‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 178 sur 182 · CHAP. XXIV. — DISCOURS DU PRINCE DE BROGLIB · texte numérisé non relu

CHAP. XXIV. — DISCOURS DU PRINCE DE BROGLIB

rAssembléê. D'Esprémesnil voulut parler à son tour, mais ses paroles se perdirent dans les cris des opposants et des violents. Un député s'étant hasardé à demander la question préalable, la voix de Mirabeau se fit entendre ; « Je demande, dit-il, que le nom de ce député soit « connu et inscrit au procès-verbal. > Personne n*osa affronter la colère de Mirabeau, et l'Assemblée vota un décret, portant que les membres de la chambre des vacations de l'ancien Parlement de Toulouse et le procureur général seraient traduits devant le tribunal en voie d'organisation, destiné à juger les crimes de lèse-nation, sous l'accusation de rébellion et de forfaiture, et que le roi serait supplié de donner, sans délai, des ordres nécessaires à Tarrestation des coupables.

Le lendemain, le décret, ratifié par le roi, était transmis, par le secrétaire d'Etat, à la municipalité de Toulouse ; mais, la municipalité manquant de troupes, en fut réduite à demander aux membres de la chambre des vacations de prendre l'engagement de ne pas s'éloigner de Toulouse. A cette nouvelle, le prince de Broglie s'étant récrié contre les négligences et les faiblesses du ministère, l'Assemblée nationale en référa au roi, pour la prompte exécution de ses décisions.

Une troisième fois, le prince de Broglie, acharné contre les parlementaires de Toulouse, remonta à la tribune pour annoncer leur évasion et leur fuite en Espagne, et pour accuser le ministère d'avoir prêté la main à cet impunité. « Qu'ils aillent en Espagne, disait-il, calomnier « cette Constitution qui punit les parjures ; qu'ils tà- € chent de susciter, dans une nation notre alliée, des en € nemis à la patrie dont ils se sont rendus indignes ! Ce

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« n'est plus de leurs honteux et criminels projets que c j'ai à vous entretenir. > Et le prince raconta alors, qu'un des magistrats de Toulouse, le conseiller de Pérès, qui avait refusé de signer la protestation, était retenu pri" sonnier au Capitole, malgré son grand âge et ses souffrances, et que le président de Maniban n'était pas du nombre de ceux qui composaient la chambre des vacations, au moment de la protestation. Sur-le-champ, l'Assemblée ordonna lamise en liberté du conseiller dePérès, moyennant promesse de se représenter à la première réquisition, et défendit de mettre le président de Maniban en état d'arrestation. Tous les deux avaient affirmé, devant la municipalité de Toulouse, leurs sentiments de patriotisme.

On afficha les noms des fugitifs sur les murs de la ville, avec une proclamation injurieuse delà municipalité, œuvre du maire Rigaud. A l'honneur des avocats Bragouse, Gary et Malpel, officiers municipaux, il faut se hâter de dire qu'ils refusèrent de signer le placard, dont la violence insultait au malheur du Parlement. C'est le tribunal révolutionnaire qui allait se charger du châtiment des parlementaires.

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