CO\TI\UATIO\" DE LA GUERRE
pour faire des ouvertures de paix. 11 était las de la lutte. L'Angleterre avait, il est vrai, maintenu sa suprématie sur mer. Les succès de sa marine contrastaient avec ses échecs sur terre. Dès le commencement de la guerre, en 1794, l'amiral Howe avait remporté près de Brest, sur la flotte française, une victoire qui porte le nom du jour où elle fut livrée, le l" de Juin. L'Empire colonial anglais avait été considérablement agrandi. La plupart des Antilles françaises, les plus riches colonies hollandaises, le Cap, Ceylan, les iles des Epices, les Moluques et Java étaient devenus possessions britanniques. Mais Pilt n'avait plus les moyens nécessaires pour continuer efficacement la guerre. L'armée anglaise était peu nombreuse, sans expérience militaire et confiée k des chefs tout à fait incapables. « Je n'ai pas un général » , écrivait lord Grenville, ministre des affaires étrangères, « mais une vieille femme en rubans rouges. " Quelque mal conduite que fut la guerre, elle coûtait des sommes énormes. Si l'Angleterre manquait de soldats, elle avait des richesses, et Pitt fut obligé de se servir de ces richesses comme d'un engin de guerre. 11 devint le trésorier de la coalition, et ses subsides permettaient aux armées alliées de tenir la campagne. Les énormes emprunts qu'ils nécessitaient et l'accroissement rapide des dépenses publiques ruinaient toutes les réformes financières de Pitt. Les impôts, qui avaient été prodigieusement réduits sous son administration pendant la paix, s'élevèrent dans des proportions inouïes. La dette publique grossissait par brusques et énormes bonds. En trois ans elle s'accrut de huit millions de livres (200 millions de francs).
Continuation de la guerre. — Si Pitt, en présence de la ruine de ses espérances financières, et des dangers que la continuation de la lutte entraînait pour l'Europe, désirait vivement mettre fin au conflit avec la Révolution, il ne trouva pas d'écho dans sa patrie. La nation voulait toujours ardemment la guerre, et Burke l'y excita encore par ses i; lettres sur une paix régicide -> , dernière explosion de ce fanatisme qui avait si puissamment contribué à prolonger l'effusion du sang. Du reste, la France était aussi ardente à la guerre que l'Angleterre. Au moment où Pitt cherchait à entamer des négociations (1796), ses victoires éveillaient en elle la soif des conquêtes. Bien que Moreau eût été arrêté dans sa marche sur Vienne, les succès extraordinaires de Xapoléon Bonaparte, qui commandait l'armée des Alpes, lui avaient donné le Piémont. En 1797, la Lombardie fut conquise en une campagne, les duchés au sud du Pô rançonnés, et le Pape forcé de demander une amnistie. L'.Autriche fut contrainte par de nouvelles victoires de Bonaparte de conclure la paix à Canipo- Formio. Elle cédait à la France les îles Ioniennes, autrefois dépendantes de la Bépuhlique de Venise, les Pays-Bas et toute la rive gauche du Bhin. Une Républi(jue cisalpine, vassale de la République française, était formée