CH. XXX. — RETRAITE ET MORT DES PARLEMENTAIRES
Pèdauque ou la reine au* pieds d'oie, femme d'un roi Wisigoth, aqueduc aux magni6ques arcades tombées en poussière et qui amenaient aux fontaines de Toulouse leH eaux des claires fontaines de Lardenne. II écrivit atissi un curieux traité sur l'empire romain et l'ancienne police des églises. Tl se préparait â publier un savant commentaire sur les Œuvres publiques dont Catel eut des fragments sous les yeux, lorsque la mort le surprit et dispersa, d'un coup d'aile, les pages de ce livre perdu pour nous. Son buste a été placé au Capitole, à la salle des Illustres. En souvenir des services du père et de la noblesse de la race, le Parlement laissa Jean de Bertier s'asseoir sur le siège de son père, bien qu'il n'eût pas atteint la quarantième année prescrite par leis ordonnances pour les fonctions de président.
L'avocat général Pierre de Caumels, du parti des politiques comme Saint-Félix, mais plus ferme et plus savant que lui, descend à son tour dans la tombe, et son collègue Pierre de Beloi le suit de près, affaibli, épuisé et vieilli avant l'âge. Jamais vie ne fut remplie de moins de jours et de plus de patients et féconds travaux ; il avait traversé la Ligue, sans se mêler à ses révoltes, toujours fidèle à son roi, se reposant des agitations de sonsiècle dans les doux travaux del'histoire et deslettres. D'un de ses commentaires sur un édit royal, publié aux années de la vieillesse, s'est exhalée une parole mélancolique qui ressemble à un reproche. En dédiant ce mémoire à Henri IV, il se plaint d'être trop éloigné du soleil royal et du Louvre, où c il y en a encore qui font € semblant d'ignorer les services rendus ». Il n'était pas seul à se plaindre de l'ingratitude du roi ; on sait que
puplessis-Mornaj et d'Aubigné en avaient murmuré avant lui. Mais son amour pour le roi de France l'emportait sur les désillusions et les regrets, et il se reprenait à rappeler encore : c Soleil aimable et gracieux, € ayant chassé toutes les ténèbres. > Henri IV sentit Taiguillon et le nomma premier président au Parlement de Bordeaux ; Pierre de Beloi n'eut pas le temps d'aller s'asseoir sur ce haut siège. La mort le surprit à Toulouse, où il fut enseveli dans sa robe d*avocat général. Son fils eut moins de bonheur que le tils du président de Bertier : trop jeune pour succéder à son père, il resta au barreau. Le conseiller Jean-Baptiste de Ciron hérita de cette charge d'avocat général et renoua, par un brillant anneau, la chaîne séculaire de Téloquence au parquet du Parlement. Les pertes se réparaient et les parlementaires, en se renouvelant, se transmettaient, de main en main, comme aux fêtes de la Grèce, le 'flambeau sacré de Tamour de la justice et de la patrie.