‹ Histoire du passage des AlpesChapitre 48 sur 48 · SUR LES ANCIENS PEUPLES SUPPOSÉS SAUVAGES · texte numérisé non relu

SUR LES ANCIENS PEUPLES SUPPOSÉS SAUVAGES

jÉs historiens et quelque^ ph3oèophés tombent souvent dans l'erreur 'eh appelant sauvages et sans' civilisation , " lés p'etiples andèns sur lesquels on' ne jpeut avoir que des* cdnnoissances trè»-împarfaîteis'; coi^me si ces pétries avoient vécu à la-manière^ des bêtas sauvages, errans dans les f(^é);$., sans ha|)itations fixes, sans propriétés , et par conséquent sans cultiver la terre , occupant une grande étendue de pays , quoique en petit nombre , et ne vivant que de chasse ou de pèche , ou des fruits spontanés de la terre.

Eloit-ce un peuple sauvage et sans civilisation , ces AUobroges qui fournirent Tarinée d'Anqîbal de provisions , d'armes , de vêlemens et même de chaussures, pour les mettre en état^de passer les montagnes? Etoitce un peuple sauvage et sans civilisation , celui qui vint au devant du générai carthaginois, avec des rameaux et des guirlandes en signe de paix , qui lui offrit des otages , qui fournit son

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armée. de bestiaux en abondance i chez lequel cette nombreuse ai^mée trouva les ressource^ nécessaires pour sa subsistance^ ce qui suppose un pays bien cultivé et par conséquent très-peuplé? Si un voyageur avoit travejtsé ce pays à la mémo époque qu'Annibal j ou même plusieurs siècles avant lui , je ne doute pas qu'il n'eût trouvé les liabitans trèsrhos-pitaliers» bienfaisans et probablement ai^ssi civilisée que les peuples qui. habitent cqtlic partie des Alpes actuellement.

« J'emploie à regret le mot; ^auF^^^^»» dit Humboldt, en pak*lant des Indiens llbres^ ei indépendans de la TerrçrFerme (i). « D^ns Af lesfoiréts de l'Amérique méridionale, il existe 4< des tributs d'indigènes qui ^ paisiblement <c réunis en villages , obéis^nt à des , çh^fs , c< cultivent , sur un terrain assez éteiidu , M des* bananes, du maniQç et 4u coton,'. et « emploient ce dernier à tisser des» hamacs.

<c C'est une erreur ^i;$sezrqpaii4uer en {lur^e, fc que de regarder top^ les. indigènes c,<^rne <c errans et chasseurs. L'agriculture a existé m sur la Terre-Ferme long-temps av^ant Tar-

(0 Voyage aux régions équSaoiîales, tom. lit. p. a64, Paris 1817. < ■ ■ '

ÎÔft Histom*

!K nvét ^es Européens) etté eidste encoM ^ entre lY)rënoqae et TAinazone, dfins le^ iQ^ clairièrç» des forêts , là CÀ les tnissioii-^ « naires n'ont jamais pénétré. »

IJn tiqtre abteur s'exprime ainsi sur le tnéme sujet (i) ; « Je déclarerai la guerre à « un dogme à la modç , savoir ; que la itiar* ff che de toutes les nations est néces^ijre-r «k ment de passer de Tétat de chasseurs à # rétat de pasteurs et ensuite à celui d'agri* «i cûlteurs. C'est une thèse d'éoolier qui a 4< corrompu )a moitié des théories des anti-r « qualires. Je choisis parmi evL% Ledwioh à ^i cause de son boq sens. 11 prétend, d'a^ € près cette théorie , que les Celtes-Breton* « étoient un peuple sauvage» vivant di^ns les tr forêts. Des centaines d'auteurs de moindre « importance ûnt tmsàtmé sur œ peuple ^ d'api^s le ftiême faux principe. I^i Ifô Goths ii étoient un peuple agriculteur, comme u cela est reconnu, pourquoi les Celtes ne c< Taniroient'^ils ^as ^té âiossi avant eux?

