PENSYLVANIE KT COMTÉS DELAWAKE
absent, le vélo sur toutes mesures législatives, même celles qui auraient déjà reçu l'approbation du gouverneur. Les spéculations philosophiques lorsqu'dlcs prennent trop de place dans l'ordonnance d'un gouvernement, courent risque d'être en opposition avec le génie d'un peuple, avec ses besoins, et défaire son malheur, au lieu de contribuer à' son succès. Ccst pour avoir trop cédé à des idées préconçues, que Pcnn arriva à trop aiîaiblir le pouvoir exécutif, et que ses efforts ultérieurs pour réparer celte première faute furent sans succès, et exposèrent son caractère à des soupçons blessants dont il se plaignit plus d'une fois très-amèrement. Telle fut la cause de ces remaniements continuels des lois organiques, faits en 1685, 1696, 1701 et partiellement encore dans la suite, de telle sorte qu'en quelques années seulement, le souverain et le fondateur de ce pays ne se trouva plus posséder qu'une aulorilé presque nominale.
Non contentes d'avoir réduit de beaucoup les prérogatives du Propriétaire, les assemblées visèrent à annuler un autre pouvoir important, quoiqu'il Mt issu comme elles du suffrage populaire : je veux parler du Conseil auquel étaient dévolues des fonctions graves et multiples. Sous le prétesle de supprimer un rouage inutile,' on l'annula subrepticement, et les législatures furent investies de l'initiative. La Pensylvanie agit en cela tout à l'opposé des autres colonies qui, débutant par une seule chambre, reconnurent la nécessité de deux corps délibérants.
Que de fautes en peu de temps ! fautes que Penn eût pu prévenir, au moins en partie, s'il se fût tenu au gouvernail et n'eût point abandonné ses institutions à elles-mêmes I Lorsqu'il voulut enrayer le mouvementj il était trop tard ; il y avait au-dessus de lui un pouvoir omnipotent*
Une circonstance particulière abaissait l'autorité executive s la pénurie d'argent déterminait le Propriétaire à tous les sacrifices pour s'en procurer. Il en était de même du gou-
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INFLUENCE DU QUAKERISME. 211
vemeur que la détresse ou l'arabition amenait à complaire au pouvoir qui accordait les subsides. La chute est grande, des hauteurs philosophiques de la charte provinciale au trafic des concessions pour obtenir quelque monnaie !
Le droit de révision réservé à la couronne resta longtemps nominal. Cependant les lois étant devenues nombreuses, il s'agit de les condenser et de les soumettre à un ordre méthodique. Ce travail fut fait en 1713. C'est alors que la prérogative royale s'exerça et fit rapporter la plupart des lois passées en 1709, 1710 et 1712. De ce nombre étaient œllos relatives à l'organisation judiciaire, à la fisation des traitements, et surtout celles qui prohibaient 1 importation des esclaves nègres et indiens. Le refus de sanction de quelquesunes de ces lois s'explique surtout par l'intérêt qu'availi' Angleterre à conserverson monopole commercial. Pour d'autres, par exemple pour celles ayant trait au système judiciaire, il se peut que Penn lui-même soit intervenu pour appeler à son aide le concours royal, et qu'il ait réussi à l'oUenir.
Le qmkerisme prédominant dans l'Étal se fit sentir dans plus d'une occasion et d'une manière fâcheuse, comme cela arrive toujours lorsque l'esprit de secte s'impose au pouvoir séculier. Penn croyait avoir prévu celte difficulté en proclamant la liberté pour tous les cultes chrétiens, mais il n'avait aucun pressentiment d'un schisme où une majorité compacte ferait une loi dure h la minorité. 11 ne se doutait guère non plus, que l'on invoquerait un jour les doctrines de la secte, pour refuser des subsides de guerre destinés à repousser l'ennemi commun. Cependant on avait tout à craindre de l'Angleterre dont on heurtait les intérêts, et l'on ne pouvait sans danger, prolonger ces résistances. Aussi arriva-l-il que les Quakers admirent des capitulations de conscience qu'ils reprochaient si amèrement à d'autres, et accordèrent des sub' sides, avec une affectation détournée et hypocrite qui ne trompait personnel