‹ Histoire du peuple anglais au 19e siècle (volume 2)Chapitre 33 sur 158 · and 4. Will. IV, c · texte numérisé non relu

and 4. Will. IV, c

5. //. of C, 14 février 1834 : discours de lord Althorp {Pari. Dcb., 3rd ser., vol. XX,

savait cependant qu'il était dangereux d'indisposer les agriculteurs. Ils étaient nombreux dans la nouvelle Chambre des Communes, et non pas seulement sur les bancs de l'Opposition conservatrice. Leur influence était prédominante dans les circonscriptions rurales : si on ne réussissait pas à les contenter, toute la représentation des comtés deviendrait peut-être conservatrice aux prochaines élections.

Dans les villes, les revendications fiscales prirent une autre forme. Les contribuables réclamèrent l'abolition des assessed taxes, en particulier de l'impôt sur la propriété bâtie. Cet impôt était d'autant moins tolérable qu'il était plus inégalement réparti. Les évaluations du fisc étaient faites de telle sorte que les propriétés rurales, et les châteaux mêmes de l'aristocratie, ne payaient presque rien. Les villes, au contraire, étaient lourdement frappées; on calculait en particulier que le comté de Middlesex payait plus de la moitié de cet impôt ^. Avant que le projet de budget eût été déposé, un des quatre représentants de la Cité annonça son intention de demander l'abrogation des assessed taxes; et une députation, dont faisaient partie treize représentants élus de la métropole, vint à Downing Street sommer lord Althorp de faire droit à cette requête ^. Revendications aussi embarrassantes pour le gouvernement que pouvaient l'être celles des agriculteurs quand ils demandaient l'abolition du droit sur le malt. Comment accéder à cette demande sans détruire l'équilibre du budget? Mais, d'autre part, était-il sage de résister à une agitation qui était concentrée dans la capitale? Le souvenir des révolutions de Paris était proche; et il y avait, chez les classes dirigeantes, au lendemain des événements de 1830 et de 1832, une crainte beaucoup plus sérieuse que

p. 367); et les débats, H. of C, 26 avril 1833 (Pari. Deb., 3rd scr., vol XVII, pp. 678 sqq.; en particulier p. 681).

1. Fads (founded upon Parliamentary Retarns) illustrative of the great inequalitij of the Taxes on Houses and Windows, showing how unfustly and oppressively they bear upon themiddle and industrious classes, 1833. — Voir des extraits de cet opuscule, Fol. Reg., 30 mars 1833, 6 a\Til 1833 (vol. LXXIX, pp. 804 sqq.; vol LXXX, pp. 37 sqq.). — Cf. Pol. Reg., 26 janvier 1833 (vol. LXXIX, pp. 208 sqq.), le compte rendu du meeting des délégués des paroisses métropolitaines; et 18 mai 1833 (vol. LXXX, pp. 426 sqq.) le compte rendu du Southwark meeting. V. en particulier le discours de Paul : « In the county of Radnor there was not a house rated beyond £20 per annum; yet in that county there were numberless gentlemen's seats-parks, and ail that could tend to the luxuries of hfe. But in London there was hardly a person vi\\o had a house over his head \sho was not obliged to pay £20 per ann. in thèse taxes (p. 431); et le texte de la première résolution votée par le meeting : ... That the Marquis of Westminster, havlng expended about one million on Eaton Hall, in the county of Chtster, is rated at only £300per annum, and chargeable thereupon with the annual payment of £42 10 s. whilst any person expending the hke sum on 500 houses in London at £2 000 each, would be, allowing for ground rent, assessed at the yearly sura of £64 000, and would, therefore, be chargeable with the annual sura of £9 066 13 s. 4 d. (pp. 430-1).

2. Voir le compte rendu de l'entrevue, Pol. Reg., 23 mars 1833 (vol. LXXIX, pp. 710-4).

nous ne pouvons l'imaginer aujourd'hui, de voir la contagion des révolutions continentales s'étendre à l'Angleterre.

