‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 234 sur 295 · CH. XXVIII. — HENRI DE MONTMORENCY A TOULOUSE · texte numérisé non relu

CH. XXVIII. — HENRI DE MONTMORENCY A TOULOUSE

SOUS les yeux de la Cour une innombrable quantité de missels imprimés à Paris, à Bordeaux et à Lyon. Et la Cour ordonna Toraison ordinaire pour le roi, dans la célébration de la messe, et la suppression des missels et bréviaires d'où cette prière était bannie. Elle exhortait, en môme temps, les communautés et compagnies du ressort à redoubler de prières pour la conservation des jours d'un prince si magnanime et si grand.

Après la guerre des hommes, on fit la guerre aux loups. Dans le rude hiver de 1606, les loups entraient, par troupes, dans les faubourgs de Toulouse et se répandaient par les campagnes, où plus de cinq cents hommes, femmes et enfants furent dévorés, en trois mois. Aux loups succéda une irruption d'autres bètes sauvages qui ravageaient les champs et les villages. Par arrêt du Parlement, les seigneurs, les viguiers et les officiers appelés Luparii armèrent les communautés et donnèrent la chasse à ces rôdeurs terribles de la sénéchaussée toulousaine.

La ville et la sénéchaussée vont retrouver leurs jours de fêtes : le connétable de Montmorency et son fils, le jeune duc Henri de Montmorency, à qui le roi venait de donner le gouvernement de Languedoc par des lettres de survivance, s'acheminaient vers Toulouse. Le connétable écrivit au Parlement qu'il se disposait à installer son fils et à le faire asseoir, près de lui, à la Cour. Au Parlement, on discuta la question de la députation à envoyer à Montmorency : des parlementaires soutenaient qu'on ne lui devait rien, comme gouverneur ; on s'accorda à députer vers lui, c sans conséquence et à * raison de considérations importantes », le président

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Potier de la Terrasse et les conseillers de Mansencal et Guillaume de Catel. Tandis que les députés, les capitouls et les bourgeois de la ville allaient au-devant des deux Montmorency jusqu'à Carcassonne, les députés du Parlement s'arrêtèrent à Castelnaudary. De là, le cortège se remit en marche, à petites journées. A ime demi-lieue de Toulouse, le connétable, le nouveau gouverneur et le duc de Ventadour firent halte au lieu de TEspinet, où le premier président leur donna un festin magnifique. En sortant de table, le connétable, suivi du duc de Ventadour et de deux gentilshommes, se déroba et arriva à la tombée du jour, à Toulouse, par la porte Saint- Etienne, voulant ainsi laisser tous les honneurs d'une entrée solennelle à son fils, âgé de douze ans, et dont le vif et charmant visage reflétait la précoce élévation de Tâme.

Le 10 du mois de septembre 1606, et non du mois d'avril, ainsi que l'a dit Lafaille, cet enfant souriant, espé* rance et amour d'une des plus glorieuses maisons du royaume, fit son entrée, au soleil couchant, par la porte du Château, escorté d'une foule immense de seigneurs et de gentilshommes, au bruit du canon, de la mousqueterie et des acclamations du peuple. Quatre capitouls le complimentèrent, entre les deux portes, et firent avancer un dais,, sous lequel il refusa de marcher, en disant que cet honneur n'appartenait qu'au roi. Étant monté à cheval, il entra en ville, un capitoul à sa droite et un à sa gauche, et mit pied à terre sur le parvis de l'église Saint-Etienne, où le chancelier de cette église le reçut à la tété de ses chanoines vêtus de leurs surplis, et le conduisit à Tautel. On entonna le Te Deum^ et 4a céré*

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