‹ Histoire du peuple américain. États-UnisChapitre 62 sur 130 · PEHSYLVANIE ET COMTÉS DELAWARE · texte numérisé non relu

PEHSYLVANIE ET COMTÉS DELAWARE

devant la justice, avec dispense de serment, et sur une simple aFGrmation qui en tiendrait lieu. Cependant la persistance des Quakers a reruser des secours en hommes et en argent quand le besoin s'en faisait sentir, suggéra l'idée de leur rendre le serment obligatoire pour les contraindre à s'éloigner des ailaires publiques. D'autres, moins timorés les remplaceraient et contribueraient, à l'exemple des autres provinces, à la défense du pays. Déjà il avait paru utile en 1710, de consacrer en termes exprès, la dispense du serment, mais la loi rendue à cet effet fut rapportée par la reine, et le statu quo resta maintenu. Gookin, qui avait eu le plus à se plaindre de l'attitude des assemblées, imagina en 1715, de rendre obligatoire en Fensylvanie ce statut du règne de Georges 1" applicable temporairement aux colonies aussi bien qu'à la Grande- Bretagne, et par lequel, tout Quaker était déclaré incapable de rendre témoignage dans les causes judiciaires ou criminelles, de siéger comme juré et de remplir aucun emploi public. Une longue et vive discussion s'ensuivit. Les cours de justice composées eatièreraent de Quakers, cessèrent de siéger, et la marche des alTaires fut arrêtée. Mais les peuples ' ne vivent point dans l'immobilité, et les gouvernements qui l'oublient sont bientôt rappelés au sentiment de leur devoir. L'impassibilité du Quaker triompha de cet obstacle, non point que la mesure fut rapportée, mais on ta laissa sommeiller à titre d'expédient, aSn de permettre aux choses de reprendre leur cours. C'est en 1725 seulement, qu'un ordre du roi rendu en Conseil réintégra explicitement les membres de cette secte dans la faculté dont ils avaient toujours joui, d'aflirmer sans serment. Penn, qui était Quaker, ne pouvait approuver son gouverneur de l'excès de zèle qu'il avait déployé contre ce scrupule de conscience ; il le révoqua et le remplaça par William Keith en 1717. Cette nomination fut le dernier acte important du fondateur de laPensylvanie. Sn effet, depuis l'attaque de paralysie que Penn avait éprooTée

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DÉFECTUOSITÉS DE LA CHARTE. 20tt

en 1712, ses facultés mentales allaient s'affaiblissant cl le rendaient de plus en plus impropre au gouvernement. C'est dans cet état qu'il termina sa carrière le 30 juillet 1718 '.

Avant d'aller plus loin, essayons quelques considérations sur la période que nous venons de parcourir.

Et d'abord, disons que Penn, en négociant à son profit la concession du gouvernement de la Pensylvanie, avait accepté des conditions qui attestent une grande inexpérience des hommes et des choses, et qui, si elles eussent été observées, auraient entravé, sinon arrêté la marche des affaires, et soulevébientôt de sérieux mécontentements. En elTet, la charte originaire tout en lui conférant une autorité souveraine, réservait à la couronne lepouvoir arbitraire de rapporter les lois qui seraient failes par les assemblées générales, même de reviser les décisions judiciaires, et de faire des règlements de commerce concernant la colonie. Comment concilier la marche d'un gouvernement populaire avec un pareil despotisme? C'était faire preuve de grande ingénuité que de croire à la soumission et à la longanimité du peuple dont les volontés bien débattues et acceptées par le Propriétaire, étaient exposées à un rejet, suivant le bon plaisir de la couronne. 11 en était de même des décisions de justice qui se trouvaient dépouillées des garanties les plus élémentaires. D'un autre cùté, Penn ne voulant pas résider dans la province, était obligé de déléguer son autorité à un gouverneur nommé par lui, mais qui devait concerter ses actes avec un Conseil élu par te peuple. Le pouvoir exécutif ainsi organisé était une déplorable combinaison, car l'action commune de deuxagents ayant une origine toute différente, el des tendances opposées, devait être souvent paralysée, à moins que l'un des deux ne vint à dominer l'autre, en détruisant l'économie de l'ensemble. Mais ce n'était pas tout : Penn se réservait pour lui

' Proud, 2* vol., p. 2fl5.

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