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CHAPITRE IV

LA GIEKRE AVEC LA FRAXCE

Pitt et la guerre. — A partir de la déclaration de guerre, le rôle de Pitt changea. Son orgueil, son inébranlable fermeté et la confiance qu'il inspirait à la nation lui permirent de rester à la tête des affaires ; mais, dès lors, il se laissa entraîner par un sentiment public qu'il ne comprit jamais complètement'. Les qualités mêmes de son caractère le rendaient impropre à la direction de la guerre. Pitt était, en somme, un ministre de la paix, étranger aux craintes et auv enthousiasmes qui le forçaient à faire la guerre, et n'ayant hérité, en aucune façon, du don qu'avait son père d'entrer dans les sentiments et les sympathies qui l'entouraient ou de faire partager les siens. Autour de lui le pays était livré à une exaltation et à des terreurs qui rivalisaient avec celles de la France. Les illusions que la France s'était faites sur l'état de l'opinion publique en Angleterre avaient gagné l'Angleterre elle-même. Les partisans de la République n'étaient pourtant que quelques poignées d'hommes qui jouaient à la Convention, en s'appelant citoyens et patriotes, et en imitant puérilement tout ce qui se faisait de l'autre côté de la Manche. Mais chez la majorité des Anglais la peur de la Révolution devint une folle panique. La masse des whigs euxmêmes abandonna Fox, parce qu'il continuait à admirer la France et la Révolution. Les a vieux uliigs >' , comme ils s'appelaient avec le duc de Portland, lord Fitzwilliam , lord Spenser et M. VVyndham à leur tête, suivirent Burke et donnèrent leur appui au ministère.

Pitt lui-même, tout en restant absolument étranger à la réaction politique qui grandissait autour de lui, était ému par la crainte imaginaire

' Sources : \ous pouvons ajouter à celles que nous avons mentionnées précédemment, la Vie (le Shéridan, par Moore; celles de lord Gastlereagh, de lord Eldon et de lord Sidmouth ; les Mémoires de Romilly; la Correspondance de lord Cornviallis; la Vie de lord Liverpool, par M. Yonge; les Journaux et la Correspondance de lord Malmesbury, de lord Goichcster et de lord Auckland. Pour l'iiisloire générale de l'.Angleterre, voyez AHson, Historij of Europe , et pour son histoire militaire, voyez sir William Napier, Hislory of the peninsular war.

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