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CHAPITRE Xlll FOHDATIOII DU MARÏLAWD

De tous les Étals d'Europe, l'Angleterre est peut être celui qui fat le plus tourmenté par les querelles religieuses inséparables à cette époque, des différends politiques. Il en résulta des péripétie fort graves par lesquelles passèrent suc-

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3 HAItyLÀND.

cessivement el allernativemcnt les catholiques cl les sectes protestantes qui se disputaient le pouvoir. Mais les premiers, quoique importants en nombre, étaient dans une position fort grave, ils avaient deux adversaires à la fois : les épiscopaux et les Puritains qui, conservant le souvenir des sanglantes persécutions de Marie, craignaient toujours le retour de l'ascendant de cette Église avec les Stuarts. 11 n'est pas jusqu'aux efforts faits plus tard pour mitigor les lois cruelles édictées contre les catholiques, qui ne portassent ombrage aux fanatiques du Puritanisme.

Cependant si certains hommes pouvaient s'accommoder de ces commotions intestines qui favorisaient leurs fortunes ou leurs passions, d'autres au contraire, dégageant les considérations religieuses, de tout alliage, souffraient de voir les consciences ainsi tourmentées au gré des événements, et n'aspiraient qu'après le moment qui ramènerait la paix, non pas au moyen d'une communauté de croyances devenue impossible, mais à l'aide d'une tolérance réciproque qui serait la base la plus ferme de la société.

Au commencement du dix-septîéme siècle, les haines étaient encore trop vives pour qu'on pût s'attendre à un prochain changement de cette nature ; aussi quelques protestants découragés d'une lutte sans trêve qui semait le doute partout, et dans laquelle la raison montrait une si grande impuissance, cherchèrent dans le sein du catholicisme un refuge contre eux-mêmes, en s'abandonnant à la foi que règle le principe d'autorilé. De ce nombre était sir George Calvert du comté d'York (Angleterre), homme de grande intelligence et dont les dispositions naturelles avaient été développées par d'excellentes études faites à Oxford, et par des voyages qui en furent le complément. Soutenu par le patronage de sir Robert Cécil, il fraya sa voie dans le monde politique et s'éleva en 1610, à l'un des deux postes de secrétaire d'État d'Angleterre. Puis, en 1621, il fui envoyé au parlement par le comté d'York.

LORD BALTiHORE. S

Dans Ces situations différentes il parvint, chose bien rare! à se concilier la confiance du roi, celle do ses commellants cl l'estime générale. Les soins qu'il consacrai! aux affaires ne purent détourner sa pensée des considérations d'un ordre plus élevé. Témoin des dissensions religieuses qui désolaient son pays, et surtout des décliircments qui s'opéraient dans le protestantisme même, plaçant d'ailleurs l'inlérùt de sa conscience, bien au dessus des satisractions de l'orgueil et de la fortune, il n'tiésita point, de protestant qu'il était, it en> trer dans le giron du catholicisme. Il se démit du poste élevé qu'il occupait, et annonça ouvertement sa conversion(l624). Mais Jacques I", qui n'éprouvait point d'aversion pour les catholiques dont les principes n'élaient pas coniraires à son autorité temporelle, voulut conserver Calvert dans son conseil privé et l'ôleva à la dignité de pair d'Irlande, sous le nom de lord Baltimore '.

C'était l'époque où les esprits étaient Torlement préoccupés de la colonisation de l'Amérique; les uns, en vue de grandes fortunes à élever, d'autres au contraire, dans le seul but de préparer un asile aux victimes des réactions politiques et religieuses. Lord Baltimore songea à créer sur ce nouveau con ■ tinenlun refuge pour les catholiques quivoudraient échapper à la persécution ; et quoique intéressé dans la compagnie de Virginie, ce n'est point de ce côté qu'il tourna d'abord ses idées. Il iit un premier essai h Terre-Neuve, sur un territoire dont le roi lui avait fait concession, mais cette tentative coûteuse pour lui, resta complètement stérile. II porta alors ses vues sur la Virginie dont on vanlait beaucoup le climat, la fertilité et les avantages de toute nature. Là, un obstacle imprévu l'attendait ; il avait supposé que les haines religieuses s'éleindraient dans l'Atlantique, et que les épreuves amèrcs de l'exil feraient (aire tout dissentiment entre les

' Pancroft, p. 1(7.

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membres des diverses communions chrétiennes dispersées de plusieurs côtés. 11 connaissait mal le cœur humain, et ne tarda point à s'en convaincre.

£n Virginie, la suprématie religieuse inféodée au pouvoir politique, appartenait à la secte épiscopale, très-intolérante même envers les autres dissidents. Elle éprouvait surtout une répulsion instinctive pour les cathohques dont elle se rapprochait par la discipline, et qui, par cela même, lui don* naient plus d'ombrage. Lorsque lord Baltimore fit connaître son dessein, l'assemblée législative de Virginie s'en émut et exigea de lui et des siens le serment d'allégeance et de suprématie dont les termes répugnaient à sa conscience. Son refus n'était pas douteux : il renonça donc à ce projet (1629). Mais à cette époque déjà, la charte de la Virginie avait disparu et le territoire de cette province avait fait retour à la couronne.

On persuada à Charles I" d'en détacher une partie pour créer une province nouvelle ; en cela on Hattait ses idées qui étaient contraires aui grands établissements. 11 accepta cette combinaison, et il fit concession à lord Baltimore ' en vue de l'établissement qu'il projetait, de toute cette partie de la péninsule ou Chersonèse comprise entre l'Océan à l'Est, et la baie de la Ghesapeake à l'Ouest; et resserrée d'autre part, entre la baie de la Delaware et le haut Potomac. C'est à ce territoire qu'on donna le nom de Maryland. La charte de cette possession n'était pas encore régularisée quand la mort vint surprendre le concessionnaire, mais la faveur royale qu'il avait si bien justifiée, fut acquise à son fils Cécile Calvert au nom duquel l'acle fut expédié en i652.

A la différence des chartes de Virginie et de la Nouvelle- Angleterre qui n'accordaient que des concessions temporaires à des compagnies commerçantes, celle de lord Baltimore deuxième du nom, portait abandon îi lui et à sa descendance

> aiartedu 20 juin 1032.

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