‹ Histoire du passage des AlpesChapitre 23 sur 48 · C.-^oo 6^55o 1 4,600 0,000 o,5uo · texte numérisé non relu

C.-^oo 6^55o 1 4,600 0,000 o,5uo

7,000 1,000 5,3oo 3,5oo 2,aoo

MILLE9

romain*

et dé-

cinurles.

6,oS

iàt^

Ce nombre de 97 milles est bien rapproché des 1 00 milles de Polybe , puisqu'il n'en diffère que de trois milles. Cette distancé seroit moindre diaprés les itinéraires romains^ puisqu'ils ne comptent que 92 milles et demis depuis risère jusqu'à Laçîscoy qui doit Otre Chei^elu , village situé à une lieue et de-

DU Passage des alpes. 8t

mie au-delà de Yenne» sur la route de Cbam-

L'itinéraire de M. t)utens (i) ti^après Toxlomètre, marque depuis le passage de l'Isère jusqu'à la Tour-du-Pin^. 75 milles anglois^ qui font 82 milles romains -, tandis que les mesures prises sur la grande carlC' de France, ne nous ont donné jusqu'à cette petite ville, 4jue 75 milles romains. Le rapport de 75 à 8:2, est comme il à 12% Nous voyons que les distances données par Todomètre fixé aux roues d'une voiture , sont plus grandes que celles qui résultent des mesures prises sur une carte avec le compas. Une voiture est souvent obligée de faire de petits détoiHPS pour éviter un mauvais pas ou un char qu'elle rencontre sur la route , les montées et les descentes allongent aussi les distances^

Nous avons suivi les bords du Rhône jus* qu'à Vienne; mais quoique Polybe nous dise qu'Annibal marcha le long dc'ce fleuve.jus-»-^ qu'à la montée des Alpes , nous ne pouvons pas supposer que ses guides lui firent suivra tous se^ détours; ils lui firent éviter nécessairement le grand coude que le Rbune fait

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(i) Ediûoiid« 1793»

à Lyon, et celui qu*il fait dix lieuesplus haut; pour rejoindre les bords de ce fleuve à St.- Genis^d^Aouste , ainsi qu'à Yenne.

L'auteur de la Dissertation sur le passage d'Afinibal y ayant pris , depuis St*-Genisd'Aouste, la route le long du Rhône par la Balme^ pour arriver à Yenne, remarqua que près de ce village, le Rhône se trouvoit pressé entre deux rochers élevés qui continuent ainsi presque jusqu'à Yenne ; et quoique le chemin soit à présent très-praticable, parce <iu'il a été élargi en faisant sauter le rocher avec de la popdre, il auroit été absolument impossible à'y passer dans les temps anciens. Il falloit donc qu'il y eut une autre route , et en effet il y en a une qui passe pai^ le village de St^-Maurice derrière la colline qui borde le Rhône. Cette route est mainte^ nant peu fréquentée à cause des collines qu elle traverse ; c'est par là que passoit la voie romaine c^^ui laissoit Yenne sur la gauche pour tourner sur Las>i$ço ou Chei>elu. Lorsque les Autrichiens entrèrent en France par la Savoie en 1 8 1 5 , ils furent obligés de prendre cette route, parce que les François commandoient l'autre depuis la forteresse de Pierre -Chatel située vis-à-vis Sut la rive droite du Rhône.

bt) IPÀSàiGfe DES ALJPÉSi 8S

Se tae suis arrêté à la petite ville de Yetine, Iparce que les 1 7 5 milles depuis le passage 4u Rhôae et les 1 00 milles depuis celui de flsère i sont â peu près épuisés ; parce que c'est À Yenne que la voie romaine quittoit les bords du Rbâne pour i)K)nter la première lisière des Alpes , et pttrce que c'est depuis cette petite ville que la plus ancienne route du pays ( la ihéme que la voie romaine ) , quitte le Rhône pour traverser ce premiei^ rang des Alpes, qui semblable à une haute kntiraille^ barroit cette partie de rAUobrogie iqu'on appeloit Tlsle*

