bourg fut jugé successivement à Fofficialité de Paris, à celle de Sens, et à celle de Lyon, et condamné dans toutes les trois à être dégradé et livré au bras séculier comme hérétique. On le mena d'abord à l'officialité ; là, étant revêtu de ses habits sacerdotaux, on les lui arracha l'un après l'autre. On fit la cérémonie de passer légèrement un morceau de verre sur sa tonsure et sur ses ongles, après quoi il fut ramené à la Bastille, et condamné à être étranglé et brûlé, par des commissaires du parlement, que ses persécuteurs avaient nommés. Il reçut son arrêt avec résignation et courage: « Eteignez vos feux, dit -il à ses juges, renoncez « à vos vices, convertissez-vous à Dieu. » ( 19 octobre 1 559 ) Il fut pendu et brûlé dans la place de Grève ^

Gui du Faur ^ fut condamné par les mêmes commissaires à une interdiction de cinq ans, et à une amende de cinq cents livres. Son arrêt porte: a Pour avoir témérairement avancé qu'il n'y a « point de meilleur remède pour finir les troubles « de l'église, que l'assemblée d'un concile œcumé-

' * Le 20 décembre, suivant la Biographie uîiiverselle , ou le 21 , suivant de Thou. (Ci-og,)

' * Non pas Gui, mais Louis. Gui du Faur de Pibrac, si connu par ses quatrains, et frère de Louis, n'entra au parlement de Paria qu'en i565. (Clog.)

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