CHAPITRE XV
Séjour de t armée dans la vallée d!Aoste. — ^- Route qu'elle suivit jusque sur les bords du Tésin, — Remarques sur les hostilUés avec les Taurini , et sur le lieu oîi la ha^ taille du Tésin se donna- — Conclusioum
JLj^état de délabrement et de foiblesse at^ quel rarmée carthaginoise étoit réduite après. le passage des Alpes » nécessita un repos de dix à douze |ours dansi k vallée d'Aoste eè dans les environs dlvrée.
Cette vallée est très-grande et très-fertile ; comme elle participe déjà de la température chaude des plaines du Piémont, la végétation y est plus précoce que de Fautre côté des Alpes. Ce fut pour les Carlhaginoîs une terre d'abondance comparée avec les montagnes qu'ils venoient de traverser; ils y trouvèrent tout ce qui étoit nécessaire pour alimenter une armée qui étoit encore composée de 26 mille hommes. Nous avons vu que ce fut probablement le premier No-
▼embre que Vanaée s'arrêta pour se reposer ; dans r^tat d'épuUement où ëtoîent les hotnlues et les chevaux^ ce n'est pas trop d?assigner dix )Ours pour ce repos. L'anaeese fteroit donc remise en marche le 1 1 noveinl»re«
Sachant ^e les Tutirùu faîsoient la guerre aux InsubreSy ses futurs allies 5 Annibal proposa^ aux premiers de se liguer avec lui contre les Romains} nnais comme ils s'y refusèrenta^ il fut obligé de quitter ia route de Milan^ capitale de Tinsubrie, |iour aDer s emparer de Turin ^ ville principale des Taurmî. Les meilleurs auteurs croient que la rivière Orco qui se jette dans |e Pô i Chivasso , séparoit les Taurini (nation ligurienne) des Gaulois.
Les Taurini ayant été la première nation Avec laquelle Ânnibai eut un démêlé à son arrivée en Italie^ les tins ont cru y avec Tite^ Live , que Tannée cartha^noise avoit passé par le Mont-Genèvre , et les autres par le Moni:-Cenis ou quelqu'autre passage voisin de l'un ou Pautre, parce que ces passages viennent aboutir directement i Turia. Mais le passage du Petit Saint-Bernard peut égnleiaeiit aboutir à cette ville» car lorsqu'on est arrivé à Yvrée , après être sorti de la vallée d'Aoste ^ on peut jprendre la route de
Turin comme celle de Milaa* D'ailleurs Polybe avoit eu soin de nous dire qu'après le passage des Alpes, Annibal étoit descendit chez la nation des Insubres ; ainsi donc les Taurini ue furent que le second peuple sur le territoire duquel ce général entra , et si ce peuple avoit accepté l'alliance proposée , Annibal auroit pris directement la route de Milan; mais il fut obligé de soumettre les Taurini par la force des armes , pour ne pas laisser derrière lui un peuple ennemi.
Cette expédition , qui étpit accidentelle p dut relarder de six jours son arrivée sur les bords du Tésin. Elle lui fut cependant fort utile , car son succès répandît une telle terreur chez les peuples du voisinage^: qu'ils vinrent tous faire leur soumission : de ce nombre ' furent les habitans de la Ligurie*
Si Annibal avoit traversé le Mont-Cenis ou le ^lont-Genèvre , il seroit arrivé à Turin au bout d^s quatre ou cinq ^ours qu'il nut à descendre les Alpes, en supposant même que son avant-garde n'eût fait que quatre lieues 'f^r jour. Son armée se seroit donc trouvée sur le territoire des Taurini, Ces amis des Romains n'auroient pas manqué d'attaquer l'armée jivant qu'elle eût. le témp^
de ide rétablir . 4es fatigues qu'elle. avoit ^soufferte^ dans le. passage de^s Alpe». Noiis Toj^ons cependant qu'elle ne fut nuUementdniqfiirétée pendant les dix ou :doaze: jours qu'il toi fallut pouT) se remettre de Fëtat de foiblës^ « t . de délabrement . auquel elte ë toi t réduite^ ; et ce ne fut qu'après: ce temps qq'AnnIbal invita les Taurini à iii^e alliance : il n'étoit pas par conséquent : sur leur territoire > et s*il s'écarta de sa route directe pour s'emparer de leur ville, ce fut par prudence c*t non par . nécessité.
