and 4 Vict., c
ment trompa son espérance. Il fut violemment attaqué au Parlement par Leader, qu'appuyèrent Grote et Joseph Hume. Roebuck, Canadien d'origine, avocat rétribué des Canadiens français, n'était pas alors membre du Parlement. Mais il se tenait à la disposition de ses amis pour les documenter, les mettre en défiance contre la suspension de cette assemblée dont ils avaient si longtemps défendu les droits, contestés par les bureaux de Londres, et contre une politique qui visait manifestement à détruire les libertés locales du Canada français. Ces mécontents du groupe radical avaient beau n'être qu'une poignée : il suffisait de la défection de quatre ou cinq parlementaires pour changer en minorité la fragile majorité sur laquelle s'appuyait, à la Chambre des Communes, le ministère qui venait d'envoyer lord Durham au Canada.
Les conservateurs le comprirent, et attaquèrent à fond le ministère : Sir Robert Peel commença à envisager, après trois années de temporisation, la possibilité de jeter le ministère par terre et d'assumer enfin le pouvoir. Ils trouvèrent à la Chambre des Lords un auxiliaire précieux dans la personne de lord Brougham, libéral hors cadres, qui avait des rancunes contre le ministère et lord Durham, et fit de la chute de celui-ci son affaire. Sir Robert Peel exigea que les pouvoirs du haut-commissaire fussent rigoureusement définis : le ministère dut accepter ses amendements^. Lord Durham emmenait avec lui, outre Wakefield, un certain Turton qui avait été condamné jadis, comme Wakefield, pour une affaire de séduction : ce fut la matière de vifs incidents parlementaires. Il s'entoura, une fois arrivé au Canada, d'un luxe royal, et se conduisit comme s'il était investi du pouvoir suprême. Il rendit une ordonnance en vertu de laquelle il déclara passibles de la peine de mort, sans autre forme de procès, les fauteurs de la récente rébellion contre lesquels des poursuites avaient été ordonnées mais sur lesquels on n'avait pu mettre la main. Ceux qui avaient été mis en prison, il les déporta aux Bermudes. Les Bermudes ne rentraient pas dans sa juridiction : il excédait visiblement ses pouvoirs ". L'ordonnance fut attaquée à la Chambre des Lords par Brougham; et lord Melbourne, ayant été un jour mis en minorité sur cette question, annonça le lendemain que le cabinet avait décidé d'annuler l'ordonnance de lord Durham ^.
Le 9 octobre 1838, lord Durham donna communication au Canada de
1. H. of C, 17 janvier 1838 : discours de Sir Robert Peel {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XL, pp. 149 sqq.^; 26 janvier 1838 : discours de lord John Russell, réplique de Sir Robert Peel (Pari. Deb., 3rd ser., vol. XL, pp. 543 sqq.).
2. Voir le texte de l'ordonnance, en date du 28 juin 1838, Ann. Reg.,î83S,pp. 304 sqq.
3. H. of L., 10 août 1838 {Pari. Deb., 3rd ser., vol. XLIV, pp. 1127 sqq.).
cette annulation. Mais il lança en même temps une proclamation qui était un réquisitoire contre le gouvernement anglais ^. II avait déjà, couronnant sa carrière théâtrale par un dernier coup de théâtre, annoncé à Londres qu'il démissionnait. II s'embarqua le l"novembre, débarqua le 26 à Plymouth, et entreprit, dans les villes du sud-ouest de l'Angleterre, une tournée oratoire. Maintenant qu'il était brouillé avec le ministère, les radicaux se rapprochaient de lui. Sir JohnMolesworth vint à sa rencontre-. Stuart Mill écrivit à sa gloire un long article dans le London and Westminster Revieiv ' qu'il dirigeait. Les provinces anglaises étaient, en ce moment même, travaillées par des désordres qui rappelaient 1816 et 1819. Lord Durham, en ces mois troublés, sembla disposé à s'ériger en chef du parti populaire. Quel que dût être postérieurement le succès de ses idées, son administration apparaissait comme un désastre. Il n'avait pas rétabli la paix au Canada, où la rébellion reprenait. II n'avait pas consolidé le ministère, avec lequel les radicaux étaient brouillés.
Cette brouille devint plus grave encore quand, LES ANTILLES. jg g g^j-^j 1839, le ministère vint demander au