‹ Histoire du Parlement de ParisChapitre 98 sur 217 · CHAPITRE XXXII. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII. I

de mort, de reconnaître Henri de Bourbon, soidisant roi de Navarre , et enjoignait d'observer exactement la bulle d'excommunication lancée contre ce prince par le pape Sixte-Quint, en vertu de laquelle bulle la cour le déclare une seconde fois indigne et incapable de succéder à la couronne de France, comme atteint et convaincu de plusieurs crimes notoires, mentionnés dans ledit arrêt.

C'est ainsi qu'on foulait aux pieds toutes les lois divines et humaines sous le nom de la justice et de la religion.

Tandis que Henri IV, à peine à la tête de trois mille hommes , battait au combat d'Arqués , près de Dieppe, le duc de Mayenne qui en avait environ dix mille; tandis que, nuit et jour sous les armes , il regagnait une partie de son royaume par sa valeur et par celle de la noblesse attachée à sa fortune, le cordelier Peretti, devenu pape sous le nom de Sixte V, envoyait un légat à Paris, et lui donnait une juridiction entière sur les laïques, dans presque tous les cas qui sont essentiellement de la juridiction royale. Ce légat était le cardinal Ccijetan, de la même maison que ce Boniface Vni dont la mémoire était encore si odieuse en France. Ses lettres de créance et les provisions de sa juridiction suprême furent enregistrées sans difficulté au parlement de Paris, le 20 février 1 590, à la requête du procureur-général.

l8o HISTOIRE DU PARLEMENT DE PARIS.

Dans le même temps la Sorbonne continuait à seconder cette démence, autant qu'il était en elle, (lo février) Elle déclarait sérieusement que le pape est en droit d'excommunier et de déposer les rois 5 qu'il n'était pas même permis de traiter avec Henri de Béarn, hérétique et relaps; que ceux qui le reconnaissaient pour roi étaient en pèche mortel; et elle assurait au nom de la sainte Trinité , « que quiconque osait parler de paix était « désobéissant à l'église, notre sainte mère, et en a devait être retranché comme un membre pourri « et gangrené. »

Le 5 mars, de la même année, le parlement fit publier un nouvel arrêt, par lequel il était défendu, sous peine de mort, d'avoir la moindre correspondance avec Henri IV , et ordonné de reconnaître le fantôme Charles X pour roi, et le duc de Mayenne, lieutenant-général de l'état royal, pour maître.

Henri IV répondait aux parlemens et à la Sorbonne en gagnant la bataille d'Ivri (i 4 mars 1 590). Le cardinal de Bourbon, Charles X, reconnu roi dans Paris et dans une partie de la France, mourut quelque temps après au château de Châtenai ' en Poitou (10 mai), où Henri IV l'avait fait transférer. La Ligue ne s'occupa qu'à faire élire un nouveau roi. L'intention de Philippe II était de

* * Au château de Fontenai-le-Comte , le 9 mai. (Clog.)

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