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222 LES ANNÉES DE LORD xMELBOURNE.
le Bas-Canada refusait annuellement de voter le budget. Le Haut- Canada demandait que les biens de l'Église d'Angleterre fussent affectés à l'éducation du peuple sans distinction de confession; le Bas- Canada protestait contre l'emploi que le gouvernement faisait des revenus des biens, jadis confisqués, de la Société de Jésus. Le Haut-Canada demandait un ministère responsable, le Bas-Canada un conseil législatif électif. Tant que lord Stanley, dans le ministère de lord Grey, fut secrétaire d'État aux colonies, il rassembla dans un seul bloc d'opposition, par la brutalité de ses méthodes, les mécontents des deux provinces. Mais, sous le second ministère de lord Melbourne, les méthodes plus souples, ou simplement plus faibles, de lord Glenelg, mirent en lumière les caractères bien différents qu'offrait l'opposition dans le Haut et le Bas-Canada. Quand en 1837 un mouvement insurrectionnel éclata, ce fut visiblement, dans le Bas-Canada, non le soulèvement de citoyens anglais contre la violation de leurs droits constitutionnels, mais bien le soulèvement des «habitants» français contre un gouvernement anglais, d'une nation, ou d'une race, contre une autre. Les Canadiens français étaient quatre cent cinquante mille environ; les colons anglais, cent cinquante mille ^. Les Français se plaignaient d'être opprimés par une minorité. Alors les colonies voisines, réconciliées avec le gouvernement par la crainte du péril français, acceptèrent des compromis provisoires" pour résoudre les difficultés qui les séparaient d'avec la métropole; et, dans le Haut-Canada, le gouverneur. Sir Francis Head, après avoir aisément réprimé une insignifiante échauffourée qui dura quelques heures, put envoyer toutes les forces régulières dont il disposait au secours de Sir John Colbourne, gouverneur du Bas- Canada. Il se fia au patriotisme de la population civile pour repousser sur la frontière méridionale les incursions américaines.
Au Bas-Canada, devenu le seul foyer du mécon- . ., ^ .^r.^. tentement, le cabinet de Londres demanda la