Avant que je susse que la route dont noué venons de donner l'itinéraire, ^ût une voie lH)ma}ne , et en même temps la plus ancienne route du pays, j*avois^ diaprés l'inspectioil de la grande carte de France , où les plus petites inégalités de terrain sont dessinées $ î'avois , dis-je ^ supposé que c'étoit celle qu^Annibal avoit suivie , et qu'il l^e pouvoif s'êtrç éparté des bords du Rhône qii'à Vienne^ îparce qu'en l^s, quittant plus tôtj il auroilj tn plusieurs coUh^s à traverser ^ sau lieu qu'en passant par Èourgo^ et par Aousie , H etpit constamment dans un pays plat, sans Rencontrer un^ Sjeule eplline $ur son chemin^

Si HISTOIRE

Cela s'accordoit d'aîUeiirs avec Polybe , qui nous dit que depuis le lieu où les Allobroges fournirent à Taruiée carthaginoise des provisions et des vêtemens, jusqu'à Fentrée des Alpes, ellle traversa un pays plat. Mais je senlois que pour être toujours d'accord avec le même auteur, qui est notre seul guide, il étoit absolument nécessaire qu'Anniba!

rejoignît le Rhône avant d'entrer dans les Alpes. Je ne pouvoîs donc adopter l'opinion du général Mel ville , qui ne connoîssant pas la grande route qui passe à Yénne et à Chevelu , crpyoit qu'Annibal avoit quitté les bords du Rhône à St.^Ramhert^ pour passer de là aiix Ecljolïes sans rejoindre le Rhdne. Il crbyoit aussi que les 800 stades dévoient fee compter depuis le passage du Rhône , et se terminer à St.-Rambert ; mais j'ai fait voir que c'étoit une erreur , car les 800 slades, suivant Polybe, se terminent à la montée des Alpes , là où l'armée fut exposée à de très-grands dangers par l'attaque des Allobroges. Il est clair que la marche de 800 stades se fit dans le pays appelé l'Isle, et comme nous savons où elle se termina, nous ' pouvons trouver facilement où elle commença en faisant un compte rétrograde, ce compte nous amène au passage de Tlsère.

Cefut probablement près de Vienne qu'Annîbal trouva deux frères campes l'un devant l'autre ', et prêts à décider, par une bataille, lequel des deux gouverneroiL Ces deujç frères étoient sans doute les plus grands piinces des AUobroges^ et possédpient un pays étendu , puisque Poïybe donne aux autres chefs de cette nation Tépithète d'inférieurs j ou de subalternes.

Quoique d'après les expression^ de Pplybe, il sembleroit qu'Annibal rencontra les deux; frères le premier jour de son arrivée dans risle , cependant comme cette rencontre dut se faire près de l'endroit où Tainé fouirnit l'armée de vivres, d'armes et 4^ vête- . mens, et que cet endroit ne pouvoit être que la ville principale du pays , je croîrois que cet incident n'eut lieu que trois jours après le passage de l'Isère , lorsque l'armée s'approcha de Vienne (i).

Pline appelle cette ville Vienna Allobror gum , et Ptolémëe Caput Allobrogum. Selon Strabon , les plus considérables d'entre les

(i) Dans celte sapposition le Prince aîné n*anroît escorté rarmée carthaginoise qoe pendant la moitié de la marche de 800 stades*

86 HISTOIIUB

Âllobrogès , en se rassemblant dans ce lieo comme le principal, avoient forme une ville, le reste de la nation étant dispersé dans les villages (i). U falloit que dans le temps de Texpédition d'Annibal, Vienne fàt déjà un<î ville considérable et que le pays fût trèspeuplé , puisque les Allobrogès furent en état de fournir k une armée de 46 mille hommes,^ toutesles choses dontelle avoit besoin. Vienne devint ensuite une des villes les plus belles et les plus opulentes ^e la Gaule narbon-> noise. Sa situation est très-forte , étant placée au sommet 4*un angle formé par le Rhône , et entourée de hauteurs qui la protègent^ Ses antiquités romaines sont nombreuses , oii y voit un amphithéâtre, un arc de triomphe et un temple qui ressemble à la Inaison car* rée de Nismes. L'ancienne ville étoit beàu-^ coup plus considérable que la ville moderne; elle s'étendoit sur la rive occidentale du fleuve , avec un pont pour réunir les deux rives , mais ce pont est maintenant détruit»

