Lord Durham' s Report, éd. Lucas, vol. H, p
2. Ann. Reg., 1838, pp. 33S-9 (Nouveau-Brunswck, Nouvelle-Ecosse).
3. Cest le choix de lord Durham qui décida lord John Russell à consentir à la suspen-
à deux radicaux philosophiques, Charles BuUer, un membre du Parlement, et Edward Gibbon Wakefield. Le rapport qu'il élabora de concert avec Charles Buller et publia en 1839, après son retour en Angleterre, est demeuré classique^. Pour résoudre le problème du Canada français, il demandait que l'on revînt sur la loi de 1791, qui avait opéré la séparation des deux Canadas. A partir du jour où il n'y aurait plus qu'un Canada, les Canadiens français, dans ce Canada unifié, seraient une minorité : quatre cent cinquante mille contre cinq cent mille. Et la minorité deviendrait plus faible encore si l'on savait, en appliquant la méthode de Wakefield, diriger vers le Canada l'émigration britannique ". Lord Durham proposait d'autre part, pour résoudre le problème constitutionnel, une solution radicale : la reconnaissance du principe de la responsabilité ministérielle. Cette solution fut eft'ectivement incorporée au projet de loi qui, introduit par lord John Russell en 1839, fut voté finalement en 1840 ^. C'est en qualité de ministre des colonies que lord John Russell l'introduisit; et que le leader de la Chambre des Communes eût jugé devoir prendre ce ministère, prouve à quel point le problème de l'administration des colonies anglaises était devenu alarmant.
La concession qui se trouvait ainsi faite à l'assemblée législative canadienne d'un droit de plein contrôle sur la gestion des affaires de la colonie, était incontestablement une victoire pour le groupe des disciples de Bentham. Ce serait pourtant une erreur de croire qu'ils aient, au cours des deux années qui précédèrent le vote de la loi, rendu facile la pohtique du ministère et de son agent, lord Durham. Si celui-ci, en emmenant avec lui un des leurs, Charles Buller, avait cru se concilier le groupe, l'événe-
sion de la constitution. — V. son Mémorandum sur le Canada, en date de janvier 1838, et sa lettre à lord Melbourne, 25 octobre 1838 {Early Correspondence of lord John Russell, vol. II, pp. 215, 232).
1. Le rapport de lord Durham a fait récemment l'objet d'une publication spéciale : Lord Durham's Report on the Affairs of British North. America, edited witb an introduction by Sir C. P. Lucas, 3 vol., 1912.
2. Sur ce caractère, nettement hostile aux Canadiens français, du système de lord Durham, voir Report, éd. Lucas, vol. II, pp. 63 sqq., 288 sqq. — V. notamment pp. 288 sqq. : ... it must heaceforlh be the first and steady purpose of the British government to establish an English population, with English laws and language, in this Province, and to trust its governement to none but a decidedly English Législature. — Et p. 292 : The language, the laws, the character of the North American Continent are English; and every race but the EngUsh (I apply this to ail who speak the English language) appears there in a condition of inferiority. It is to elevate them from that inferiority that I désire to give to the Canadians our English character. — \ oir encore, p. 299, l'exemple de ce qui s'est passé en Louisiane. — La loi de 1840 spécifia que seule la langue anglaise serait employée dans les documents parlementaires, et cette clause ne fut abrogée qu'en 1848 : 11 and 12 Vict., c. 56 (Bourinot, A Manual of the Constitutional Historg of Canada, p. 36).