‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 41 sur 130 · PENSYLVANIE ET COMTÉS DELAWARE · texte numérisé non relu

PENSYLVANIE ET COMTÉS DELAWARE

établissemenl affecté à cette secte, il voulait fonder une autre colonie dont il aurait seul le gouvernement, de manière à prévenir ces tiraillements intérieurs qui rendirent si laborieux ce premier essai. Ce grand homme devant jouer sur une scène nouvelle, un rôle tout à fait prééminent, il convient de dire quelques mots de ses antécédents.

William Penn né en 1644, était le fils unique d'un amiral de ce nom qui, à la tête d'une flotle anglaise, s'était emparé de la Jamaïque, et avait rendu des services signalés dans la guerre contre la Hollande. Élevé à l'université d'Oxford, il n'en goûla point les doctrines religieuses, et se trouva trésattiré, alors qu'il n'était encore qu'étudiant, par l'enseignement d'un prédicateur quaker. Lui et quelques-uns de ses amis suivirent les exercices de cette secte ; le fait s'ébruita, il fit sensation dans le collège, et après une première peine à laquelle on le soumit pour non eonfbitnité, sa persistance dans ses nouvelles croyances le fit expulser de l'université. Il n'était alors âgé que de seize ans. Son père dont le crédit était grand à la cour do Charles II, nivait pour son fllsunbrillant avenir, mais cette conversion inattendue menaçait de ruiner ses espérances. Tous ses efforts tendirent à ramener William dansle giron de l'Église épiscopale; ce fut en vain. Celui-ci était doué d'une forte trempe de caractère qui donnait à ses convictions religieuses, une énergie que fortifiait encore l'intolérance de celle époque. On le chassa de la maison paternelle sans aucune ressource, dans l'espoir peut-être, que la détresse viendrait amollir cette nature habituée à une grande opulence. Tout devait échouer devant ses convictions bien arrêtées. Sa résignation triompha du ressentiment de son père qui l'envoya en France pour y voyager, apprendre la langue, et se former au contact des hommes de distinction. Mais s'il y fut disirait des choses austères, ses croyances n'y perdirent rien, car on lereti^uve plus tard en 1G66, en Irlande où il est poursuivi pour son adhésion aux

Page 1