Combien la position de Farméé carthaginoise étoit plus favorable au besoin qu'elle avoit de repos, lorsqu'elle étoit dans la grande vallée d'Ao&te ; éloignée de tout ennemi ; et pouvant consacrer à se remettre de ses fatigues , tout le temps nécessaire ^ sans ^tre exposée à aucune attaque.
Après s'être emparé de Turiii , Annibil reprit la route de Milan ^ en passant pai* les villes de Chwasso , Verctlli et Nos^ara j et vers le 25 novembre, il anriva sur les- bords du Tésin , qu'il traversa pour entrer dans rinsubrie propirement dite. Il avoit fait une marché d'environ 76 milles dippuîs 'Turin.
Dans ce même temps, le consul romàtn
22ft aiSTOIEE
Poblhia Scîi»on^^m avoit débarqué à Pîse^ ft pris la route de Modine et de Parme ^ avoit tiaveraé le Bd à Plaisance et s'étoît avanoé jusqu'aux envirans de Pavie. Il avoit fiût jeter un pout sur le Tésin dans le des* sein de le traverser ; maïs apprenant sans doute que rarmée cartha^noise avoit déjà passé cette rivière siur la route de Novare à Milan , il resta sur la rive gauche.
Annibalyde son<:dté, recevant la nouvéDe que PubUus ^t^it à peu de distance » faarsuïgua ses sofcbte pour leur faire comprendre .la nécessité absolue où ils ^toient de remporter la victoire.
Le surlendemain , les deux généraux s'avancèrent le long de la rive gauche du Tésin; le 2j^ novembre, ils campèrent à peu de distance Tun de Pautre, à qt^lques milles au-dessus de Pavie , probablement aux eur virons de Casai Ccddermra.
La. bataille se donna le lendemain; elle fut suivie de la retraite précipitée du consul, qui se hâta de repasser le Pô à Plaisance (i) :
(i) C'est Tiie-LÎTeqtti nomme Plaînaiice} Potjbe ne nomme aucun endroit.
AonSial le poursuivit jusqu'au pont ^ «pi'il trouva coupé , et fit prisouniers euviron six oents hommes que le générai romain avi»it< postés à la tète du pont pour^ favoriser sa retraite» •
Polybe, toujours exact dans sa description des localités, nous indique d'une ma* nière précise la rive du Tésin sur laquelle la bataille se donna; ce fut sur le bord de cette rivière qui regarde les Alpes ott le nord : les Romains avoieiit la rivière à leur gauche, et les Carthaginois à leur droite. Le cours du Tésin se dirigeant du nord-ouest au sudest, et aux environs de Pa vie étant même de Fouest à Test ^ il est évident que le bordî qui r^arde les Alpes est la rive gauche. Si les Romains avoient traversé le Tésin , ils auroient eu, au moment de la bataille, celte rivière à leur droite, et non pas à leur gauche.
