CHAPITRE XXXII
Arrêts de plusieurs parlemens, après la mort de Henri III. Le premier président Brisson pendu par la faction des Seize.
Après la mort de Henri III , il ne parut pas que Henri IV dût être jamais roi de France. Plusieurs seigneurs catholiques l'abandonnèrent sous prétexte qu'il était hérétique , mais dans le dessein réel de démembrer le royaume , et d'en saisir quelques ruines. Les prédicateurs remercièrent Dieu dans Paris de la mort de Henri de Valois.
(1689) Dès le 7 auguste, le duc de Mayenne fit publier dans le parlement , et enregistrer un édit
par lequel on reconnaissait pour roi le cardinal Charles de Bourbon , qu'on nomma Charles X. On fit frapper de la monnaie en son nom. Ce Charles X était un vieillard peu capable du rôle quon lui fesait jouer, et qui de plus était alors prisonnier d'état à Chinon. Henri IV avait été obligé de s'assurer de sa personne , et la Ligue ne le regardait que comme un fantôme au nom duquel elle s'arrogeait la suprême puissance.
Le parlement de Bordeaux ne reconnut ni Henri IV, ni Charles X; mais celui de Toulouse donna un étonnant exemple : voici comme il s'exprima le 11 auguste 1089 :
« La cour , toutes les chambres assemblées , « avertie de la miraculeuse, épouvantable et san- « glante mort de Henri III, advenue le premier « de ce mois ^ , a exhorté et exhorte tous les évé- « ques et pasteurs. . . de faire , chacun en leurs (c églises, rendre grâces à Dieu de la faveur qu'il « nous a faite de la délivrance de la ville de Paris « et autres villes du royaume , a ordonné et or- « donne que tous les ans, le premier d'auguste, « l'on fera procession et prières publiques en refc connoissance des bénéfices qu'il nous a faits ledit a jour. »
Cet étrange arrêt ajoutait défense, sous peine
' * Blessé le i*^"" auguste, à huit heures du rnatm, Henri III mourut le 9. , à trois heures après minuit. (Clog )