Jean Chorier qui a écrit sur les antiquités

(i) Noti<i« de Vancieue G^ale» «rlide Fiemma^, p. 7<^'

de Vienne ; dit : « Les Gaulois dont les ÂUo^ » broges étoient une illustre partie , o»t » paru souvent avec honneur dans les ar- » niées des Carthaginois, toujours campo* y sées d'étrangers. Ânnibal et son frère y Asdrubal ayant pris leur route par l'Al-^ p lobrogie pour pa^er en Italie , y firent de » nouvelles levées^ Ils grossirent leurs arp mées , et peut-être laissèrent dans Vîetine, » qui étoit la métropole de ce peuple.^ queU » ques-uns de leurs capitaines^ pour maintiaf » nir par leur présence la bonne intelligeôce » de cette nation avec la leur. Ge pays étoit » si connu des Garthaginois du temps mém^ » d'Alexandre, que le nom de Rhône fut 9 imposé par e^x à Amilcar pouf gratifier » notre nation. i»

Aujourd'hui, le Viennois est un pays fertile^ abondant en vins, en fruits, en grains et chanvre. En outre , on y remarque un nombre prodigieux de petites villes et vil^ lages. Ges deux circonstances s'accordent exactement avec les expressions de Polybe^ d'un. pays pâu.plé et fertile en blé (i^

On doit être frappé jusqu'ici dé l'exaêtî-f

(i) En pftjrtiçnUer la côto de St,«Aiidré.

tude de Polybe, tant sur les localités que sur les distances. On a vu que sur une distance de 300 milles , nous n'avions trouvé qu'une différence de 6 milles en sus; et sur celle de 175 milles, nous avons trouvé une' différence de 4 milles en moins. En sorte que sur la distance totale depuis Âmpurias jusqu'à Yenne , la coïncidence est parfaite.

L'accord sur la distance de 1 7 5 miUes le long du Rhc^ne, est d'autant plus surprenant, que, du temps de Polybe, elle n'a voit point encore été mesurée par les Romains, comme celle depuis Emporium jusqu'au Rhône ; car nous avons vu dans la notice sur les voies romaines que la plus ancienne que les: Ron^ains eussent entreprise dans l'Allobrogie, étoit la Via Domitia, faite par le consul Domitius Enobarbus, Fan de Rome 63 1 , époque de la mort de Polybe , qui mourut à Fage de 82 ans. Q falloit donc que Polybe eût acquis la connoissance de cette distance lorsqu'il voyagea lui-même sur cette route, et cela d*une manière très-exacte, car il est à remarquer qu'en parlant de cette distance de 1 4oo stades y ainsi que de celle de 800 stades qui en faisoît partie , il ne se sert point 9 comm& en d'autres occasions, du

mot (fnt^iron ou à peu près , mais il dît simplement que les distances étoient telles.

Le journal que nous avons commencé à Tarrivée d'Annibal sur les bords du Rhône ; est aussi une donnée fournie par le récit de Folybe , qui , par sa conformité avec les distances et les localités , nous est un guide certain pour découvrir la route que suivit l'armée carthaginoise.

Nous allons continuer ce journal.

Le 9.® jour (4 octobre) , départ d'Annîbal avec sa cavalerie et ses éléphans, pour remonter le long du Rhône.

Le II.® jour, au soir, le Consul romain arrive au passage du Rhône, trois jours après le départ d'Annibal.

Le 1 2.® jour (7 octobre) , Annibal arrive sur le bord de l'Isère (i).

Le 1 5*® jour, toute l'armée arrive à Vienne. Cette ville étant à 43 milles de PIsère , il fallut au moins trois jours pour que l'armée y arrivât.

(1) Il faat se rappeler qoe l'infanterie avoit eu deux jours de plus que la cavalerie pour accomplir sa marche depuis le passage du Rhône ^ et qu'elle n'avoit fait ainsi que id milles par jour*

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