Cependant, quoique la chose soit claire comme le jour, le chevalier de Folard, auteur d'un commentaire sur l'histoire de Polybe , place la bataille sur la rive droite , et le pont que Publius traversa sur le Pô dans sa retraite , il le place sur le Tésin. '
' « Après le combat du Tésin , dit M. de ^
23o HîSTOlèE
M Folard (i), Scîpion ne pense qa'à- lâ fè^ »' traité; il passe ce fleuve au plus vite, plie >» son pont et ne pense pas^ qu'il laisse six
» cents hommes au-delà. Le Carthaginois » arrive sur ces entrefaits et les fait prison-^ n niers; il entre dans le pays des InsubjdieAs ».qui se déclarent ouvertement contre j Je k >>, ïVomains, et joignent leur^î forcés k eellèâ >\ d'^unibal — Après cette, rétraite: , qui a » » tout l'air d'une f)ait;e précipitée^ . Scipiont ^ » non content d'avoir «abandonné Je Tésin-y ». repasse enc^r^ le Pô pour r^bandanneT' >) ; coniirtie le Tésin,- lorsqu'il étdit en po«Vod^ » de le; défendre. ^> * ; - : /. , *
On i;^ conçoit :pa> po^mmeptlé rf^ey^lier de Çolârd ? mestre-de-rcarttp d*infai>terie , ,9t pi} faire une,, telle njiéprifiie» Le pont queiDtir, hl;iuâ^^ Scipi(m traversa ,d£|ns ,s^, ^etr$tit^ était sur le Pô., il en fit.efilevjér. le^ Ifl^n^hB^:^ çt c'est à la tête de ce pont suj! le Pô, qy'il a^oit. poste six, cents. hopame^ pourpi:oléger ^ retraite. ; ., •. ;. ,
Mais eejtte inadverti^nce , de M. de Folar^ CQ^se de, nous ^surprendre,, lorsque nous;li|i
(i) Histoire de Poljbe, Iroduite du grec par Dom Vincent Tliuîllîer, avec un commentaire' par M. dft Folard^ etc., lom. IV^ p. j3. Amsterdam, 1729.
DU PASSAGE DES ALPE& 23i
voyons abaâdoiUier la route que l'auteur qu'il commebte lui traçoit depuis le passage de Hsère , pour prendre celle de Tite-Ltve, un des auteurs les plus inexacts , et dont les idées ëtoient très- confuses en géographie, lorsqu'il nous dit que les 800 stades qu'Anrïibal parcourut le long du Rhône depuis l'embouchure de l'Isère dans ce fleuve., sotjS une imagination , une faute des copistes ^ dont Polyhe se moqueroit s'il mettait le» tête hors de son'tctmbeau (r), Cetiè iharclie de 800 stades est cependant celle qui nous a servi à tfotivèp d'une manière si sûre et si ihrîdente» le défilé par lèqifêl Annibalavoit pé* nétré dans les Alpes*
On doit regretter que Polybe, l'auteur le iplus exa<^, le plus éclairé et* le plus scru- ]pùleux , ait eu pour commentateur uh «au^ teur aussi' peu exact et auési inatteiiti quj^ ' le chevalier de ï'olard, qui) au lieu de suivre lé texte de Polybe,-ne suivant souvent ^rift son îhfiagfniition. • * »
' Quelque temps âpres la publication *dé «Fa première édition de cet ouvtage , on me fit
(I.)lbid. p. J^^ ' ., ,
23z IHSTOiœ
conniritre V Histoire des campagnes tPÀtmibal en Italie » par le g^éral Frédéric GuiUaume (Milan, 18 lâ). Je profitai de cette connoi^ sance pour adresser une seconde lettre aux ré* dacteurs de la Bibliothèque Universelle, por^ tant la date du 12 août 1819* Je transcrirai ici cette lettre , quoiqu'on y trouve à-«peo« près les mêmes raisonnemens que j'ai em:ployés contre le chevalier de Folard^ sur le lieu où se donna la bataille du Téski.
