‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 104 sur 205 · MAKLBOUOL'GH ET LES WHIGS · texte numérisé non relu

MAKLBOUOL'GH ET LES WHIGS

Français subirent humiliations sur humiliations. La perte de la Flandre fut bientôt suivie de celle de l'Italie, après une victoire du prince Eugène, qui délivra Turin. Peterb;>rough se maintenait en Espagne, et Charles III entrait à Madrid à la tète d'une armée de Portugais et d'Anglais. Marlborougb se trouvait à l'apogée de sa gloire. Ramillies lui avait donné assez d'influence auprès d'Anne pour l'obliger, malgré sa haine contre les ivbigs, à admettre au conseil lord Sunderland, le chef le plus acrimonieux de ce parti (1705). Mais le système d'équilibre politique qu'il avait su maintenir jusqu'alors menaçait ruine. Au point de vue constitutionnel, la tentative de Marlborougb de gouverner l'Angleterre en associant les deux partis devint bientôt impossible à poursuivre. L'opposition croissante des tories à la guerre le portait de plus en plus à s'appuyer sur les whigs; ceux-ci lui vendaient très-cher leur appui. Sunderland, qui était convaincu, comme son père, de la nécessité de maintenir des partis bien tranchés, tenta d'expulser les tories modérés de l'administration, malgré le désir de Marlborougb de les conserver : «L'Angleterre, écrivait le duc avec vivacité, ne sera pas ruinée pour quelques mécontents. » Marlborougb n'était pas seul à s'opposer à ces projets. Harley, sentant sa position menacée, commença à intriguer à la cour, contre les whigs et contre Marlborougb, par l'entremise de madame Marshaiu, femme de chambre de la Reine, qui supplantait peu k peu la duchesse dans la faveur d'Anne. Saint-John, bien qu'il dût au duc sa rapide élévation, fut amené par la même crainte à favoriser les pensées d'Harley. Marlborougb essaya de reconquérir leur conGance, mais il était fatalement poussé à devenir l'instrument du seul parti qui soutint énergiquement la guerre. Une coalition des whigs avec leurs adversaires provoqua chez lui un accès inaccoutumé décolère en plein Parlement, mais le convainquit qu'il fallait céder. La Reine se montra obstinée et violente; tory do cœur, sa confiance en Marlborougb s'évanouit du jour où il accorda aux whigs leurs demandes. Ce n'était qu'en la menaçant de sa démission qu'il l'avait obligée à confier un poste à Sunderland; reniportement avec lequel la duchesse lui imposait la volonté de son mari changea l'amitié de la Reine pour elle en une profonde aversion. Marlborougb se vit forcé d'irriter de plus en plus sa souveraine par de nouvelles complaisances pour les whigs, en ôtant par exemple à Peterborough son commandenient, à cause de ses sympathies tories, et en arrachant à Anne, en 1708, le renvoi de Saint-John et de Harley et des tories modérés dont ils étaient les chefs. Ce renvoi fut le signal du triomphe complet des whigs ; Somers devint président du conseil et VVharton vice-roi d'Irlande. Les postes inférieurs furent occupés par des hommes destinés à jouer plus tard un grand rôle, tels que le duc de Mewcastle et Robert Walpole (1708).

Pendant ce temps, la lutte sur le continent se poursuivait avec de singulières alternatives de revers et de succès. La France s'était relevée avec ". 19

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