‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 59 sur 130 · PENSVLVANIE ET COMTÉS DELAWARE · texte numérisé non relu

PENSVLVANIE ET COMTÉS DELAWARE

réclamer de ceux-ci, des garanties pour la stricte exécution des instructions qu'il donnait à chacun d'eux, lors de leur entrée en fonctions'.

les assemblées s'enivraient de leur quasi souveraineté et ne comprenaient plus de limites possibles à leurs empiétements. Celle qui siégeait en 1709, prétendit que le Conseil de cinq membres que Penn avait adjoint à ses gouverneurs, était contraire à la charte, et que ceux-ci ne devaient point se diriger d'après ses avis. Cette prétention dépassait toutes limites : le pouvoir exécutif appartenait sans contestation au Propriétaire, il pouvait en déléguer l'exercice à une ou plusieurs personnes ; et depuis que le veto lui était enlevé, il lui importait bien davantage encore, d'environner son représentant, de toutes les lumières propres à éclairer sa marche, tant pour ne pas compromettre la charte royale, que pour concilier ses privilèges et ses intérêts avec la liberté des colons. La seule objection plausible contre la création de ce Conseil, ne pouvait avoir trait qu'à un cumul d'attributions où se voyaient peut-être des fonctions judiciaires. Mais Penn ne tenait-il pas des chartes successives, le pouvoir de créer des cours de justice, et d'en nommer seul les juges ? En fait, celte démonstration était dirigée contre Logan conseiller influent dont on n'avait pu obtenir la révocation. L'assemblée poussa les choses h toute extrémité, et elle lança un mandat d'arrêt contre lui. Mais le gouverneur, jaloux de son pouvoir, en refusa l'exécution en se fondant sur ce que cette assem- . blée n'avait d'autorité que sur ses propres membres et non sur d'autres, bien moins encore sur un membre du Conseil exécutif.

Penn était vivement affecté de cette turbulence et de cette ingratitude. Il menaça les colons de les abandonner, en leur reprochant leurs odieuses insinuations contre sa personne,

' Hildreth,3-Tol.,p. 245.

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