Le général Guillaume suppose que le conr sut Scipion ayant £ût jeter un poi^ sur le l^sin, y fit passer son armée ; qiie de son côté Annibal s'avança de Novare, en descendant le Tésin par la rive droite, ensorte ^e dans cette position respective , les Ro^ <mains ayoient la rivière à leur droite et les .Carthaginois l'avoient à leur gauche. Cette position des deux armées est absolument cxfot^ traire à celle que décrit Polybe. H ne dit point, comme le général Guillaume le croit 9 que le consul traversa le Tésin , il dit simple"ment qvLeScipùmçoatant passer le Tésin, anoit ordonné à des gens experts de jeter unpontsur cette riçière. Et la preuve qu'il ne le traversa pas, c'est quePolybe ajoute que le lendemain les deux généraux s'avancèrent le long de la
riye.da Tésin qui regarde lés Alpe»f les IW> mains ayant la rivière à leur gauche et les Casthaginois l'ayant à leur drmte. Il est vrai ipie le: gënëral Guillaume regarde ce :qne dit/ici Polybe comme une erreur évidente ^ c'est-^à-dire 9 que Polybe , auteur éminem* ment exacte et très*habîle dans Tart mili* taire , auroit commis Terreur la plus grossie sur la position des deux armées. On voit clairement que Farmëe romaine étoit encoure sur la rive gauche du Tésin lorsqu'elle eut avis de Taf^roche de Varmëe d'Ànnibal ; celle-ci avoit donc déjà traversé cette rivièjre entre Novare et Milan pour se léunlr aux Insuhres qui étoient alors' en gueirre avec les Romains» et qui dévoient être les plus puissans alliés des Carthaginois. Au moment de la bataifle, le$ Bomain^ avoknt nécessairement , ccumne le dit Polybe » le Tésin à leur gauche et les Cartha^nois IV voient à leur droite > ce qui fixe l'emplacement de la bataille un peu au-dessus de Pavie, sur la route de Bdibn»
Lorsque Scipion fit jeter un pont sur le Tésin , il ignorqit probablement qu'Annibal avoit déjà traversé cette rivière^ ou s'il le savoit , il vouloit être maître des deux rives
234 mSTOlRB
au cas qu*il vint à remporter la victoires Après le combat de cavalerie , qui fut à Tavantage des Carthaginois, il n'est plus question du Tésin , le Cionsul romain se hâta de traverser les plaines pour gagner le pont du Pô et le faire passer à son armée. Ces plaines sont évidemmeut celles qui s'étendent à l'orient àe Pavie.
Tite-Live dit que le consul Scîpî<m étant îvehu à Maisânce,. €t ayant passé le Pd> avoit transporté son camp jusqu'au Té^n ; que les Romains jetèrent un pont $ur cet|e rivière , que le pont étant achevé , Ifantiée pa^sa dans le pays des Insubres , et vitût se poster à cinq mille pas de Vicïumviœ ; qu'après la bataille , le consul ayant levé son camp sdr le Tésin \ se hâta de marcher vers le Pô-, afin de le faire traverser à ses troupes, qu'efiiln l^àrmlée romaine arriva à Plaisance avant 'ifû'Annibal sût avec certitude qu'dlè a voit, quitté le Tésin (i)*
De quelque manière que Vén reteurhe ce que dit Tite-Iive , iï est absolument inintelligible. En traversant le Pô à Plaisance , i'armée rorriaine entroit dans le pays des In-
« U I iiw .ij >ii tiifciiw ^
(i) Livre XXI, chap. 39, 45. 47.
i$ûbres , puiàqde ce peuple hâbitoit le Mila-» liais, et que linsubrie ëtoit située entre l'Àdda et ie Tésin. Si Tarmée avait traversé le Tësin, elle seroit sortie cfe Tlnsubrie, bien loîn ày entrer, ^coinme le suppose Tite* Live.
