CHAP. XXX. — NICOLAS DE VERDUN, A PARIS 74I
La ville de Toulouse avait raison de le louer, en vers grecs, latins et français ; elle lui devait l'achèvement de son beau pont sur la Garonne, et l'arrivée au collège de l'Esquile de César Boulanger qui y prit la chaire du fameux Bardai, Etant encore premierprésident du Parlement de Toulouse, il assista au sacre de Louis XIII, dans la cathédrale de Reims, d'où il écrivit au Parlement une belle lettre sur cette magnifique cérémonie. C'était la troisième fois que les rois appelaient un premier président de Toulouse à la première présidence du Parlement de Paris, mais là, l'étoile de Nicolas de Verdun sembla pâlir, quoi qu'en ait dit le poète Théophile de Viau, dans sa € très humble requête », du fond de sa prison :
Paris est jaloux que Toulouse Ait eu devant lui tant d'honneur.
Les parlementaires confirmés dans leurs charges, à l'avènement de Louis XIII, étaient :
M. de Verdun, premier président ;
MM. de Paulo, de Lestang, Potier, de Saint-Félix, de Bertier, La Rocheflavin, de Chalvet, de Frézals, de Sevin et de Buisson, présidents ; conseillers, MM. d'Assézat, de Rudelle, Sabatier, Ambès, d'Ouvrier, de Forest, Melet, de Laporte, de Lacoste, Junius, Papus, Calmels, Bouret, Leconte, de Caulet, de Mansencal, de Catel, de Pins, Bertrand, Barthélémy, de Caimiels, de Cambolas, de Vesian, Vedelli, Maussac, Prohenques, Ségla, Dupin, d'Hautpoul, de Rességuier, Calvière, Nupces, Masnau, Roux, Nos, Chastanet, Olivier, de Rabaudy, Février, Bertrand jeune, Dufaur, Viguerie, Cadillac, Claret, Toupignon, de Cassand, de Boyer, Du-
busca, Balanguier, Gargas, Borderia, Josse, de Paulo, Lafont, de Bertier, de Ciron, Lenoir, Demaj, Agret, Druilhety Durand, de Catellan, Tiffaut, Boyssel, Fil- 1ères, Terlon, Tourreil, Bachelier, Benoit, Senaux, Pompignac, Lombrail. MM. de Caumels et de Beloi étaient avocats généraux, de Caminade, procureur générali Etienne Malenfant, greffier civil, et Dubourg, greffier criminel.
La retraite ou la mort emportèrent bien des magistrats. Mathieu de Chalvet, président des enquêtes, et le président de Saint-Félix, inclinant toujours vers le parti des politiques, Gaubert de Caminade, qui se démit de ses fonctions de procureur général, en faveur de Saint- Félix, neveu du président. Ce Gaubert de Caminade est celui que Pélisson a appelé l'illustre président de Cami" nade, déployant selon les événements, les maîtresses voiles de Téloquence, du génie des affaires et des belles lettres, grand ami du poète Maynard, qui a vanté son goût délicat et son esprit de bonne roche. C*est en parlant de lui que Maynard disait que les Toulousains s'étaient polis et que si Ronsard revenait au monde, il ne soutiendrait plus que l'éloquence n'avait jamais franchi les bords de la Loire. 11 est vrai que le président de Caminade envoyait, chaque année, à Maynard, le jour des étrennes, un beau livre richement relié.
Le président Philippe de Bertier attiré vers la solitude céda sa charge au conseiller Jean de Bertier son fils. Ses poèmes latins sur les reliques de l'église Saint-Sernin respirent une élégance qui fait souvenir de Virgile, et un vif amour de la religion et de la patrie. On a de lui de beaux vers sur l'aqueduc fameux, construit parla reiaè