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seiublaient-il-s perdus ; mais Madras, Bombay et le Pendjab restèrent tranquilles, et les Anglais surent non-seulement conserver leurs positions au Bengale et dansl'Oude, mais ils marchèrent sur Delhi, qui fut prise d'assaut en septembre 1857. Deux mois plus tard, l'arrivée de sir Colin Campbell, avec des troupes fraîches, sauva Lucknow, héroïquement défendue jusque-là par sir Henry Havelock, qui tint la campagne avec une poignée d'hommes et chassa les rebelles de la province d'Oude. Immédiatement après la pacification de l'Inde, le gouvernement du pays fut transféré en 1858 de la Compagnie à la couronne. La reine Victoria reçut le nom de souveraine do l'Hindoustan, et le gouverneur général prit le nom de vice-roi. - •
Lord Palmerston (1858-1865). — Le crédit que lord Palmerston s'était acquis pendant ces deux luttes contre la Russie et les cipayes fut ébranlé par la proposition qu'il fit en 1858 de modifier la loi sur les conspirations, à la suite d'une tentative d'assassinat contre Xapnléon III, ({ui avait été préparée, croyait-on, sur le sol anglais. Des officiers français se laissèrent (iller à de telles violences de langage qu'elles provoquèrent un grand mouvement d'enrôlements volontaires; on compta bientôt cent cinciuante mille hommes; l'irritation était telle que le bill présenté par déférence pour la France fut rejeté par la Chambre des communes.
Lord Derby redevint premier ministre pendant quelques mois, mais de nouvelles élections ramenèrent lord Palmerston, qui ne quitta plus les affaires jusqu'à samort (1865). A l'intérieur, sa politique fut purement conservatrice; il était préoccupé avant tout de maintenir la neutralité de l'Angleterre dans les cinq grandes luttes qui bouleversèrent alors non-seulement l'Europe, mais aussi le nouveau monde : une guerre entre la France et l'Autriche en 1859, qui finit par la création du royaume d'Italie; une guerre civile en .Amérique (1861) entre les Ktats du Xord et ceux du Sud qui voulaient sortir do la Confédération, guerre terminée cinq ans après par la soumission de ces derniers; l'insurrection de Pologne en 1863; l'expédition de la France au Mexique; et enfin l'invasion du Danemark par la Prusse et l'Autriche en 1864. La guerre d'Amérique, en arrêtant le commerce du coton, réduisit les filateurs du Lancashire à une véritable détresse ; l'équipement de croiseurs américains au nom de la Confédération du Sud dans les ports anglais donnait en même temps aux Etats du Xord de justes motifs d'irritation qui ne se calmèrent que beaucoup plus tard. L'Angleterre resta neutre, et celte politique de non-intervention fut continuée après la mort de lord Palmerston par son successeur lord John Russell, qui conserva son attitude expectante même pendant le court et décisif conflit entre le royaume de Prusse et l'empire d'Autriche en 1866, qui donna au premier la suprématie en .Allemagne.
L'Angleterre conserva la même attitude pendant la guerre franco-aile-;
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mande de 1870-1871, qui enleva à la Fiance l'Alsace et la plus grande partie de la Lorraine, et rétablit au profit de la Prusse l'empire d'Allemagne détruit par Xapoléon P'. Elle paya assez cher cette neutralité en étant obligée de prêter les mains à la révision du traité de Paris, réclamée, parla Russie, et qui détruisit les plus clairs résultats delaguerre de Crimée.
Les nouvelles réformes. — Avec lord Palmerston finit cependant la politique d'inaction qui avait marqué son ministère. Lord Kussell essaya à plusieurs reprises d'amener une nouvelle réforme parlementaire ; en 186Q, il présenta un bill à cet effet à la Chambre des communes, et le rejet du bill entraîna la chute du ministère. Lord Derby, devenu président du conseil avec M. Disraeli comme chef de la majorité à la Chambre des communes, se trouva cependant obligé en 1867 de proposer un bill de réforme beaucoup plus radical que celui de lord Russell. l'ar cette loi, votée en août 1867, les droits électoraux dans les bourgs étaient étendus à tous les contribuables, et même aux simples locataires payant dix livres (250 francs) de loyer; le cens électoral fut fixé à douze livres de contribution, trente-trois députés furent supprimés dans les bourgs anglais, vingt-cinq furent transférés aux comtés d'Angleterre, et les autres répartis •entre l'Ecosse et l'Irlande.
Les classes ouvrières se trouvèrent ainsi représentées par un grand nombre d'électeurs, et l'on put se rendre compte immédiatement de l'effet de cette grande mesure en voyant l'attitude énergique du Parlement après les élections de 1868. M. Disraeli, devenu premier ministre après la retraite de lord Derby, se retira de son propre mouvement, en constatant que les libéraux avaient une majorité de plus de cent voix à la Chambre des communes. Il fut remplacé par AI. Gladstone, qui forma un ministère où pour la première fois toutes les nuances du parti libéral se trouvaient représentées. Le nouveau cabinet prouva sa vigueur et sa force par une série de mesures de la plus haute importance; il s'occupa tout d'abord de l'Irlande, dont il essaya de guérir l'état cjironique de mécontentement en y supprimant en 1869 tous les privilèges de l'Eglise anglicane et sa suprématie religieuse; de plus, en 1870, il donna, par un bill sur les biensfonds, des droits spéciaux aux fermiers dans tout le pays. On apaisa en 1868 les dissidents par l'abolition des taxes d'église obligatoires et par l'abrogation en 1871 des serments religieux exigés pour l'admission aux grades et fonctions à l'Université. D'importantes réformes furent aussi introduites dans la marine, et l'on s'occupa de la réorganisation complète de l'armée dès que le gouvernement eut supprimé les achats des grades et commandements. En 1870, la question d'éducation nationale fut facilitée par un bill qui pourvoyait à l'établissement de conseils d'instruction publique dans chaque district; en 1872, on alla plus loin encore en introduisant le scrutin secret dans les élections.