Après- Iff dombat de cavalerie, le consul romain quitte son oampemcrit sur le Tésin , le même qu'il avoît eu après avoir traversé le Pô la première ' fois , et retourne passer le fleuve à l^laisance. Tite-Live ne dit point que le consul rètraversa le Tésin*, ce que ce général abroit dû faire pour occuper de nou^'1eau son campement isur la rive gauche de cette rivière, et pour gagner le pont sur Je Pô.
i II y a donc ici une telle confusion , qu'il est impossible de la débrouiller. Il faut supposerque , par ignorance des localités, Tite- Live avoit cru que Tarmée romaine avoit traversé le Tésin , sans s'apercevoir qu'il tomboit par-là dans des contradictions dont on ne peut se tij^er. La phrase qui cause toute cette confusion et qui ne se trouve poÎTit dans Polybe , est celle-ci : Ponte per-- Jecto , traductus Romanus exercitus in agrum Insubrium^ quinque mil lia passuum a ViC"
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Utmviis consedit. Sans cette phrase;^ la dhose seroit claire comme elle Pest dans Tauteur grec : Tarmëe romaine auroit campé smr la rive gauche du Té4n» avant et i^rès la bataille , et le Pô seroit le seul fleuve qu'elle auroit traversé.
C'est sans doute la même phrase qui a trompé quelques auteurs, tels que le che* vaBer Folard, le général Guillaume, et le baron Rogpiiat (i), et qui leur a fait croire que l'armée romame avoit traversé le Tésin.
En général j'ai remarqué, dans le petit nombre de chapitres de Iite-Live que j'ai eu occasion de comparer avec ceux de Polybe, que toutes les fois que le premier au- teur, en copiant le second, y ajoutoit ou y changeoit quelque chose, il se mettmt en contradiction avec lui-même , ou il en résultoit quelque absurdité.
COKCLUSIOK.
Toutes les preuves que nous venons de rassembler successivement équivalent à une
(i) Yo^ei ses Considérations mr taH de laguênw^ Paris 1817. Note 17, pages 573-^579.
liëmonstration rigoureuse. Nous /devons être convaincus maintenant que nous avons découvert dans toute son étendue et dans chacune de ses parties , la route que suivit Aimibal depuis Carthagène jusqu'au Tésin.
C'est eu suivant le texte de Polybe avec le plu^ grand scrupule , et sans nous per-* mettre la plus légèrcf déviation du sens littéral, que nous sommes pai^enus à un résultat kussi i^tisfaisant. Nous avons suivi cet auteur avec une confiance d'autant plus complète dans la vérité et l'exactitude, de ce qu'il nous raconte 9 qu'il najus avoit dit au chapitre 4^, cité dans Pintrodaction : Je parle de toutes ces choses açec assurance ^ I car elles m^cnt été racontées par ceux qui çii^cient dans le temps ; fai. çisité les lieux moi-même , et j*ai fait le poyage au traders des Alpes pour les iH}ir et pour les connottre.
D'ailleurs le récit de Polybe porte en luimême les preuves de la vérité ; tout y est clair 9 précis , naturel , tout . est conforme à la position des lieux; les distances s'accordent parfaitement avec les itinéraires romains et avec ks mesures prises sur les meilleures cartes ou par les voyageurs. Le journal qu'il nous donne s'accorde aussi avec les distan-
238 HISTOmS DU PASSAGE DES ALPES.
ces et avec 4'espace qu'une armée nombreuse peut parcourir chaque jour dans une longue marche. On ne peut donc &*erapêcher de re^ connoitre que Polybe est le seul auteur ori^ ginal, le seul qui dût nous servir de guide dans les recherches que nous venons de terminer.
Cest ainsi que cessent les incertitudes tpd duroient depuis le temps de Tite-Live, c^està-dire, depuis dix-neuf siècles, sur la route qu'Ànnibal avoit suivie pour traverser les Alpes.
Mais notre travail lUe seroit pas complet si nous ne réfutions pas les opinions des auteurs qui nous ont précédé, et «i particulier celle de Tite-Lîve , qui "a été Tori-^ gine de toutes les incertitudes qUe nous venons de dissiper. Cette réfutation fera le sujet du second livre de cet ouvrage.
DU