‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 138 sur 158 · LE SOULÈVEMENT CHARTISTE DE · texte numérisé non relu

LE SOULÈVEMENT CHARTISTE DE

Les délégués chartistes étaient au nombre LES DÉLÉGUÉS d'une cinquantaine. C'est tout juste si l'on comp-

CHARTISTES A ^ .. .. j-t - • ■.■

LONDRES ET LEUR ' ^^^ ^^^ Cinquante délègues, une majorité

ÉCHEC d'ouvriers. Il y avait là trois Juges de Paix, de ces

Juges de Paix démocrates que lord John Russell avait nommés depuis trois ans, six journalistes, deux médecins, un ministre dissident, un clergyman de l'Église Établie — l'excentrique D^" Wade — , un grand manufacturier de Birmingham et de très nombreux boutiquiers ^. Il ne faut d'ailleurs pas croire que, dans cette petite assemblée radicale, les ouvriers fussent nécessairement l'élément avancé, les non-ouvriers l'élément modéré. Les plus violents parmi les orateurs chartistes étaient d'origine bourgeoise : quand Lovett et ses amis voulurent que leur association, à Londres, fût exclusivement composée d'ouvriers, c'est que, par cette exclusion, ils pensaient exclure les démagogues. Mais c'est un fait que les modérés dominaient encore dans l'assemblée, même après la campagne révolutionnaire de l'hiver . Pour des motifs d'économie il avait été décidé qu'un même délégué représenterait au besoin plusieurs districts, et c'est parmi les chartistes domiciliés à Londres qu'on avait cherché ces délégués. Or les chartistes londoniens étaient, en majorité, des modérés.

La première question qui se posa fut de savoir quel rôle les délégués prétendaient assumer à Londres. Venaient-ils simplement, comme on pouvait le soutenir en invoquant les termes des motions votées aux meetings qui les avaient élus, pour présenter au Parlement une pétition, attendre qu'elle eût été examinée, et puis rentrer chacun chez soi? Tel était l'avis de James Cobbett, le fils du grand Cobbett, qui était un des deux délégués de Manchester. Mais sa thèse fut repoussée dés le 5 février, et il donna sa démission ^. L'eût-on même acceptée, que la Convention n'eût pu se dissoudre sans quelque délai : car il appartenait à la Chambre des Communes de décider selon son caprice à quelle date plus ou moins éloignée la Pétition Nationale viendrait en discussion. D'ailleurs les délégués avaient constaté, en rapprochant leurs documents, qu'ils étaient loin d'avoir obtenu le succès qu'ils avaient escompté : ils avaient compté sur un milhon

1. Life and Strugghs of William Lovett, p. 201.— F. Dolléans, Le Chartisme, vol. I» p. 289. — I\L Hovell, The Chartisl Movement, pp. 121-22.

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