VI INTRODUCTION
justice, autrefois rempli de tous les bruits de la vie, et qu'un chroniqueur du règne de Louis XIII comparait à une forêt vaste et sonore, tour à tour voilée d'une ombre recueillie et ébranlée par les tempêtes.
Rien n'a plus de charme, le poète Lucrèce l'a dit il y a bien des siècles, que de s'approcher des sources vierges et écartées où nulle lèvre humaine n'a puisé. Si, à certaines époques, il est imprudent de chercher la vérité et de la dire en face aux hommes vivants, on peut la laisser librement planer sur les siècles évanouis et les hommes couchés dans la tombe. J'ai voulu réveiller et ranimer aux clartés de la vie les Parlementaires de ce second et glorieux Parlement de France, ensevelis dans les plis de leur robe, et secouer la poussière qui couvre leurs traditions, leurs nobles travaux, leurs disputes sans cesse renaissantes, leurs triomphes et leurs défaites, leurs malheurs et leurs vertus.
Il y a, dans cette histoire, de grands et de tristes souvenirs. On sent courir, au travers des audiences, un large souffle de liberté et de patriotisme, et parfois un vent de violences, de révoltes et d'ardentes vanités. Ce Parlement était l'image même de la ville de Toulouse, avec la chaleur de son soleil, les mobilités de son climat, de ses tendresses et de ses haines, avec son sang prompt à s'enflammer et son amour des joies de l'esprit.
Parmi les grandes institutions de l'ancienne Toulouse, l'Église, le Parlement, le Capitoulat et l'Universté, le Parlement s'élève au-dessus de l'Université, du Capi-