‹ Histoire du Parlement de ToulouseChapitre 37 sur 182 · CHAP. VI. — GUILLAUME DE CATEL · texte numérisé non relu

CHAP. VI. — GUILLAUME DE CATEL

lui enseigna Tart d* écrire Thistoire et les chroniques. En rentrant à Toulouse, Guillaume de Catel hérita de la charge de son père et se lia avec Roaldès, savant en droit civil et en droit canon. Il fit deux parts dans sa vie, Tétude du droit et des lettres. Au sortir des audiences, il cherchait ce repos qui n*énerve pas et qui détend Tesprit sans Taffaiblir ; il se créait une solitude, au fond de son jardin. Sa femme, Françoise de Séguier, lui reprochait de la délaisser, et disait, en grondant, que dans sa famille, un de ses aïeux, Jean de Séguier^ con« seiJler au Parlement de Toulouse, au quinzième siècle, mettait, au contraire, sa femme et ses enfants bien au* dessus de ses livres. Par son père, sénéchal du Quercy, elle venait de la maîtresse branche des Séguier, du Parlement de Paris.

Ces reproches ne troublaient guère Guillaume de Catel qui écrivait l'histoire des comtes de Toulouse dédiée au duc de Montmorency et dont la publication eut lieu en 1623. Il répandit la lumière dans ce chaos d'annales, de chartes et de légendes, et il se préparait à faire imprimer ses mémoires sur Thistoire du Languedoc, lorsque la mort le surprit à Tâge de soixantesix ans. Ces mémoires ne virent le jour qu'en i633. Les bénédictins en ont dit que, grâce à cette œuvre précieuse et consciencieuse, la vérité des faits s'appuya pour la première fois sur l'autorité des anciens titres exhumés de leurs ténèbres. Catel, a été aussi, placé par le président Hénault, parmi les hommes célèbres du dixseptième siècle ; on sait qu'il fut conseiller rapporteur dans le procès de Vanini.

Il a été enseveli au cloître Saint-Étienne, dans la cha-

pelle de Sainte-Madeleine que le peuple appelait la cha* pelle Catel de la Campane, b&tie par ses ancêtres et enrichie par eux. Ses deux filles, dont Tune épousa le conseiller Philippe de Bertier, et l'autre le conseiller de Puymaurin, firent graver sur sa tombe une épitaphe dé^ gradée par le temps, mutilée par la Révolution et dont les débris ont été transportés au musée de Toulouse. On 7 peut lire encore quelques mots qui célèbrent son amour du juste et sa charité, et qui rappellent lumière de la patrie, lumen patriœ.

Entre la mort de Catel et celle de La Rocheflavin, quelques mois s*étaient à peine écoulés. Il semblait que les années, en passant sur la tête du vieux président des requêtes, n'avaient puni la blanchir, ni la courber. Rien ne refroidissait l'ardeur de cet ouvrier des dernières heures qui travaillait, sans relâche, avec l'entrain de la jeunesse. La mort le surprit au milieu de ses livres, à Tâge de quatre-vingts ans, à côté de sa femme, Alice de Begou, née en Auvergne et tante de Pascal. On creusa sa tombe dans Téglise des grands cordeliers, à côté de celle de Duranti.

Le conseiller François de Caumels venait aussi de mourir. Les enquêtes ayant demandé que sa place fût remplie par un conseiller de la Tournelle, le président de Caminade, en l'absence du premier président, leur répondit que l'usage étant de ne pourvoira ces vacances qu'au lendemain de la Saint-Martin, on aurait le temps d'y songer. Les enquêtes insistèrent et réclamèrent, à grand bruit, l'assemblée de toutes les chambres, pour en délibérer ; le président de Cambolas alla jusqu'à s'écrier, que les enquêtes étaient déterminées à interrompre 1q

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