QUAKEBISHE CONTRAIRE A LA GUERRE. S
leur lactique persistante pour augmenter ses chargés, e t leurs attaques inqualifiables contre le peu de pouvoir qui lu î restait (1710). Alors, sous !e poids de graves embarras pécuniaires, et découragé de l'insuccès de son entreprise, il entra en négociation avec la reine Anne, pour la cession de sa charte. 11 y donnait son consentement moyennant douze mille livres sterling, et sous la réserve des propriétés qu'il possédait encore dans la province, ainsi que des rentes formant partie du prix des terres qu'il avait déjà aliénées. Sur ces simples pourparlers, il reçut un à compte de mille livres, mais une attaque de paralysie dont il fut atteint, l'empêclia de réaliser le traité projeté, quelque fût son intérêt de le mener à bonne fin, pour éteindre un emprunt extrêmement onéreux dont ses biens étaient grevés (1712)^
Dès 1709, les colonies se trouvèrent engagées dans une deuxième guerre avec le Canada. New- York, pays frontière le plus immédiatement exposé aux coups de Tennemi, manquait de ressources militaires pour se tenir en bon étal de défense. 11 était nécessaire de faire appel à la coopération active des provinces voisines. Gookin, alors gouverneur de Pensylvanie, demanda à l'assemblée un secours de cent cinquante soldats ; mais les Quakers qui y dominaient toujours, répondirent comme précédemment, par un refus motivé sur ce que leur conscience ne leur permettait pas de fournir des hommes appelésà s'entre-tuer. Quand les doctrines de secte péiiètrent si avant dans le gouvernement politique, elles en arrêtent les rouages, et menacent l'État, de complications qu'on ne surmonte dans les moments critiques, que par la duplicité d'un côté, et par un revirement hypocrite de l'autre. L'assemblée crut faire un grand effort en allouant cinq cents livres, non pour la guerre, mais pour les besoins de la reine. Ce secours déguisé qui ne répondait en rien aux exigences de la situa-
• Hildreth, 2*vol,,p. 246.
•m PENSYLVANIE ET COMTÉS DELAWABE.
Mon, fut hautement repoussé par le gouverneur, et il signifia en même temps, qu'il avait pour instruction toute particulière de refuser son approbation à aucune des lois qui lui seraient ■ proposées, tant qu'il n'aurait point été fait droit h sa réquisition.
Cette factieuse opposition dirigée par Uoyd qui apportait dans les débals Virrilation d'un amour-propre froissé, et d'une inimitié personnelle contre Logan, ne pouvait entraver longtemps la marche des affaires. Penn, qui luttait contre la souffrance et la misère, crut devoir adresser des représentations k la colonie. Après un examen détaillé de sa situation et de tout le bien qu'il avait fait à la province, il s'attaquait au cceur des hommes de sa secte : son appel était trèb-touchant. Sa voix heureusement fut écoutée, et une nouvelle assemblée régla avec le gouverneur, quelques-uns des prmcipaux points en litige. La dernière charte n'était plus suffisamment explicite sur la prérogative d'ajournement, on la concéda à la législature. Le pouvoir judiciaire fut établi par une loi, et comme compensation pour ces concessions, on accorda libéralement les fonds nécessaires aux besoins de l'État (1710). Enfin les représentants allouèrent comme témoignage de loyauté à la reine, un secours de deux mille livres à titre d'équivalent pour leur part eontr^uloire dans la levée d'hommes nécessaire à son sei-vke^. Le Quaker arrivait ainsi 5 résipiscence, car jamais auparavant, il n'avait fait un pareil aveu- Cet arrangement n'était point la paix, mais seulement un armistice. Les principaux ferments de discorde résidaient dans les taxes à imposer pour faire face à diverses charges qui, de leur nature, entraînaient des discussions passionnées. Outre les réquisitions pour le gouvernement anglais, il fallait pourvoir aux dépenses de l'administration de la province, et
« Gordon, p 161-162.