‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 2 sur 158 · Pol. Reg., 21 août 1821 (vol. LXX, p · texte numérisé non relu

Pol. Reg., 21 août 1821 (vol. LXX, p

4. William Carpenter, Anecdotes of the French Révolution of 1820, pp. 269 sqq. —

ayant entrepris ensemble le pèlerinage de Paris, se firent acclamer au théâtre, furent officiellement reçus par La Fayette ^

Les whigs aristocratiques, les éléments bourgeois et modérés de la nation éprouvaient, aux nouvelles venues de Paris, des sentiments plus mélangés. Savait-on, en ces mois d'été et d'automne, si les Français ne se préparaient pas à recommencer 1792 après 1789, à donner le signal de la guerre sociale en France, puis de la guerre de propagande à travers l'Europe ^? Sur des nouvelles venues de Paris, il y eut en août une panique à la Bourse de Londres ^ Mais l'opinion anglaise, prise en masse, n'aimait pas les Bourbons. Pour le Times, organe de l'opinion indépendante, Charles X ne fut plus, à partir de sa chute, que « Charles Capet », tout juste digne de recevoir l'hospitalité britannique *. Les libéraux persistèrent à espérer que l'expérience tentée par Louis-Philippe réussirait; que la Révolution de Juillet serait une révolution à la fois libérale et conservatrice; que 1830 serait le recommencement non de 1789 mais de 1688, un hommage rendu par la France à la sagesse anglaise.

Quelques rares ultra-tories osèrent prendre la défense de Charles X et de ses ministres : deux journaux en tout — le Morning Post, feuille quotidienne, et le John Bull, feuille hebdomadaire. Mais l'immense majorité des tories, plus elle fut alarmée par la marche des événements, plus elle condamna la faute commise par Charles X. Souvent, au cours des quinze années qui s'étaient écoulées depuis Waterloo, les tories anglais avaient fraternisé avec les légitimistes français et étaient tombés d'accord avec eux pour critiquer l'esprit niveleur du Code civil. Ils devaient avouer à présent qu'ils s'étaient trompés quand ils avaient cru parler le même langage : les méthodes de l'absolutisme continental étaient incompréhensibles pour la gentry anglaise. Wellington, brouillé depuis de longs mois, sans que l'opinion s'en rendît compte, avec Polignac, auquel il ne pardonnait pas sa politique d'entente avec la Russie, de visées rhénanes et d'expansion méditerranéenne, reconnut officiellement le gouvernement

Avec portraits de Louis-Philippe et de La Fayette, et texte de la traduction de la Marseillaise par Bowring. La traduction fut vendue, nous dit Carpenter, à 6 000 exemplaires.

1. R. E. Leader, Life and Letters of John Arthur Roebudt, pp. 29-30. — J. S. Mill, Autobiography, p. 172.

2. Lord Grey à la princesse Lieven, 19 août 1830 : What you say as to the existence of strong and unanimous feeling in England in favour ot the change in France was quite true in the beginning, but is no longer so now. The Court and the ultratories are both inimical, and any manifestation of interest is now confined to the. lower classes (Correspondence of Princcss Lieven and Earl Grey, vol. II, p. 58).

3. Lord Broughton's Recollections of a long lijc, vol. IV, pp. 44, 52.

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