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LA GUERRE AVEC LA FRANCE

avec la Lombardie, les duchés au sud du Pô et les Etats de l'Kglise jusqu'au Rubicon. La France n'avait plus d'adversaire sur le continent, et l'Angleterre restait seule, sans un allié. La guerre pesait sur elle tous les jours plus lourdement, et la crainte d'une invasion française avait amené la Banque à suspendre ses payements en espèces. Une révolte de la flotte ne put être réprimée qu'avec peine.

Ce fut à cette heure si sombre que Burke rendit le dernier soupir, non sans avoir encore protesté contre la paix que, malgré son premier échec, Pitt essaya en 1797 de conclure à Lille. La paix semblait plus nécessaire que jamais, car la suprématie maritime de l'Angleterre était menacée par la même coalition qui avait failli la ruiner pendant la guerre d'Amérique. Les flottes hollandaise et espagnole étaient de nouveaux unies à la flotte française, et si elles réussissaient à se rendre maîtresses de la Manche, elles pouvaient permettre à la France d'envoyer des troupes en Irlande pour y favoriser un soulèvement. Ce danger s'était à peine manifesté qu'il fut dissipé par deux grandes victoires. Quand, en 1797, la flotte espagnole prit la mer, elle fut attaquée par l'amiral Jervis près du cap Saint- Vincent et refoulée vers Cadix, après avoir perdu quatre de ses plus beaux vaisseaux (14 février). La flotte hollandaise, partie du Texel pour protéger les forces françaises dans leur descente en Irlande, fut rencontrée près de Camperdovvn par la flotte bien supérieure en nombre de l'amiral Duncan, et presque anéantie après une lutte acharnée où les Hollandais se montrèrent dignes de leur ancien renom (11 octobre). L'Irlande, désespérée de voir ses espérances ruinées à Camperdoiin, se souleva; mais la révolte fut écrasée en mai 1798 k Vinegar-Hill, et le général Humbert, qui commandait les troupes françaises du débarquement, fut obligé de se rendre. Des trois attaques préparées par le Directoire, deux avaient été déjouées. L'Angleterre était toujours maîtresse des mers, et l'insurrection irlandaise était étouffée.

Le triomphe obtenu en 1799 en Egypte fut le couronnement de ces succès. Le génie de Bonaparte avait rêvé un plan grandiose fondé sur l'espérance d'un soulèvement dans l'Inde, où Tippoo-Sahib, successeur d'Hayder-Ali à Alysore, avait juré de chasser les Anglais du sud de la péninsule. Bonaparte proposa la conquête de l'Egypte comme préface de la conquête de l'Inde. En 1798, il débarqua en Egypte et soumit rapidement le pays tout entier; mais l'amiral Nelson surprit, dans la baie d'Aboukir, les treize bâtiments qui avaient accompagné l'expédition, amarrés tout près de la côte, rangés en ligne de bataille et protégés aux deux extrémités par des batteries et des canonnières. Nelson résolut de lancer ces propres vaisseaux entre les navires français et le rivage : le vaisseau-amiral prit la tête. Après un combat terrible de douze heures, neuf navires ennemis étaient pris et détruits, deux incendiés et cinq mille marins français tués ou faits prisonniers. Toutes les communications de

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