‹ Histoire du Parlement de Toulouse (volume 2)Chapitre 52 sur 295 · CHAP. V. — MESURES PRISES PAR LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

CHAP. V. — MESURES PRISES PAR LE PARLEMENT

présents, selon le vieil usage : un veau, une pièce de vin clairet et des dragées.

Le tribunal de Tlnquisition, né de l'hérésie des Albigeois sous le comte Raymond V, composé de jacobins et de cordeliers, existait encore et abritait ses effrayantes sentences sous la protection du Parlement. C'est le moment où Gonzalve Molina, professeur de médecine en l'université, fut poursuivi comme hérétique et apostat par le grand vicaire de Tarchevôque et le grand inquisiteur, Gaillard de Perra. Il sut mourir à temps pour éviter le bûcher; il ne put empêcher son cadavre d'être brûlé au parvis Saint-Etienne. Le juge-niage ayant invoqué une lacune de la procédure pour ne pas présider à l'exécution, le Parlement le déclara simple exécuteur de la peine du feu et lui ordonna, ainsi qu'au viguier et à deux capitouls, sous peine de suspension de leurs charges, d'assister à l'exécution et de prêter main-forte aux inquisiteurs. On était arrivé alors à ces années troublées où l'Europe se coalisa contre le roi de France, après la perte de l'Italie. Le roi d'Espagne s'emparait de ta Navarre où régnait Jean d' Albret, jallié de Louis XII ; il attaquait le Béarn et menaçait les frontières françaises. La flotte anglaise se montrait sur les côtes de Guyenne et le Languedoc redoutant une invasion ne pouvait se défendre qu'avec ses propres forces, les armées se battant encore dans le Milanais, Les vacances du Parlement approchaient mais la province étant en danger, les parlementaires demandèrent au roi l'autorisation decontinuer à rendre la justice pendant les vacations. Laréponse du roi du i8 septembre i5i2, empreinte de bonté et de reconnaissance, leur fut la rançon de la harau-

gue altière du maître des requêtes Adam Fumée : «Nous

< vous prions disait le roi, que pour les vacations, vous « ne vouliez partir, ni laisser la dite Cour, mais toujours ^ servir et résider en icelle et vous employer en ce que « verrez et connaître être au bien de nos affaires, comme

< nous avons en vous entière fiance. >

Les châteaux et les places du Haut-Armagnac se trouvaient les plus exposés aux invasions de TEspagae. Le Parlement, approuvé par le roi, remplaça les commandants morts ou affaiblis par l'âge et pourvut de capitaines les forts de l'Armagnac et de la Lomagne et mit de nouveaux gouverneurs à Lourdes et A Auvillars. L'image de la patrie en danger alarmait et agitait les âmes : le Parlement établit, dans l'enceinte du palais, une chambre politique, destinée à surveiller les troupes espagnoles, à leur fermer les passages des Pyrénées et à donner des ordres de campagne, selon les événements. Les Parlementaires batailleurs et amoureux de bruit et d'aventures, composèrent cette chambre où un évêque eut aussi sa place ; c'était l'évéque de Monlauban. Les capitouls, le juge-mage, certains députés de la noblesse et du clergé etjes prieurs des collèges entrèrent, à leur tour, dans cette chambre politique.

On s'occupa de garnir d'armes et de munitions de guerre les principales maisons, sans toucher aux dépôts de l'arsenal et de l'hôtel de ville. Toulouse s'armait pour soutenir un siège. Le roi était pressé par la détresse au pomt d'emprunter les sommes d'argent déposées au greffe : une imposition de 20,000 livres fut ordonnée par arrêt et répartie sur tous les habitants, malgré les protestations des capitouls qui se plaignaient de cette

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