La tactique de lord Althorp fut de manœuvrer l'un contre l'autre les deux groupes de mécontents. Le 26 avril, la Chambre des Communes ayant adopté, par cent soixante-deux voix contre cent cinquante-deux, une motion de Sir W. Ingilby, un county member ministériel du Lincolnshire, demandant une réduction de moitié de la taxe sur le malt, lord Althorp s'inclina pour l'instant, tout en déplorant un vote qui le mettait dans un embarras considérable ^ Mais, trois jours plus tard, il annonça que, lorsque viendrait en discussion la motion de Sir John Key pour l'abolition des assessed taxes, il déposerait un amendement qui envelopperait dans une même condamnation la réduction de la taxe sur le malt et l'abolition des assessed taxes. Car, déclarait l'amendement de lord Althorp, il était impossible de sacrifier des recettes aussi importantes sans y substituer l'impôt sur le revenu, et inopportun de procéder actuellement à une pareille transformation de tout le système financier du pays "-. Le 30 avril, l'amendement fut adopté par trois cent cinquante-cinq voix contre cent cinquante sept ^ Les conservateurs. Sir Robert Peel en tête, avaient battu en retraite, et renoncé à la réduction de l'impôt sur le malt, par peur de l'encouragement que cette agitation antifiscale allait donner au radicalisme urbain.

Temporairement lord Althorp sortait vain- L' AGITATION queur de la bataille parlementaire. Mais l'agi-

CONTRE tation continua. Sir John Hobhouse avait été,

lors de l'entrevue des représentants de la métro- BUDGET DE 1834 P^^^ a^ec lord Althorp, un de leurs porte-

parole les plus énergiques. Il avait été postérieurement nommé secrétaire pour l'Irlande en remplacement de Stanley. Maintenant que lord Althorp, d'accord avec ses collègues, s'opposait nettement à l'abolition des assessed taxes, il se retira du ministère, et alla même jusqu'à donner sa démission de membre du Parlement. C'était faire un acte solennel d'adhésion au principe de mandat impératif : plutôt que de manquer aux engagements qu'il avait pris vis-à-vis de ses électeurs, il se soumettait de nouveau à leurs suffrages. Or, après des meetings tumultueux au cours desquels il ne lui fut même pas permis de prendre la parole, il fut battu par le colonel Evans, un radical de nuance plus accusée que

1. H. of C, 26 avril 1833 (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XVII, p. 716).

2. H. ol C, 20 avril 1833 {Pari. Dcb., 3rd ser., vol XVII, pp. 728 sqq.).

3. H. ofC, 29,30 avril 1833 (Parl.Deb., vol. XVII, pp. 728 sqq., 769 sqq. et 832-4).

la sienne '. Six mois après les élections générales, les électeurs donnaient aux élus un avertissement menaçant.

Dans les grandes villes du centre, à Birmingham -, à HuU ^ mais surtout dans la métropole, la résistance au fisc s'organisa. Dans la paroisse de Marylebone, à Londres, une association fut fondée contre le paiement de l'impôt : elle compta bientôt deux mille membres. Les contribuables se firent poursuivre devant les tribunaux. Ils mirent les autorités dans l'obligation de saisir leurs meubles, et finalement les empêchèrent, par la force, de les saisir *. Alors lord Althorp s'exécuta. A la date du 5 janvier 1834, la situation financière s'annonçait comme meilleure encore qu'en 1833 : les recettes publiques dépassaient les dépenses de 1 513 000 1.. Dès les premiers jours de février lord Althorp annonça qu'il proposerait des réductions d'impôts jusqu'à concurrence de 1200 000 1.. Quelles réductions? «Si, déclara lord Althorp, on considérait' le problème comme un simple problème financier, il y avait d'autres taxes qu'il serait, à son avis, plus désirable d'abroger; mais, étant donné que c'est un vice pour une taxe que d'être impopulaire, il proposait l'abolition de la taxe sur les maisons ^. » Les agriculteurs demandaient la suppression totale, ou tout au moins la réduction de l'impôt sur le malt; les boutiquiers demandaient l'allégement, ou même l'abolition complète des assessed taxes. Les hommes politiques du parti whig jugèrent qu'il fallait flatter les électeurs des grandes villes de préférence aux électeurs ruraux. Si des élections générales devaient avoir lieu, on sacrifiait les comtés pour éviter de voir l'élément radical submerger l'élément whig dans les bourgs.

Quel jugement d'ensemble pouvait-on, à la fin de 1834, porter sur les quatre années financières qui s'étaient écoulées depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir? Les journaux ministériels ne manquaient pas d'arguments pour affirmer que les libéraux avaient été fidèles à leur programme d'économies. On avait procédé à une compression énergique des dépenses administratives : lord Althorp, en introduisant le budget de 1833, cons-

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