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(.0 Pcf^^'ip^ipi'l ^P. U fiaa^e-Ecosse et des. Uébrides^#lc.^par JohaJtf^ccuUoch» M.D.F.R. S. G.S, etc* Loodres^ 1824. T. IV. p. 258.

pu PÀSSAfiX 013 ALPES. 3$^

«« Paroa ^ae nous trouvons que les Ti^^i^^ u roms (peuple funéticain) sont chas-* <fr seûgr$> râ suppose que toutes les nations ^fli primitive doivent avoir ctrnimencé par la « chasse, ou par vivre de nourribire ani** ft mde« C'est une pure hypothèse, qui n'a $c pas même la géographie pour la soutewr ^ « même quant à ce qui regarde les peuples « les nioins civilkés du monde. Ce n'est pas tf rétat des nations de la mer du Sud» ni de « celles de TAfrique » et probablement cet «c ëtatu'ajamaisrétéleleur. Quoique ^ercule <K eftt vainou des bêtes sauvages» il ne s'en « suit pas* que les premiers Grecs eussent • été une nation de chasseurs. De plus » les « Celtei^ n'étoient pas indigènes» mais ils « sortoient du centre de la civilisation* ' Les u nations de chasseurs némigrent pas (i).

(K I^es émigrations sont la conséquence d'une « population surabondante , et ces grandes tf populations sont la conséquence de Tagri-* ^ culture etd'autresperSectionoemens..^. Les « races gothiqifes ënûgrantes étoient toutes

(i) Les peuples chassears émigrent dans certaines occasions , comme lorsqu'ils sont cbassés de lear pajs par des tribus plas puissantes.

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a des nations' agricoles..... Ut^^^êbui gûnr « /iê^m 9 Comme tm Ta appelée nuil à pr(^s ^ « labouroit avec > le ^ soc ^ aussi bien ijai'av^ec « répëe et avec la lance. En vdilà. assez pour « cette théorie commime et sans fondement. »

Nous voyons que Tantei^r pense que les nations de l'Europe tutoient agricoles dès Lespremters temps et que Tétat sauvageque Ton suppose avoir élé leur état primitif , est une chi^ mère. Ainsi lesÂUobroges et les Centrons n^a-* voient jamais été des peuples sauvoige^ ; il& venoient de rOrient, du centre de la civili-^ satton;' ils avoient apporté avec eux Fart. de cultiver la terre 9 et les graines» des plantes céréales ; ils avoient amené des animaux do^^ mestiques; ils possédoient la plupart des arts utiles.

Si l'homme n'est pas abandonné à son imagination pour découvrir quel a été son preinier état; s'il est permis d'avoir refcofirs à riiistoire' la plus ancienne ; et si. ce n'est pas un préjugé de croire qqe-cette histoire renferme des vérités 9. c'est là-que nous trouverons quel a été le premier état de Thomme, de quelle manière il devoit se procurer de la nourriiture. Dieu, Pauteui^ de tout ce qui existe , condamna le premier homme à inan-^ ger des fruits de la terre par son traçail tous

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les jours de sa vie^ à manger le pain, à la sueur de son visage ; et après avoir prononcé cette sentence, il mit l'homme hors du jardin d'Héden, pour labourer la terre. Caïn, un des fils d'Adam , fut laboureur. Noé fut aussi laboureur de la terre.

Voilà des documens positifs , bien plus satisfaisans que tout ce que l'imagination des hommes a pu supposer sur le premier moyen employé par les hommes pour se procurer de la nourriture. Si les premiers hommes dont nous avons Thistoire, étoient laboureurs^ pourquoMes nations qui en sont descendues 9 ne seroient-elles pas aussi des nations agricoles ?

Mais comment les premiers hommes ontils songé à cultiver la terre ? Je répondrai par une autre question : Gomment Thomme se trouve-t-il sur la terre? Qui Ta doué d'intelligence? Qui lui a donné sa première éducation? L'homme n'est pas devenu laboureur graduellement, il Test devenu tout-à-coup par PefFet d'une instruction directe. Les paroles de la Genèse me frappent comme d'un rayon lumineux : « Dieu mit Vhomme hors du jardin d^Héden POUR LABOURER LA

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