INTRODUCTION
Aux dernières années du dix-huitième siècle, le procureur général au Parlement de Paris, Armand Joly de Fleury, écrivait à Louis Riquet de Caraman, président à mortier au Parlement de Toulouse : c On oublie € trop le passé. Pourquoi n'a-t-on pas encore publié
< une histoire de votre Parlement ? A votre Cour, je
< connais des magistrats, comme MM. de Rességuier,
< de Cambon, d'Aguin, de Catellan, de Pibrac, d'Aigues-
< vives et d*Avisard qui pourraient retracer le récit € de tant d*événements si importants et si intéressants
< pour la province du Languedoc, et pour le royaume * tout entier. Dites-leur d'y travailler : la vieillesse ar- « rive vite ; c'est une voyageuse de nuit qui marche
< sans s'arrôter. Je voudrais bien lire un pareil livre « avant de mourir. ^
Ce vœu de Joly de Fleury ne fut pas entendu. A la veille de la Révolution, les Parlementaires, pressés de vivre et penchés vers l'avenir, se détournaient du passé et ne songeaient pas à remonter aux origines de leur existence. Cette histoire du Parlement de Toulouse avait souvent tenté mon courage ; mais, en mesurant mes forces au fardeau, j'ai longtemps hésité à m'engager sous les voûtes ruinées de ce vieux Palais de