‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 42 sur 205 · LA MORT DU ROI · texte numérisé non relu

LA MORT DU ROI

de paix avec Charles à une immense majorité. Le lendemain matin, le colonel Pride se plaça à la porte de la Chambre des communes, avec une liste de quarante membres que le conseil des officiers avait résolu d'exclure, et lorsque ces députés parurent, ils furent immédiatement arrêtés et conduits en prison : « De quel droit agissez-vous ainsi? » demanda un des députés. — u Par le droit de Tépée ^ , répondit tranquillement Hugh Peters, si l'anecdote est authentique. La Chambre restait inébranlable ; le jour suivant, nouvelle épuration de quarante autres députés; le reste de la Chambre céda. L'expulsion de cent quarante représentants laissa les indépendants, qui restaient presque seuls, libres de s'entendre avec l'armée qui les avait délivrés; le vote du traité de paix fut annulé ; on transporta Charles à Windsor, et une haute cour de justice de cent cinquante commissaires, présidée par John Bradshaw, légiste éminent, commença à instruire le procès du Hoi. Le rejet de l'ordonnance qui mettait le Roi en accusation parles quelques pairs qui restaient à Westminster, amena la Chambre basse à déclarer a que le peuple est, après Dieu, la source de tout pouvoir, et que les communes d'Angleterre, réunies en Parlement, choisies par le peuple et chargées de le représenter, sont le véritable souverain, et que tout vote de la Chambre des communes a force de loi et doit être obéi par la nation, même sans la sanction et le consentement du Hoi et de la Chambre des lords >' .

Charles I" ne parut devant la Cour que pour nier sa compétence et refuser de se défendre. On interrogea trente-trois témoins pour calmer la conscience des juges, et ce ne fut qu'au bout de cinq joursqu'il fut condamné à mort comme « tyran, traître, meurtrier et ennemi du pays » . L'exaltation des deux partis était si grande, parmi le peuple, que l'on entendait à chaque instant, pendant le cours du procès, retentir les cris de : « Justice! justice ! ^ ou : « Dieu sauve Votre .\(ajesté ! ^ brutalement étouffés plus tard par les imprécations des soldats, lorsque Charles I" niarcba au supplice. Il retrouva alors cette dignité qui lui avait trop manqué pendant ses longues discussions avec Bradshaw et les juges. " Quelles qu'aient été les fautes et les folies de sa vie " , dit un contemporain, « il montra une grande noblesse dans son attitude et ses sentiments à ce moment suprême. " Deux bourreaux masqués attendaient le Roi, tandis qu'il gravissait l'échafaud, élevé en dehors d'une des fenêtres de la salle des banquets à Whitehall. Les rues et les toits étaient couverts de spectateurs, et des troupes nombreuses avaient été placées tout autour de l'échafaud. La tête tomba du premier coup, et lorsque le bourreau la souleva, la foule, silencieuse jusque-là, répondit par des gémissements d'horreur et de pitié (30 janvier 1648, vieux style; 9 février 1649, nouveau style).

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